Alain Beaudry, directeur régional de Financement agricole Canada, Martin Couture, directeur de la maison des jeunes L’Exit, et Pierre Breton, député de Shefford.

Une serre passive pour la maison des jeunes L’Exit

La construction d’une serre passive adjacente au bâtiment principal de la maison des jeunes L’Exit de Waterloo est en cours. Ce projet de longue haleine a pu aller de l’avant grâce à une subvention de 25 000 $ du programme AgriEsprit de Financement agricole Canada.

L’objectif d’une telle serre, qui ne sera pas chauffée par l’électricité, mais bien par la chaleur du soleil, est de permettre aux jeunes d’apprendre les bases de l’horticulture à l’année.

« C’est une serre solaire qui vient compléter tout ce qu’on fait depuis 1996 avec notre premier jardin et notre premier service de repas santé », commente le directeur de la MDJ, Martin Couture. 

Depuis 1996, un virage vert et vers les bonnes habitudes de vie s’est amorcé. Des jardins, bacs à compost et repas santé les midis durant l’année scolaire font notamment partie de ce qu’ils proposent, en plus de cours de cuisine et d’ateliers sur les semis.

« C’est la suite logique de la production de semis au printemps. La cuisine est pleine de plantes, c’est un peu compliqué à gérer avec 40 jeunes qui viennent dîner le midi. Dominique (Brault), ma collègue, avait ce projet en tête depuis quelques années. On s’est informé, on est allé chercher une formation en ligne et on a commencé à regarder ce qu’on pourrait faire. »

Si, pour une résidence privée, il en coûte autour de 30 000 $ pour réaliser un tel projet de serre solaire, le prix grimpe à 125 000 $ pour une institution comme la maison des jeunes. Deux ans de travail et de recherche de subventions ont permis de monter un dossier qui a plu au comité du fonds AgriEsprit de Financement agricole Canada. Sur les 1400 dossiers soumis, seuls 84 d’entre eux, dont le projet de serre passive de L’Exit, ont été retenus, souligne Alain Beaudry, directeur régional de FAC. Par ce fonds, les organisations qui soumettent un projet sont éligibles à un don allant de 5000 $ à 25 000 $. M. Beaudry et Pierre Breton, député de Shefford, ont annoncé la nouvelle au public vendredi.

Semer une passion

« On y arrive ! Hier (jeudi), on a fini le toit et tout ce qu’il y a en bois, explique M. Couture en montrant le toit incliné, c’est une structure d’aluminium et ce sera vitré. On a des portes à l’extérieur, en haut et en bas de la pente, et une autre à partir de la cuisine pour que les jeunes aient accès en tout temps. J’aime mieux voir un jeune qui mange une tomate dans notre jardin que de le lui interdire. On laisse l’accès aux jeunes. »

Des classes pourront être accueillies dans la nouvelle serre. L’objectif est de transmettre des connaissances et, qui sait, semer une nouvelle passion pour ces jeunes.

Ceux-ci ont notamment la possibilité de voir tout le processus de croissance d’une plante, de la graine à la récolte de son fruit. « Il y a quelque chose qui s’allume chez eux. [L’importance de la serre], ce n’est pas tant en terme de production, mais plutôt pour l’éducation. On sème quelque chose. »

Il n’y a pas de statistique sur les carrières qu’ont faites les jeunes qui sont passés par la MDJ L’Exit depuis le tournant de 1996, mais quelques-uns sont revenus saluer l’équipe et vivent maintenant de la terre, par exemple en étant horticulteur. 

Ce rôle se poursuivra de plus belle dans les prochaines années. Un vieux projet pourra également renaître. 

« On avait déjà commencé une approche avec l’école secondaire Wilfrid-Léger, à côté, mais on avait mis ça sur la glace parce que le projet de serre n’avançait pas. On voudrait éventuellement offrir une option d’horticulture au secondaire. Au Lab-école à Shefford, le projet de serre a été laissé de côté parce qu’il n’y a personne en été pour s’en occuper, mais ici, on est toujours là. »

« Bâtiment hyper performant »

Outre les avantages de production et d’éducation, la serre permettra également d’offrir un chauffage d’appoint pour le reste de la maison des jeunes. Les surplus de chaleur créés par le soleil pourront être redirigés vers le bâtiment principal. Seul le soleil offrira la chaleur nécessaire pour la croissance des plantes.

« Ce qui est un peu particulier du bâtiment, qui est hyper performant, c’est qu’il n’y a pas de fondation de ciment, souligne le directeur de la MDJ. On cultive directement en terre à l’intérieur puis on a un serpentin dans le sol. L’air chaud qui est créé par le soleil est injecté dans le sol, à trois pieds, donc, tout l’hiver, le sol ne gèle pas. Ça va être suffisant pour pas que les plantes meurent. »

S’il n’y a pas suffisamment de soleil, un chauffage d’appoint avec du gaz a été installé dernièrement pour alimenter la cuisinière de la nouvelle cuisine... dont un mur a dû être détruit pour laisser place à la porte qui mènera à la serre. 

La serre aura également la fonction de luminothérapie pour les jeunes qui ont de la difficulté lorsque la luminosité diminue à l’automne.