Le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos, a présenté mardi les grandes lignes de la Stratégie canadienne de réduction­ de la pauvreté.

Une stratégie canadienne pour donner un coup de main aux plus démunis

De passage à Granby une partie de la journée de mardi, le ministre fédéral de la Famille, des Enfants et du Développement social Jean-Yves Duclos, accompagné du député de Shefford Pierre Breton, a présenté les grandes lignes de la Stratégie canadienne de réduction de la pauvreté.

Celle-ci s’articule notamment autour de trois prestations mises en place l’une après l’autre au cours du premier mandat du gouvernement libéral de Justin Trudeau.

Lorsqu’elles seront toutes en vigueur, ces mesures, soient l’Allocation canadienne pour enfants (ACE), l’Allocation canadienne pour travailleurs (ACT) et l’Allocation canadienne d’aide au logement (ACL) permettront, selon le ministre, à des familles de la classe moyenne de toucher jusqu’à 17 000 $ de plus annuellement.

« Le comté de Shefford est un environnement très typique de la classe moyenne. C’est dans des milieux comme celui-ci que nos investissements font une plus grande différence », a souligné le ministre Duclos.

Le ministre a vanté son gouvernement d’avoir sorti 825 000 Canadiens de la pauvreté. Pour la seule circonscription de Shefford, cela représente 4000 personnes, dont 1200 enfants, a précisé M. Breton.

La proportion de Canadiens vivant sous le seuil de la pauvreté est en effet passée de 12,1 % à 9,5 % entre 2015 et 2017. « À plus de 20 %, c’est la chute la plus importante du seuil de pauvreté, et le taux le plus bas depuis quatre ans », a-t-il fait valoir, attribuant une grande partie de cette diminution à la création de l’Allocation canadienne pour enfants, implantée en 2016 et indexée chaque année selon l’inflation.

Pour illustrer cette réalité, M. Breton a cité le cas d’une mère monoparentale dans la circonscription, dont les prestations de l’ACE lui ont permis d’obtenir 13 000 $ de plus par année pour améliorer sa qualité de vie et celle de ses deux enfants en bas âge. « Ça a complètement changé sa vie », clame le député local, reconnaissant toutefois que du travail reste à faire pour atteindre la cible gouvernementale de réduire le taux de pauvreté au pays de 50 %.

Tout près de 75 000 autres Canadiens pourront eux aussi intégrer la classe moyenne grâce à la nouvelle Allocation canadienne pour travailleurs, a avancé le ministre Duclos.

Le ministre Jean-Yves Duclos a vanté son gouvernement d’avoir sorti 825 000 Canadiens de la pauvreté. Pour la seule circonscription de Shefford, cela représente 4000 personnes, dont 1200 enfants, a précisé Pierre Breton.

Cette aide financière, disponible depuis le 1er avril dernier, devrait soutenir près de deux millions de citoyens qui travaillent à faible salaire ou à temps partiel. « Et ça a aussi pour effet de les encourager à rester sur le marché du travail », a fait valoir le député de la circonscription de Québec.

Plus de logements abordables

Au printemps prochain, une autre mesure permettra à 300 000 familles canadiennes de toucher une somme allant jusqu’à 2500 $ par année pour se loger.

M. Duclos a rappelé que d’avoir un toit et un logement salubre fait partie des conditions de vie de base pour s’épanouir. « Ne pas avoir de logement complique le développement des enfants, [rend difficile le fait] de trouver et maintenir un emploi, a-t-il clamé. L’Allocation canadienne au logement est également très importante dans notre plan de lutte contre l’itinérance. »

Rappelons que la Stratégie nationale sur le logement vise à réduire de moitié l’itinérance chronique à l’échelle nationale d’ici 2028.

Questionné par La Voix de l’Est, le ministre Duclos a confirmé que l’allocation s’accompagnera de subsides fédéraux pour construire des logements au cours des huit prochaines années, surtout quand on sait qu’à Granby seulement, il faudrait au moins 300 unités de logement supplémentaires.

« On parle de 55 milliards jusqu’en 2028 pour aider les propriétaires d’habitations locatives à construire des logements et à améliorer l’efficacité énergétique de ceux-ci. On veut aussi investir dans des logements communautaires », a répondu le ministre qui a annoncé plus tôt ce mois-ci la création d’un centre de ressources visant à soutenir cette dernière initiative.

Pour s’assurer de l’accessibilité au logement, le ministre avait aussi annoncé la création d’un poste de défenseur fédéral du logement. Celui-ci aura pour mandat d’arpenter le Canada et d’être à l’écoute de tous les groupes sociaux afin de cerner les besoins des Canadiens en matière de logement.

Il devra ensuite formuler des recommandations auxquelles le gouvernement devra donner suite. « Il faut s’assurer que les milieux reçoivent l’appui du gouvernement pour réduire les barrières de l’accès au logement », a indiqué M. Duclos, faisant notamment référence aux personnes en situation de handicap, avec des problématiques de santé mentale, de toxicomanie ou des personnes âgées isolées.

Les aînés soutenus

En avant-midi mardi, le ministre Duclos et M. Breton ont d’abord rencontré les représentants d’une soixantaine d’organismes communautaires, des élus et membres de la communauté d’affaires de la circonscription au Zoo de Granby.

Après un point de presse tenu avec les médias locaux, le duo d’élus libéraux a par la suite visité les installations de SOS Dépannage avant de se rendre à la Maison Soutien aux Aidants de Granby, où M. Duclos a prononcé une courte allocution pour rappeler les initiatives de son gouvernement pour améliorer la qualité de vie des aînés, dont le retour de l’âge d’admissibilité à la pension de sécurité de la vieillesse à 65 ans — en 2012, le gouvernement précédent avait annoncé qu’il passerait graduellement à 67 ans entre 2023 et 2029 —, la bonification du Supplément de revenu garanti (SRG) pour les personnes seules et l’augmentation des régimes de rentes du Québec et de la pension du fédéral.

Comme les personnes âgées de 65 ans et plus comptent pour 3,9 % des 9,5 % des Canadiens en situation de pauvreté, selon les données de 2017, Ottawa a annoncé à son plus récent budget le rehaussement du revenu pouvant être exempté dans le calcul du SRG. Cela représenterait parfois plusieurs milliers de dollars de plus dans les poches des aînés vivant seuls, a mentionné M. Duclos. D’ailleurs, toutes les personnes admissibles au supplément de revenu garanti seront désormais automatiquement inscrites pour recevoir leur prestation, a-t-il fait valoir.