L'installation transformera les détritus organiques générés par l'ensemble des 27 municipalités partenaires de la Société d'économie mixte de l'est de la Couronne Sud (SÉMECS) en biogaz et en digestat.

Usine de biométhanisation: début de la construction

Plus de six ans après l'annonce du projet, la construction de l'usine de biométhanisation qui valorisera les résidus organiques générés par les quelque 235 000 habitants des MRC de Rouville, de la Vallée-du-Richelieu et de Marguerite-d'Youville s'amorce enfin.
Le ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, David Heurtel, n'a pas hésité à qualifier l'initiative de « projet-phare », un projet qui «fera école» au Québec et même au-delà de ses frontières.
«Les projets de développement durable comme celui-ci entraînent des avantages significatifs pour l'environnement en luttant contre les changements climatiques», a souligné le député fédéral de Montarville, Michel Picard.
L'installation transformera les détritus organiques générés par l'ensemble des 27 municipalités partenaires de la Société d'économie mixte de l'est de la Couronne Sud (SÉMECS) en biogaz et en digestat. La capacité de l'usine tiendra compte de la croissance démographique prévue sur 20 ans et de la production des industries, commerces et institutions.
Annoncée en octobre 2010, l'usine, qui sera construite sur les terrains du partenaire privé Éthanol- Greenfield, devait initialement être inaugurée avant la fin 2013, avec une pleine opération prévue en janvier 2015. Plusieurs reports, dus à la complexité du projet et à l'attente de financement, ont repoussé cette date.
Le préfet de la MRC de Rouville et maire de Richelieu, Jacques Ladouceur, est cependant optimiste quant à la suite des choses. «Je ne vois pas ce qui pourrait retarder le projet, tout déboule maintenant qu'on a eu les autorisations et le financement, constate-t-il. On attend déjà depuis belle lurette.»
La construction de l'usine, dont la pelletée de terre symbolique a eu lieu lundi, devrait s'échelonner sur 12 à 18 mois et créera une centaine d'emplois. Le fonctionnement de l'infrastructure permettra pour sa part à une vingtaine de personnes d'y travailler à temps plein par la suite.
La solution technologique de biométhanisation sera assurée par les firmes CCI Bioenergy (Ontario) et BTA International (Allemagne). 
Impacts
Le début des opérations est prévu pour le premier trimestre de 2018. Une fois fonctionnelle, l'usine de biométhanisation pourra transformer annuellement de 35 000 à 40 000 tonnes de matières organiques. «C'est 20 piscines olympiques», illustre le ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, David Heurtel.
«Le projet permettra la réduction de gaz à effet de serre d'environ 8,5 millions de kilogrammes de gaz carbonique par année, soit l'équivalent des gaz produits par plus de 2000 automobiles», a renchéri le président de la SÉMECS et maire de Varennes, Martin Damphousse.
«Les projets de développement durable comme celui-ci entraînent des avantages significatifs pour l'environnement en luttant contre les changements climatiques», a souligné pour sa part le député fédéral de Montarville, Michel Picard.
«Projet phare»
Le biogaz sera acheté par l'usine Éthanol Greenfield, qui pourra ainsi remplacer le sixième du gaz naturel qu'elle utilise dans ses procédés. Le digestat issu de la biométhanisation sera pour sa part utilisé comme fertilisant biologique par les agriculteurs qui vendent leurs cultures à l'entreprise varennoise. «C'est un excellent exemple d'économie circulaire», a souligné le ministre Heurtel, qui n'a pas hésité à qualifier l'initiative de « projet phare », un projet qui «fera école» au Québec et même au-delà de ses frontières.
Le projet, dont le coût total est estimé à 57,8 millions, sera subventionné à hauteur de 16,2 millions par le gouvernement fédéral alors que Québec octroiera une subvention de 14,3 millions de dollars. La Fédération canadienne des municipalités participera également au projet grâce à une enveloppe de 750 000 $ financée à même son Fonds municipal vert, et un prêt de 7,5 millions. À titre d'actionnaires, les municipalités et Éthanol Greenfield cotiseront pour huit millions de dollars. La Ville de Varennes injectera pour sa part deux millions de plus. Un prêt commercial de 7 millions et des subventions supplémentaires de 2 millions complètent la facture.
Rouville: 40% moins d'enfouissement
La biométhanisation permettrait à la MRC de Rouville, actionnaire à 16 % de l'usine, de diminuer de 40 % l'enfouissement de ses matières organiques et de réduire significativement le nombre de collectes d'ordures. 
«Bon an mal an, on en produit de 9000 à 10 000 tonnes, calcule Étienne Rousseau, responsable de la gestion des matières résiduelles à la MRC. Le but est d'en envoyer le plus possible dans le bac brun.»
Ajoutons à cela les 3500 à 4000 tonnes de matières qui seront revalorisées dans les futurs écocentres de la MRC, un projet sur lequel Rouville se penche depuis quatre ans environ.
Rappelons que la MRC a acquis en 2016 deux terrains, à Marieville et à Saint-Césaire, pour y accueillir les infrastructures où seront entreposés les déchets électroniques et de construction, de même que les rebuts encombrants, entre autres. La demande de modification au règlement de zonage pour permettre les activités des écocentres est actuellement à l'étude à la Commission de protection du territoire­ agricole­ du Québec. 
Les bacs bruns destinés à accueillir les matières putrescibles - baptisés Organi-bacs, une marque déposée spécifiquement pour ce projet - devraient être distribués aux citoyens au cours de l'automne 2017.
Deuxième en importance
Au Québec, 12 projets d'usines de biométhanisation ont été approuvés par le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC). Seulement deux sont pour l'instant opérationnelles. L'usine de la SÉMECS, avec sa capacité de traitement annuelle de 35 000 tonnes, sera la deuxième en importance dans la province après celle qui desservira éventuellement l'agglomération de Québec et où seront transformées 182 600 tonnes métriques de matière chaque année.