L’inspecteur-chef aux enquêtes criminelles et au soutien opérationnel du Service de police de Granby, Denis Gagnon, prendra sa retraite après 35 ans de service.

Vague de retraites au Service de police de Granby: des souvenirs impérissables

Granby — Enquêter, interroger des suspects, diriger des équipes de détectives. À l’aube de sa retraite, l’inspecteur-chef Denis Gagnon a une tonne d’histoires et de souvenirs impérissables des 35 dernières années à travailler au Service de police de Granby.

« Ça a été une belle carrière », mentionne le principal intéressé, lors d’une rencontre avec les membres des médias, mercredi, au poste de police où il a passé une grande partie de son temps au cours des trois dernières décennies.

Originaire de Granby, il a débuté sa carrière comme patrouilleur. « J’étais sur l’équipe de soir. C’est là que ça se passait, autant en termes de nombre d’appels que dans la nature des interventions », explique-t-il.

Sergent de patrouille, enquêteur à l’Escouade régionale mixte, capitaine aux enquêtes criminelles et inspecteur-chef sont quelques-unes des fonctions qu’il a occupées au cours de sa carrière. « C’est presque un record ! », dit-il, à propos de sa feuille de route professionnelle.

Le travail d’enquête l’a particulièrement fasciné. « J’ai une facilité à interroger un suspect, à mener une enquête. Si tu es prêt à les écouter, ce sont des gens qui vont te parler », affirme l’inspecteur-chef aux enquêtes criminelles et au soutien opérationnel.

Une enquête qui le rend particulièrement fier est la résolution de plus de 200 crimes commis par un individu qui est passé à table. « Je lui avais parlé et je lui ai dit de m’écrire les crimes qu’il avait commis. Il est revenu me voir avec quatre ou cinq pages de cartables où il avait écrit recto verso tous ses crimes, se remémore le quinquagénaire. Cette enquête-là n’était pas ordinaire. »

Pendant plusieurs jours, il s’est promené dans les rues de Granby et de la région avec le prévenu qui a identifié tous les lieux où il a commis des introductions par effraction et des vols, entre autres.

Son travail d’enquêteur a toutefois été moins réjouissant lorsqu’il a dû composer avec des crimes où des enfants étaient victimes. Les policiers sont d’ailleurs beaucoup mieux outillés aujourd’hui grâce à des techniques spécialisées, et des formations pour enquêter sur de tels crimes. « Ce qui a beaucoup évolué, c’est les enquêtes pour des agressions sexuelles. Ça a changé de zéro à mille », décrit-il.

Au fil du temps, la criminalité s’est elle aussi transformée. « Les fraudes, à 90 %, c’était des dépôts d’enveloppe vides au guichet, raconte M. Gagnon. Aujourd’hui, ça dépasse les frontières, c’est sur internet. Ce sont des enquêtes exhaustives. » La criminalité sur la toile représente d’ailleurs un défi « colossal » pour les policiers, dit-il.

À l’aube de sa retraite, l’inspecteur-chef souhaite que le service de police municipal puisse continuer à desservir la population en offrant encore « un service de proximité ». Il espère également une plus grande présence des agents sur le terrain.

M. Gagnon, dont le successeur sera dévoilé en mars, quittera officiellement ses fonctions le 26 février alors que l’équipe d’une vingtaine d’employés qu’il dirige aura atteint la parité homme-femme. « Au départ, il y avait six enquêteurs. Que des hommes », se rappelle-t-il.

Une dizaine de policiers de Granby partiront à la retraite en 2020. Les agents Daniel Tanguay, Yvan Paré et Claude Lebeau ont déjà quitté l’organisation après 30 ans de service. La vague de départs se poursuivra jusqu’en 2023. C’est donc 29 agents qui auront pris leur retraite durant cette période.

Les policiers Yvan Paré, Daniel Tanguay et Claude Lebeau sont de nouveaux retraités.