Val-des-Cerfs scrutera les antécédents de tous ses chauffeurs

Échaudée qu’un récidiviste de l’alcool au volant ait continué de transporter des élèves, la commission scolaire du Val-des-Cerfs vérifiera les antécédents criminels de tous ses chauffeurs d’autobus.

« Je ne veux pas qu’un autre cas nous passe sous le nez, a indiqué le directeur général Éric Racine. Et on n’attendra pas une autre délation. »

La Voix de l’Est révélait vendredi que Jean-Paul Bernier, 77 ans, continuait jusqu’à tout récemment de voyager des enfants de Farnham et des environs malgré une condamnation pour conduite en état d’ébriété prononcée en juin 2016. Il avait été arrêté au volant de son propre véhicule.

Il s’agit d’une récidive puisqu’il avait été reconnu coupable de la même infraction en 1990. Aujourd’hui, une telle condamnation entraîne automatiquement l’apparition d’un dossier criminel. M. Bernier était à l’emploi d’Autobus Yamaska depuis 1995.

« Il en va de la sécurité de nos enfants », dit le directeur général de la commission scolaire du Val-des-Cerfs, Éric Racine.

« Inadmissible »

M. Racine réitère qu’il est « inadmissible » qu’une personne détenant un dossier criminel « en lien avec son emploi » puisse continuer de travailler pour la commission scolaire. Il a exigé que M. Bernier soit relevé de ses fonctions le plus tôt possible et congédié.

« Il en va de la sécurité de nos enfants », dit-il. Val-des-Cerfs cherche aussi à comprendre comment le propriétaire d’Autobus Yamaska, Sogesco, n’a pas décelé et ne lui a pas transmis le dossier judiciaire de cet employé qui avait repris le travail en septembre dernier après une interdiction de conduire d’un an.

« C’est pas normal qu’à ce temps-ci de l’année, on n’ait pas eu cette information-là, dit Éric Racine. Le suivi devrait être serré au niveau du transport. Je m’attends à ce que Sogesco me présente des conducteurs sans dossier criminel. Ça doit respecter nos valeurs. » Il est de la responsabilité du transporteur de vérifier les antécédents de ses employés, précise-t-il.

Directrice des ressources humaines chez Sogesco, Line Langlois n’a pas rappelé La Voix de l’Est, vendredi. En entrevue la veille, elle avait indiqué savoir que M. Bernier- avait été trouvé coupable d’alcool au volant, mais ignorait qu’une telle condamnation entraînait la création- d’un dossier criminel.

Mme Langlois avait minimisé la gravité de la situation en mentionnant que « quelqu’un qui a payé le prix (NB : reçu sa sentence) devrait pouvoir reprendre le travail ». « Il a fait une erreur dans sa vie et a payé pour, il a avancé. Et il est protégé par son syndicat. »

Autre accusation d’alcool au volant

Le président du syndicat d’Autobus Yamaska, Paul Mailloux, a de nouveau refusé de s’entretenir avec La Voix de l’Est, vendredi. « Je ne veux pas répondre », a-t-il fait savoir. Autobus Yamaska nous a fourni la même réponse, jeudi.

Or, des recherches nous ont permis de constater que M. Mailloux, 72 ans, a lui aussi maille à partir avec la justice en ce qui a trait à l’alcool au volant. Il est présentement en attente de procès pour des accusations de conduite en état d’ébriété, une infraction présumément commise en avril 2016.

Il a aussi été trouvé coupable d’entrave au travail des policiers en 1991, une condamnation pour laquelle il a dû payer 100 $ et a bénéficié d’une absolution conditionnelle.