«C’est compliqué d’attirer du monde», dit Benoit Racicot, président du Syndicat du personnel de Val-des-Cerfs (à droite), accompagné mercredi de Jean-Philippe Dell’Aniello, vice-président du conseil central de la Montérégie-CSN (à gauche) et de Jacques Lanciault, président du Syndicat du personnel de soutien du centre de services scolaire des Hautes-Rivières.
«C’est compliqué d’attirer du monde», dit Benoit Racicot, président du Syndicat du personnel de Val-des-Cerfs (à droite), accompagné mercredi de Jean-Philippe Dell’Aniello, vice-président du conseil central de la Montérégie-CSN (à gauche) et de Jacques Lanciault, président du Syndicat du personnel de soutien du centre de services scolaire des Hautes-Rivières.

Val-des-Cerfs manque de concierges, dit le Syndicat du personnel

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
Le manque de concierges pose des risques pour les élèves et employés du centre de services scolaire du Val-des-Cerfs, soutient le Syndicat du personnel.

«Je sonne l’alarme», a lâché en point de presse mercredi Benoit Racicot, président du syndicat composé de 139 membres affectés au soutien manuel. «Je ne suis pas sûr que la désinfection se fait de façon adéquate. C’est une tâche quand même intense et qui s’est rajoutée.»

Val-des-Cerfs manquait déjà de concierges avant la pandémie, dit M. Racicot. Le centre des services scolaire a ensuite fait des efforts considérables pour en embaucher, dit-il, mais les candidats se font rares et ne restent pas toujours longtemps en poste.

Sur la trentaine que le centre de services scolaire basé à Granby a embauché il y a trois semaines, la moitié a déjà quitté, dit le président du syndicat affilié à la CSN.

«C’est compliqué d’attirer du monde» à cause des horaires coupés, de jour et de soir, et divisés entre plusieurs écoles, explique-t-il. Les nouvelles embauches ne sont aussi que pour des postes temporaires. Et la peur de la COVID reste omniprésente, indique-t-il.

«Les gens sont craintifs, même si Val-des-Cerfs fournit gants, masques et lunettes, dit Benoit Racicot. Ça devient lourd sur nos épaules.»

La COVID fait aussi des ravages chez les concierges établis. «J’ai jamais vu autant de monde sortir [NB: partir en congé de maladie] pour des raisons personnelles.» Du jamais-vu si tôt dans l’année scolaire, dit le président, lui-même concierge depuis 31 ans. Et ils ne sont pas nécessairement remplacés. 

«Alors c’est plus sale, tout déborde.»

Budget

Le Syndicat du personnel de Val-des-Cerfs ne blâme pas l’employeur, qui fonctionne avec le budget qui lui est alloué. Mais il faut grossir les rangs des concierges, dit-il, et pour ce faire il est impératif d’améliorer l’attractivité pour cet emploi en offrant de meilleurs horaires et de meilleures conditions de travail, comme la possibilité de travailler à une seule école.

Et c’est à Québec de fournir les montants nécessaires pour y arriver. «Il faut donner une stabilité si on veut que des gens cognent à notre porte», dit M. Racicot.

À Val-des-Cerfs comme du côté des Hautes-Rivières, la direction a pigé dans ses réserves pour ajouter des effectifs dès le printemps dernier, mentionne Jacques Lanciault, président du Syndicat du personnel de soutien du centre de services scolaire basé à Saint-Jean-sur-Richelieu. 

En Montérégie-centre, les concierges sont en nombre suffisant, mais le budget arrive à échéance en décembre. «Les sous, ça presse, dit-il. Les gens sont fatigués et en détresse. Pourquoi on dépense au compte-goutte?»

«Tout le monde est surchargé en ce moment en éducation», reconnaît M. Lanciault. Les gens ont peur, et il y a beaucoup de départs à la retraite anticipés.»

Vice-président du conseil central de la Montérégie-CSN, Jean-Philippe Dell’Aniello reconnaît que «tout le monde demande des sous en ce moment». «Mais les élèves, la désinfection et le personnel sont importants», souligne-t-il.

Recrutement

Val-des-Cerfs reconnaît que l'embauche de concierges supplémentaires dans des postes à temps partiel «compliquent le processus de recrutement», indique la coordonnatrice aux communications Paméla Blouin, par courriel.

«Nous nous assurons toutefois d’avoir le personnel régulier requis au quotidien dans tous nos établissements pour effectuer les tâches permettant de conserver nos milieux sécuritaires.»

Le recrutement a toujours cours, dit Mme Blouin. Le centre de services scolaire rappelle que les effectifs en conciergerie avaient déjà été bonifiés de 40 % en début d'année.