SERY et le Comité consultatif de personnes immigrantes recevaient des acteurs de tous les secteurs, mercredi midi, afin de parler des enjeux de l’immigration en milieu de travail.

Une table ronde sur l’immigration organisée par le SERY

Des acteurs de tous les milieux étaient réunis mercredi midi, à l’invitation de SERY, pour cogiter autour de solutions concrètes pour intégrer harmonieusement les personnes immigrantes en milieu de travail.

D’entrée de jeu, le « Portrait de l’intégration en emploi des personnes immigrantes au Québec » a été présenté par la présidente du Comité consultatif des personnes immigrantes (CCPI), Nisrin Al Yahya. L’étude a été produite dans les dernières années. Au début de 2019, 25 recommandations ont découlé des défis et des éléments facilitants qui sont ressortis de l’étude.

« On vise à faire un début de concertation pour s’assurer qu’on part des recommandations qui ont été faites par le CCPI et qu’on fait quelque chose de concret dans la région », souligne Céline Gagnon, directrice générale adjointe de SERY, qui siège aussi au comité consultatif.

Elle souhaite que tous les milieux travaillent de concert plutôt qu’en silo pour que l’intégration des personnes immigrantes se déroule bien.

C’est pourquoi une table ronde avait lieu après le dîner-conférence. Tous étaient invités à discuter de ces enjeux et à faire ressortir des solutions réalisables.

« Les acteurs de différents milieux sont autour de la table. On a autant des élus que des entreprises et des représentants de travailleurs, énumère Mme Al Yahya. On va essayer de voir ce qui va ressortir pour se mettre en action. L’idée n’est pas de rester dans la théorie, mais d’aller dans le concret, dans un monde où on est en mouvement intense. On a de l’argent, on a une pénurie de main-d’œuvre, et on a besoin des personnes immigrantes. Ce que je ne vais pas arrêter de dire, c’est qu’il est temps qu’on pense qu’immigration rime avec solution. »

« J’aimerais qu’on en arrive à la création d’une table de concertation ou d’une table de coordination pour tous les projets, renchérit Mme Gagnon. Il y a plein de projets qui fusent partout, mais on a besoin d’une centralisation ou d’une coordination. »

Des défis au quotidien

Parmi les défis à surmonter, il y a la francisation qui, contrairement à ce que l’on pourrait croire, ne permet pas à un nouvel arrivant de bien s’exprimer en milieu de travail. Selon Mme Al Yahya, les immigrants interrogés durant l’étude ont confié que la francisation ne permettait pas d’apprendre le français parlé dans la vie courante. Il n’est pas rare que la barrière de la langue demeure puisque la francisation est trop théorique et pas suffisamment pratique.

La responsabilité familiale constitue un autre défi. Les familles immigrantes avaient tout un réseau autour d’eux avant d’émigrer, réseau qu’ils n’ont plus en arrivant au Québec. Il devient alors difficile pour les parents de travailler puisque les enfants sont à la maison.

Les codes sociaux sont également différents, ne serait-ce que pour le processus d’embauche. Ils sont démunis devant les questions qui leur sont posées, ne sachant pas nécessairement quelle est la bonne façon d’y répondre.

Les codes diffèrent aussi dans le milieu de travail. Mme Al Yahya a donné en exemple un homme qui a été embauché dans un bureau d’architecte comme dessinateur, en attendant de faire reconnaître ses compétences. Son employeur se questionnait puisque, deux semaines après lui avoir confié un mandat, il n’avait pas de nouvelles.

Seulement, l’employé, défini comme proactif, attendait que son patron l’invite à son bureau, ne sachant pas qu’il pouvait aller à sa rencontre.

Des changements en cours

La présidente du CCPI note déjà des changements apportés par le gouvernement québécois depuis le dévoilement des 25 recommandations.

« Plusieurs annonces ont été faites depuis par le MIDI (ministère de l’Immigration de la Diversité et de l’Inclusion) et le MTESS (ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale) et une des choses qui a été bonifiée est au niveau de la concertation et du partenariat, souligne Mme Al Yahya. On parle d’offrir différents moyens et conditions favorables à la concertation. »

Ainsi, 21 conseillers ont été engagés pour les régions. Le MIDI recrutera également 81 agents d’aide à l’intégration, ajoute-t-elle.

« Certains travailleurs temporaires peuvent maintenant bénéficier des services d’accueil, de francisation et de recherche d’emploi. Ils ont droit aux différents services d’accompagnement, surtout quand ils sont un conjoint d’un travailleur temporaire. »

La politique d’immigration a également été révisée et un règlement concernant les agences de placement de personnel et les agences de recrutement de travailleurs étrangers temporaires sera adopté.