Concept BioCann projette d’implanter son usine sur un terrain adossé à la nouvelle caserne des pompiers de Waterloo.

Une usine de cannabis médicinal s'apprête à s'implanter à Waterloo

Un futur producteur de cannabis médicinal s’apprête à s’implanter dans la municipalité de Waterloo. Concept BioCann compte ériger ses installations dans la rue Yamaska. Le projet est estimé entre 1 et 1,5 million $.

L’entreprise est la propriété du Dr Juan Carlos Rodriguez, un chirurgien dentiste qui réside à Bromont et pratique à Granby, de sa conjointe Fancenid Mira Duque et de la firme Gestion Cent12, représentée par Jean-Philippe Turgeon de Magog.

Gestion Cent12 est déjà très active dans l’univers du cannabis. Outre BioCann, elle chapeaute la clinique de cannabis médicinal Nature Médic à Magog — qui possède un point de service à Roxton Pond —, l’Expo Cannabis Montréal et le site d’information sur le cannabis, Finefleur.

Jean-Philippe Turgeon a expliqué à La Voix de l’Est que le projet consiste en une usine de 6000 pieds carrés, dont le tiers sera consacré à la microproduction. Celle-ci sera située tout juste derrière la nouvelle caserne des pompiers de la rue Bernard.

« Ce sera une usine comme une autre. On ne verra rien de l’extérieur. C’est sans odeur et sans émanation. Les gens ne seront pas dérangés par nos activités. On y fera de la culture en environnement contrôlé, avec des plantes empotées », assure l’entrepreneur, qui prévoit un volume de 400 à 700 kg par année.

« Le cannabis est une plante très fragile, alors une petite production permet une meilleure qualité et moins de risques. »

En attente de licence

M. Turgeon mentionne que le dossier de BioCann a été déposé à Santé Canada et que l’équipe est en attente de sa licence en microproduction. Il admet que les normes imposées aux producteurs par Santé Canada sont sévères. « C’est très strict, très sécuritaire et très sécurisé. C’est un long processus, mais rien ne suppose que l’on ne l’aura pas », dit-il.

Selon lui, la construction pourrait se mettre en branle durant l’été, ce qui permettrait une première culture d’ici la fin de l’année 2019. Au moins quatre emplois devraient être créés pour le lancement de la production.

BioCann prévoit fournir son cannabis en gros aux grands joueurs de l’industrie, pour qu’il soit revendu à leurs clients. Jean-Philippe Turgeon n’écarte pas non plus la possibilité d’élargir un jour le marché de BioCann au cannabis récréatif.

Lui et ses associés disent avoir choisi la municipalité de Waterloo pour des raisons géographiques — c’est entre Magog et Granby — et d’accueil. « La Ville s’est montrée très coopérative avec nous », se réjouit M. Turgeon.

Consultation publique

Le directeur général de Waterloo, Louis Verhoef, confirme que l’offre d’achat est signée et que le terrain de 56 000 pieds carrés vient d’être loti. Selon lui, la Ville a posé certaines exigences à Concept BioCann, notamment quant à la valeur et à l’allure du bâtiment à construire.

En contrepartie, la municipalité s’est engagée à faire les fondations de la rue Yamaska — les services d’aqueduc et d’égout y sont déjà offerts — et à modifier le zonage de la zone I-5, en ajoutant spécifiquement l’usage « Production de marijuana à des fins médicinales ».

Cette modification de zonage est incluse dans un projet de règlement omnibus qui fera l’objet d’une assemblée publique de consultation le 9 avril à 18 h 30 à l’hôtel de ville. L’adoption finale du projet est prévue en mai.

Le maire de Waterloo, Jean-Marie Lachapelle, ne voit aucune raison pour la Ville de s’opposer à un tel projet. « Il y avait un secteur du parc industriel qui était disponible, avec toutes les infrastructures, alors c’était intéressant pour eux. C’est comme une distillerie ou une microbrasserie. Ça n’implique rien, car on parle de culture médicinale et que l’endroit sera très sécurisé », assure-t-il.

Ce dernier croit que ce type de production sera bien accepté par la population. « On a confiance que ça va se faire. »

L’entreprise possède d’ailleurs une option d’achat sur un second terrain, contigu à celui qu’elle convoite présentement, en prévision d’une éventuelle expansion.