Un circuit d’alimentation souterrain a dû être mis en place par Hydro-Québec pour le balisage des pylônes.

Une solution novatrice à la pollution lumineuse

Les repères clignotants installés sur des pylônes d’Hydro-Québec près de l’aéroport Roland-Désourdy à Bromont­, qualifiés par plusieurs citoyens de « pollution lumineuse », sont chose du passé. Un système de balisage unique au pays permet désormais aux pilotes de les activer­ à distance.

« Ce dossier a été toute une aventure, a confié le directeur général de l’aéroport, Robert Blais. Mais enfin, on peut dire que c’est derrière nous. On a trouvé une solution simple à un problème complexe. »

Pour se conformer aux exigences de Transport Canada en matière d’approche aérienne, Hydro-Québec­ avait dû implanter des repères lumineux sur une dizaine de pylônes aux abords de l’aéroport Roland-Désourdy. Ces infrastructures ont été érigées sur le territoire bromontois dans le cadre de la construction du nouveau poste d’Adamsville. Étant donné la haute tension de cette branche du réseau électrique, un circuit d’alimentation souterrain distinct a été mis en place pour le balisage.

Désormais, plutôt que d’avoir des témoins clignotants qui entrent en fonction à la tombée du jour, ceux-ci passent au rouge. Les pilotes peuvent activer les repères de nuit — que l’on appelle précisément ARCAL (aircraft radio control of aerodrome lighting) — sur les pylônes en même temps que ceux de la piste d’atterrissage. Le système est actif pendant 15 minutes. Il s’agit d’une première au Canada, a indiqué Robert Blais. 

En fait, cette option a été proposée par la spécialiste en sécurité aérienne Marie-Hélène Simard. L’experte-conseil avait été mandatée par Bromont de « recommande[r] une alternative afin de diminuer les effets négatifs de cette pollution lumineuse. » Une résolution en ce sens avait été entérinée lors de la séance extraordinaire du 16 mai 2016. La société d’État avait mis cette plateforme novatrice au banc d’essai quelques mois plus tard. Elle est récemment entrée en fonction. « Il a fallu faire plusieurs tests pour s’assurer du fonctionnement et de la fiabilité du système. C’est totalement transparent pour le pilote. L’aéroport peut aussi contrôler le système manuellement en cas de problème », a expliqué le DG.

Le directeur général de l’aéroport Roland-Désourdy, Robert Blais

D’autres maux de tête

Outre le problème de pollution lumineuse, la construction de la nouvelle ligne électrique a causé d’autres maux de tête à Robert Blais, mettant entre autres la certification de l’aéroport en péril. En fait, il est interdit que des pylônes percent « la surface de limitation d’obstacles ». Or, quelques-unes des imposantes structures sont dans l’axe d’approche de la piste 23. « C’est comme un bol inversé au-dessus de l’aéroport. Si tu ne respectes pas ça, tu peux avoir de sérieux problèmes. La certification peut être en jeu. C’en est venu jusqu’à ça », avait précisé le DG.

Transport Canada a donc donné une exemption temporaire à l’aéroport pour qu’il puisse continuer ses activités après s’être assuré que la sécurité des aéronefs ne soit pas compromise. L’organisation paragouvernementale doit statuer d’ici quelques jours sur le renouvellement de cette dérogation. Ce qui devrait être une formalité, puisqu’il y a déjà eu un précédent, a indiqué M. Blais.