L’usine de biométhanisation de la SÉMECS, à Varennes, fonctionne à plein régime.

Usine de la SÉMECS: des bénéfices en vue pour Rouville

La biométhanisation des résidus organiques de l’agglomération de Longueuil à l’usine de la Société d’économie mixte de l’est de la couronne sud (SÉMECS), si elle se concrétise, pourrait profiter à la MRC de Rouville, propriétaire à 16 % de l’infrastructure.

Mercredi, La Presse rapportait que l’agglomération de Longueuil était en voie de signer une entente de 20 ans avec la SÉMECS, renouvelable à terme pour deux autres décennies, afin d’y faire traiter ses matières organiques à compter de 2023, plutôt que de faire construire sa propre usine. Une décision pourrait être prise au cours des prochaines semaines, lors d’une rencontre du conseil d’agglomération, rapporte le quotidien montréalais.

Un investissement de 36,7 millions de dollars serait nécessaire pour agrandir les installations actuelles de la SÉMECS, situées à Varennes et en opération depuis le début de l’année dernière.

Contrairement aux 27 municipalités qui composent les trois MRC — celles de Rouville, Marguerite-d’Youville et de la Vallée-du-Richelieu — copropriétaires de l’usine avec l’entreprise Biogaz EG, l’agglomération de Longueuil, qui regroupe les villes de Longueuil, Boucherville, Saint-Lambert, Brossard et Saint-Bruno-de-Montarville, ne posséderait pas de parts dans l’infrastructure : elle en serait plutôt cliente.

D’ailleurs, Saint-Bruno-de-Montarville est déjà, à titre individuel, cliente de la SÉMECS depuis le début de cette année.

Le directeur général de la SÉMECS, Sylvain Berthiaume, n’a pas pu se prononcer sur l’entente puisque des négociations sont en cours. « La SÉMECS est une entreprise privée qui cherche à développer de nouveaux partenariats et qui négocie avec plusieurs autres organisations, mais pour l’instant, nous n’avons aucune annonce à faire à ce sujet », a-t-il fait savoir jeudi en fin de journée.

En plus des 27 municipalités actionnaires, la SÉMECS compte une vingtaine de clients externes. « Nous avons beaucoup de clients qui nous apportent de la matière, notamment des fruits et légumes périmés ou bien des trappes à graisses qu’il faut nettoyer et pour lesquels la biométhanisation constitue le meilleur traitement », a indiqué M. Berthiaume.

Et les demandes afflueraient sans que la SÉMECS ait à faire de démarchage, se réjouit le gestionnaire.

Le directeur général de la SÉMECS, Sylvain Berthiaume

Revenus et économies

Si cette avenue signifie d’importantes économies pour l’agglomération de Longueuil — les coûts pour traiter les matières organiques passeraient de 259 $ à 150 $ la tonne selon La Presse —, elle représenterait également des revenus supplémentaires qui pourraient faire diminuer les comptes de taxes des citoyens.

Le coordonnateur à la gestion des matières résiduelles de la MRC de Rouville, Étienne Rousseau, perçoit d’un bon œil l’entente de services qui pourrait être entérinée entre la SÉMECS et Longueuil. « En termes de tonnage, les matières organiques produites dans l’agglomération de Longueuil correspondent à ce que l’ensemble des trois MRC de la SÉMECS produit », estime-t-il.

Comme la SÉMECS tire ses revenus de la vente du gaz naturel issu de la biométhanisation de ces matières organiques, mais qu’en tant qu’organisme public elle ne peut pas générer de profits, les fruits de la production supplémentaire de gaz engendrée par le traitement des matières longueuilloises pourraient servir à diminuer le coût de la collecte des matières organiques pour les municipalités actionnaires.

« Ce serait définitivement le gain le plus important pour les municipalités », juge M. Rousseau.

Des débuts prometteurs

La collecte des matières organiques a débuté il y a tout près d’un an dans les municipalités membres de la SÉMECS. Les résultats sont jusqu’à présent fort positifs, indique-t-on à La Voix de l’Est.

« La première année était considérée comme en rodage pour l’usine, mais tout s’est déroulé au-delà de nos espérances », affirme Sylvain Berthiaume.

Dans la MRC de Rouville, cela a permis d’enfouir 18 % moins de déchets en 2018 qu’en 2017.

Un résultat très prometteur, estime M. Rousseau. « On a une MRC à caractère rural, donc on a déjà beaucoup de gens qui compostent, explique-t-il. Une diminution de 18 % pour une première année, je trouve ça très bien », note-t-il.

L’objectif de la MRC est d’éventuellement réduire de moitié la quantité de matières qui prennent le chemin du dépotoir.