Des inspections visuelles sont menées depuis quelques semaines dans la MRC de La Haute-Yamaska pour déterminer si les citoyens déposent les bonnes matières dans leur bac brun.

Utilisation du bac brun: les citoyens de Haute-Yamaska bons élèves

Les citoyens de la MRC de La Haute-Yamaska semblent avoir bien compris ce à quoi servent les bacs bruns. Des 246 collectes de matières organiques envoyées depuis le 20 mai à la plate-forme de compostage de la Régie intermunicipale de gestion des matières résiduelles de Brome-Missisquoi (RIGMRBM), un seul voyage a été jugé non conforme .

« Leur taux de voyage non conforme [...] nous apparaît comme excellent », fait remarquer Patrick Beaulieu, contrôleur financier et secrétaire-trésorier de la RIGMRBM dans un échange de courriel avec La Voix de l’Est.

La MRC de La Haute-Yamaska offre le service de collecte des matières organiques sur l’ensemble des territoires de ses huit municipalités membres depuis le 20 mai dernier. Environ 31 200 unités de logement sont desservies par ce service. Depuis lors et en date du 14 juin, les citoyens de la MRC ont acheminé 997 tonnes métriques de matières organiques à la plate-forme de compostage de la Régie à Cowansville.

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La mise en place du service se passe rondement, signale Ariane Coupal, chef de projet au volet matières organiques de la MRC. « On est pas mal heureux des résultats. On n’a pas de problématiques majeures, seulement peut-être que des citoyens mettent des sacs de plastique dans leur bac brun. On avait anticipé ce problème. D’autres villes l’ont eu quand elles ont implanté un tel service », a-t-elle expliqué jeudi en entrevue.

Les responsables du service de collecte des matières organiques de la MRC avaient noté le problème des sacs de plastique lors des deux premières phases du projet en 2017 et 2018 qui incluaient les citoyens du secteur de collecte 9 à Granby et les citoyens de la municipalité de Saint-Alphonse-de-Granby. « C’est le principal contaminant qu’on retrouve dans les bacs bruns », a dit Mme Coupal.

Les sacs de plastique ne peuvent être déposés dans les bacs bruns parce qu’ils ne peuvent être compostés, rappelle Mme Coupal. Pour les sacs biodégradables ou compostables, les citoyens ne peuvent pas non plus les mettre dans leur bac. Le temps de compostage des matières organiques à la Régie est plus rapide que le temps nécessaire pour que ces sacs se décomposent, dit-elle. Par ailleurs, note-t-elle, le certificat d’autorisation en vertu duquel l’organisme opère sa plate-forme de compostage interdit tous les sacs de plastique.

Des signes très encourageants se dégagent des inspections du contenu des bacs bruns réalisés depuis quelques semaines. Des 3295 bacs bruns inspectés par les employés d’une firme spécialisée, 89 % ne renfermaient aucune matière interdite, nous apprend la MRC à la suite de nos questions.

Inspection des bacs

La compagnie Chamard stratégies environnementales, mandatée au coût de 20 833,75 $ (plus taxes) par la MRC, procédera à l’inspection visuelle de 8000 bacs dans des zones déterminées, notamment au centre-ville de Granby et de Waterloo où se trouvent des logements. Les expériences dans d’autres villes ont démontré que c’est dans ce type de zones qu’on retrouve le plus de contaminants dans les bacs bruns, a dit Mme Coupal.

Les inspecteurs de la firme attacheront des billets de politesse sur les bacs pour féliciter les citoyens de leur bonne utilisation du service ou pour les aider à cibler ce qui ne doit pas y être déposé. Aucune amende n’est donnée.

La MRC n’a toutefois pas encore calculé le taux de participation des citoyens à ces collectes.

La MRC misera sur la communication pour améliorer son bilan, a dit Mme Coupal. « On doit répondre aux craintes des gens pour qu’ils changent leur comportement et leur donner des solutions pour qu’ils participent bien », a-t-elle dit.

La présence de contaminants dans les bacs bruns demeure un problème important dans plusieurs municipalités. La Voix de l‘Est rapportait samedi dernier que 27,9 % des collectes de matières organiques réalisées en mars et avril cette année à Bromont avaient été jugées non conformes par la RIGMRBM. Les contaminants présents ne se limitaient pas aux sacs de plastique, mais incluaient également des articles en plastique et du verre.

Pour l’ensemble des 21 municipalités de la MRC de Brome-Missisquoi, les taux de non-conformité étaient de 11,7 % en mars et de 8,4 % en avril.