La directrice de Partage Notre-Dame, Chantal Descôteaux, affirme que le cabinet portatif installé par la Ville de Granby près des locaux de l’organisme répond à un besoin.
La directrice de Partage Notre-Dame, Chantal Descôteaux, affirme que le cabinet portatif installé par la Ville de Granby près des locaux de l’organisme répond à un besoin.

Une toilette pour les personnes sans domicile fixe

Marie-France Létourneau
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est
Une toilette portative à l’intention des personnes sans domicile fixe a été installée près des locaux de Partage Notre-Dame par la Ville de Granby. L’OBNL bénéficie également d’une aide financière de 2000 $ par mois durant la pandémie.

«La toilette, c’est vraiment génial. Plusieurs fois par jour, des usagers nous demandaient s’ils pouvaient utiliser les salles de bain de nos locaux. Mais on ne pouvait pas. Il n’y en a pas non plus qui sont accessibles ailleurs dans la ville. Ça devenait problématique», fait valoir la directrice, Chantal Descôteaux.

Puisque les toilettes publiques sont fermées, la Ville a fait installer lundi de façon temporaire un cabinet portatif qui inclut également un lavabo, du savon et du papier pour s’essuyer les mains, près des locaux de l’organisme, situé à l’angle des rues Saint-Antoine et Racine. Les lieux sont complètement désinfectés trois fois par jour par des employés municipaux.

Selon Mme Descôteaux, Granby compte quelques citoyens sans domicile fixe. Cela répond ainsi réellement à un besoin.

Comme pour la majorité des autres organismes d’aide, la crise de la COVID-19 a chamboulé les habitudes de l’équipe de Partage Notre-Dame. Elle a dû revoir ses façons de faire et apprendre à fonctionner avec des ressources minimales.

L’équipe de bénévoles qui s’active à la préparation des repas, offerts aux plus démunis pour 2,50$ par jour, a été réduite. «Actuellement, ils sont six ou sept, mais ils sont habituellement plus que ça. Je leur lève mon chapeau. On a une petite équipe, mais tout le monde est top», lance Chantal Descôteaux.

Repas pour emporter

Avant la crise, les locaux de l’organisme étaient souvent fréquentés dès leur ouverture en matinée, à 9h30, par des usagers qui s’y rendaient pour boire un café, jouer aux cartes et, par le fait même, briser leur isolement. Ils y restaient parfois jusqu’à 14h.

Cette routine n’est plus possible depuis la mi-mars. Un nouveau protocole a été mis en place, explique la directrice.

La salle est fermée et les repas sont offerts pour emporter seulement, de 11h30 à 12h15. Un marquage extérieur a été ajouté afin de s’assurer que les dîneurs en file respectent les mesures de distanciation sociale. Ils doivent aussi se laver les mains avec du savon avant de récupérer leur repas.

À ce jour, une légère baisse de la fréquentation de l’endroit a été notée. Mais de 50 à 60 repas par jour sont néanmoins distribués du lundi au vendredi. «La première semaine, il y en a eu beaucoup moins que d’habitude. Mais ça remonte tranquillement», dit Chantal Descôteaux.

Azimut, le service d’écoute et de référence de l’organisme, continue à être offert. Mais un nouveau protocole a aussi dû être mis sur pied. Il n’est accessible que sur rendez-vous et, le plus possible, par téléphone, note-t-elle. Ceux qui n’ont pas accès à un téléphone peuvent sonner à la ressource afin de prendre rendez-vous avec une des intervenantes.

La friperie est toutefois fermée. Comme cela entraîne une importante perte de revenus pour Partage Notre-Dame, les élus ont récemment décidé de lui offrir une aide ponctuelle mensuelle de 2000 $ pour la durée de la pandémie afin de lui «permettre de continuer à offrir différents services aux personnes vulnérables», est-il souligné dans la résolution adoptée lors de la dernière séance du conseil municipal.

Le maire Pascal Bonin a par ailleurs profité de l’occasion pour souligner le travail «colossal» effectué par les organismes communautaires au cours des dernières semaines.

«Le milieu communautaire est extrêmement sollicité. Je veux vous dire que le conseil municipal est derrière vous», a-t-il dit en invitant les responsables d’organismes à communiquer avec le directeur du service de la coordination des loisirs, des arts, de la culture et de la vie communautaire, Patrice Faucher, s’ils ont des besoins particuliers à exprimer.