Selon la syndicaliste Sophie Séguin, les civières de l’urgence jumelées à celles du site « non traditionnel » totalisent un taux d’occupation de 150 % lorsqu’elles sont toutes remplies, plutôt que 100 % comme l’indique le CIUSSS.

Urgences: « On déguise les chiffres »

La présidente du Syndicat des professionnelles en soins des Cantons-de-l’Est, affilié à la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ-SPSCE), Sophie Séguin, estime que le CIUSSS de l’Estrie ne donne pas le portrait réel du taux d’occupation à l’urgence en ne tenant pas compte des patients transférés dans des sites de débordement.

« Les gens dans des sites de débordement attendraient normalement à l’urgence pour être hospitalisés, a-t-elle indiqué. On déguise ni plus ni moins les chiffres pour leur faire dire ce que l’on veut. Tant qu’on ne décide pas si une personne sera admise en chirurgie ou en médecine, ça demeure un patient qui vient de l’urgence. » 

Selon le relevé de la « situation dans les urgences » jeudi à 15 h, celle du centre hospitalier de Granby (CHG) était occupée à 125 % avec 25 civières comblées sur une capacité de 20. Du nombre, trois patients étaient à l’urgence depuis 24 heures ou plus. Au même moment, 10 personnes étaient en attente d’hospitalisation. La situation était similaire à l’urgence de BMP, qui était remplie à 100 %. Trois patients y étaient alités depuis plus d’une journée et une personne s’y trouvait depuis 48 heures ou plus, alors que quatre usagers devaient être hospitalisés.

À titre d’exemple, notons que le site de débordement utilisé au CHG dispose de 10 lits. Ainsi, selon Mme Séguin, les civières de l’urgence jumelées à celles du site « non traditionnel » totalisent un taux d’occupation de 150 % lorsqu’elles sont toutes remplies, plutôt que 100 % comme l’indique le CIUSSS.

Une analyse de la situation diamétralement opposée à celle du Dr Tremblay. « L’unité d’hospitalisation brève n’est pas une extension de l’urgence », a-t-il souligné à grands traits lorsque La Voix de l’Est l’a questionné à ce sujet, précisant que la gestion du site de débordement incombe au personnel de cette même unité.

La directrice des services généraux du CIUSSS de l’Estrie, Lyne Cardinal, abonde dans le même sens. Elle a récemment affirmé en entrevue à La Voix de l’Est qu’il n’y a pas d’effectifs de l’urgence affectés à l’unité de débordement. « Ce n’est pas d’enlever une infirmière. L’infirmière suit la clientèle qu’on déplace », avait-elle soutenu.

Ce que réfute Sophie Séguin. « Ce n’est pas systématique, mais il y a bel et bien du déplacement de personnel de l’urgence [vers le site de débordement], a-t-elle affirmé. Souvent, des infirmières se partagent les patients parce qu’elles n’ont pas le choix. »

De son côté, l’hôpital BMP dispose de huit places en débordement. Celles-ci n’ont toutefois pas été utilisées au cours des deux dernières semaines, a précisé le Dr Tremblay.