«On sort des écoles faites comme des prisons, avec du béton tout partout et des châssis qui n’ouvrent pas», illustre le président de la commission scolaire, Paul Sarrazin.

Val-des-Cerfs demande un Lab-école pour Shefford

L’éventuelle école primaire de Shefford pourrait être une « école du futur ».

La commission scolaire du Val-des-Cerfs a récemment demandé que l’établissement réclamé par la municipalité depuis cinq ans soit un Lab-école, ce projet d’école nouveau genre mis de l’avant par le trio composé de Ricardo Larrivée, Pierre Lavoie et Pierre Thibault, a appris La Voix de l’Est.

« On a eu l’idée de saisir la balle au bond, indique en entrevue le directeur général de la commission scolaire, Éric Racine. Ça cadre bien avec les valeurs que Val-des-Cerfs promeut », comme l’économie d’énergie, l’utilisation de matériaux naturels et une philosophie éco-environnementale, dit-il.

La géothermie, une serre, des locaux plus vastes et multifonctionnels, plus de grandes fenêtres et un atrium où pousserait un peu de verdure font partie des idées envisagées, précise M. Racine. « C’est pour rendre le milieu d’enseignement plus convivial. On sort des sentiers battus. »

Les commissions scolaires ont jusqu’au 23 mars pour faire leur demande de Lab-école. « Notre dossier était déjà prêt, ça a été facile », dit le président de Val-des-Cerfs, Paul Sarrazin, précisant que « la situation géographique de Shefford, située dans un contexte bucolique, au pied de la montagne, convient bien à ce type d’école ».

« Ça serait un plus pour la commission scolaire. On sort des écoles faites comme des prisons, avec du béton tout partout et des châssis qui n’ouvrent pas. L’idée, c’est de rendre ça agréable autant pour les élèves que pour les enseignants. On serait fiers d’accueillir un Lab-école sur notre territoire, c’est clair. »

Emplacement
Le dossier « chemine bien » au niveau du ministère de l’Éducation, dit Paul Sarrazin, mais aucune annonce n’est prévue pour l’instant. Le président de Val-des-Cerfs confirme cependant que la question de l’emplacement de la future école est réglée.

Québec refusait que l’établissement voie le jour dans l’espace ciblé par Shefford et délimité par la route 112, le chemin Coupland, la limite de Granby et le chemin Saxby Sud. Selon nos informations, le terrain retenu est situé à proximité de ce périmètre — aussi propriété de la municipalité, ce qui convient aux deux parties.

Au moins cinq « écoles du futur », primaires ou secondaires, doivent voir le jour à la rentrée 2021. Les effets de ces nouveaux aménagements seront ensuite étudiés pendant un an. « Un environnement favorable, c’est comme d’avoir un professeur adjoint », a dit l’architecte Pierre Thibault en conférence de presse à Québec, en novembre dernier.

Le Lab-école souhaite « apporter un regard neuf sur l’utilisation de l’espace », a souligné le chef Ricardo Larrivée. Complété par le sportif Pierre Lavoie, le trio de vedettes a visité 35 établissements d’enseignement afin d’interroger les élèves et de s’inspirer des meilleures pratiques.

Une quarantaine d’étudiants en architecture et en pédagogie de l’Université Laval sont à peaufiner les plans de ces futures écoles afin d’influencer les normes architecturales du ministère de l’Éducation, qui n’ont pas été mises à jour depuis 30 ans. Des équipes œuvrent aussi au chapitre de l’activité physique et de l’alimentation.

Québec investit 3 millions $ sur deux ans dans le projet Lab-école. Les suggestions retenues doivent être annoncées en juin. Pas moins de 170 écoles sont dans le collimateur du ministère de l’Éducation pour le Plan québécois d’infrastructures 2018-2028, incluant des constructions neuves, des agrandissements et des projets de rénovation.