L'urgentologue Benoit Monfette, qui pratique à l'hôpital de Granby.

Urgence de Granby : une fourmilière parée à toute éventualité

« Tu peux seulement voir un patient à la fois et tu as la pression de la pile, indique l'urgentologue Benoit Monfette, que La Voix de l'Est a récemment accompagné quelques heures durant un quart de travail à l'hôpital de Granby. À l'urgence, tu es toujours occupé. »
Un mécanisme bien rodé est en place où infirmières, préposés, médecins et autres professionnels de la santé se succèdent jour après jour. Ils reçoivent en moyenne entre 100 et 130 visites quotidiennement. Derrière les rideaux tirés, loin des regards, l'urgence est une véritable fourmilière parée à toute éventualité. Infarctus, accident vasculaire cérébral, fracture, convulsions, intoxication, polytraumatisme, amputation et personne inconsciente ne sont que quelques exemples des cas qu'ils doivent traiter. « On est formé pour faire de l'urgence », indique le Dr Monfette. Tout le personnel est en contrôle lorsqu'une intervention majeure survient. « Dans une urgence, il ne faut pas que ça coure. Quand il y a un code, les gens sont hyper calmes et c'est ce qu'il faut faire », dit l'urgentologue. Trois médecins sont en poste de jour, deux le soir - ils seront trois en semaine à compter de septembre - et un la nuit. Leurs responsabilités sont plus nombreuses que l'on pourrait croire. Les urgentologues doivent traiter les patients de la salle d'attente, ceux qui sont sous observation à l'urgence - qui compte 20 civières - et les patients qui arrivent par ambulance, soit une quinzaine quotidiennement.
Le quart de nuit amène certaines particularités. « Tu es seul la nuit, donc tu couvres tout », explique l'urgentologue. Même si des médecins sont de garde, comme au département des soins intensifs par exemple, il doit intervenir lors de situations urgentes, tel un arrêt cardio-respiratoire. Même chose si une femme accouche et que son médecin n'a pas eu le temps de se rendre auprès d'elle. C'est à lui que revient la tâche à ce moment-là. 
Le travail d'équipe est d'autant plus important durant le quart de nuit. « Il faut travailler en équipe. Il y a une relation qui est importante avec les infirmières, enchaîne-t-il. Elles prennent encore plus de responsabilités. » Durant un quart de travail de huit heures, qui est plutôt de 10 heures en moyenne, précise le docteur Monfette, un médecin peut voir entre 15 et 20 patients. Il peut consacrer jusqu'à une heure par patient en fonction de son état de santé. Vingt-cinq pour cent du temps est passé auprès de lui tandis que la balance est occupée par du travail administratif.
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