Marie-France Beauregard est coordonnatrice du réseau territorial de services psychosociaux généraux et professionnels GMF au CIUSSS de l’Estrie.

Urgences psychosociales: du bout du fil au pas de la porte

Depuis lundi, les personnes en crise disposent d’un outil supplémentaire pour leur venir en aide. Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Estrie a en effet élargi son service « Urgence détresse » à la clientèle de Brome-Missisquoi, permettant à des intervenants de première ligne de se rendre directement auprès d’une personne en détresse psychologique.

Qu’elles soient aux prises avec des idées suicidaires, de l’anxiété, des problèmes de consommation de drogue ou d’alcool ou qu’elles se trouvent dans une situation leur amenant une grande détresse, les personnes en crise ou leurs proches peuvent en tout temps rejoindre la ligne d’aide Info social en composant le 811, option 2. Ils peuvent alors communiquer, gratuitement et en toute confidentialité, avec un intervenant qualifié.

Celui-ci tentera de désamorcer la crise avant de référer l’appelant aux ressources appropriées se trouvant à proximité de chez lui.

Or, s’il juge que la situation de son interlocuteur nécessite une intervention en face à face, il pourra maintenant lui envoyer un de ses collègues, le soir, les fins de semaine ou lors de congés fériés, lorsque les services de première ligne du CLSC sont fermés.

« La différence, c’est que si l’intervenant n’arrive pas à stabiliser la situation, par exemple si la personne est intoxiquée, qu’elle vit une crise familiale ou qu’elle est trop émotive, ou pour annoncer un décès, l’intervenant peut faire appel à d’autres intervenants psychosociaux de garde qui, eux, peuvent se déplacer auprès de l’appelant. C’est fait pour intervenir dans les situations qui ne peuvent pas attendre », illustre Marie-France Beauregard, coordonnatrice du réseau territorial de services psychosociaux généraux et professionnels GMF au CIUSSS de l’Estrie.

« Cette intervention immédiate vise à désamorcer la crise, à offrir du soutien, à stabiliser l’état de la personne et à évaluer les risques et la dangerosité de la situation », fait valoir le CIUSSS dans un communiqué.

Les intervenants d’«Urgence détresse» pourront aussi être sollicités par des policiers, des premiers répondants et des organismes communautaires qui signaleraient une crise psychosociale urgente.

Nécessaire

Maintenant déployé sur le territoire du réseau local de services La Pommeraie, qui dessert la MRC Brome-Missisquoi ainsi que les municipalités d’Ange-Gardien et de Sainte-Brigide-d’Iberville, le service était déjà offert dans les huit autres réseaux locaux de services (RLS) du CIUSSS depuis une vingtaine d’années et à Granby depuis environ dix ans, explique Mme Beauregard.

« À plusieurs reprises au fil des années, il y a eu des petites équipes pour offrir le service, mais rien de systématique ou de durable », indique-t-elle.

Seulement l’an dernier, 17  000  appels ont été logés à Info social, à l’un ou l’autre de ces RSL.

Du nombre, 1200 ont mené à des interventions directes auprès de 1000 personnes.

« Ça montre que c’est un service nécessaire, indique Mme Beauregard­. En même temps, on voit que ce n’est qu’une petite partie des appels qui nécessitent une présence en personne. »

Sans embauche

Cette nouvelle offre de service a été rendue possible sans que le CIUSSS de l’Estrie n’ait eu à embaucher de nouveau personnel.

L’équipe de garde est constituée de près d’une vingtaine d’intervenants psychosociaux du CIUSSS s’étant portés volontaires pour faire quelques heures supplémentaires.

« Ce sont des gens qui ont la passion pour le métier et pour qui c’est valorisant d’intervenir auprès de gens qui en ont besoin », se réjouit Mme Beauregard.