« Je vous donne mon coeur! Je veux que l’amour gagne! », a lancé cette dame au sourire contagieux, à la marche pour la paix de Granby, samedi.

Vague de paix et d’amour à Granby

Cent vingt-deux nationalités différentes se côtoient à Granby. Des ressortissants de quelques-uns de ces pays ont connu la guerre. La cinquième Marche pour la paix était toute indiquée pour propager l’amour dans les rues de la ville et dans le cœur de ces personnes qui ont choisi la région comme place d’accueil, samedi matin.

« Quand on accueille les gens qui viennent de la guerre, le plus important est de les intégrer dans notre communauté où il y a la paix, où ils peuvent marcher dans la rue librement, où ils peuvent faire presque n’importe quoi », observe Joanne Ouellette, directrice générale de Solidarité ethnique régionale de la Yamaska. C’est d’ailleurs depuis les locaux de l’organisme, situé rue Saint-Jacques au centre-ville, que la marche s’est mise en branle. 

Environ 200 personnes ont ainsi pris le départ et se sont ensuite rendues au parc Miner pour la tenue d’une cérémonie. 

Celle-ci, à la fois joyeuse et touchante, a permis d’entendre plusieurs voix, dont celles d’enfants issus des classes d’accueil de l’école secondaire de la Haute-Ville, qui avaient été invités par leurs enseignantes à dire ce que représente la paix pour eux (les professeures ont lu leurs réponses).

La marche pour la paix avait lieu samedi matin, à Granby.

«La guerre a tué mes parents»

« La paix, c’est d’être gentil, généreux et quand tout le monde s’aime », « c’est d’être assise avec mes amis, de rire et de faire des blagues », « la paix, c’est le bonheur quand il est partagé », « la guerre a tué mes parents, donc la paix est un monde sans guerre » et « la paix est la meilleure chose dans le monde » sont quelques-unes de ces phrases. Cette école secondaire compte 70 nouveaux arrivants dans ses classes d’accueil, a indiqué l’enseignante Pascale Gauvin.

Un chœur d’enfants a chanté L’enfant et l’oiseau avant que le micro s’ouvre à tous. Plusieurs enfants ont pris la parole pour remercier le Canada de les avoir accueillis.

Une Granbyenne d’adoption, la tête ornée d’une couronne et une affiche en forme de cœur à la main, s’est proclamée le cupidon de l’amour, au grand bonheur du public. « J’ai demandé à Joanne Ouellette quel était le thème de la marche et elle m’a dit que c’était l’amour. Je n’ai pas eu beaucoup de temps pour me préparer, mais je vous donne mon cœur, a-t-elle dit en regardant le symbole qu’elle tenait à la main. Je veux que l’amour gagne! Aucune guerre, aucune méchanceté, aucune médisance n’entreront dans votre cœur. »

La cérémonie s’est poursuivie avec une minute de silence bien sentie où les participants étaient invités à se regarder dans les yeux, deux par deux. L’exercice a suscité des sourires puisqu’il est rare de fixer le regard de l’autre de la sorte, mais cette minute a semblé être appréciée. L’artiste multidisciplinaire Monique Forgues a ensuite chanté une de ses compositions, accompagnée de son conjoint Yvan Lapalme pour clore la cérémonie.