« Je ne suis pas le clone d’Éric Bédard, indique la nouvelle présidente du SEHY, Sophie Veilleux. Éric était très intense. Je peux être intense aussi, mais d’une manière différente. »

Une scientifique à la tête du SEHY

Sophie Veilleux laisse échapper quelques sanglots en évoquant l’homme dont elle a hérité le poste, lundi, à la présidence du Syndicat de l’enseignement de la Haute- Yamaska (SEHY).

« Éric Bédard était inspirant et faisait tout à 100 %, et même plus », affirme l’ex-trésorière de 37 ans.

« Il voulait toujours aider tout le monde et que les choses soient justes. Il a fait de moi une meilleure personne, même si on n’était pas toujours d’accord. »

Ex-enseignante de sciences et de mathématiques et mère de deux enfants, Mme Veilleux avait déjà songé à occuper la présidence du principal syndicat de la commission scolaire du Val-des-Cerfs. Mais elle n’aurait jamais osé se présenter contre celui qui l’a recrutée en 2011.

« Je lui disais que personne ne pouvait le remplacer. Je ne pensais pas qu’il partirait si vite... »

La mort subite de celui qui a tenu les rênes du SEHY pendant 13 ans — M. Bédard est décédé d’une embolie pulmonaire le 4 mars dernier à l’âge de 51 ans — a précipité les choses.

Intensité

Dans un souci d’efficacité, la titulaire d’un baccalauréat en science biologique, d’une maîtrise en microbiologie et d’une autre en enseignement au secondaire a dû rapidement prendre le relais. Elle entend « poursuivre le combat » pour faire en sorte que les droits de ses membres soient respectés.

Sera-t-elle aussi bagarreuse qu’Éric Bédard, reconnu pour ne pas faire dans la dentelle ? « Les buts recherchés resteront les mêmes, dit Mme Veilleux. Quand les droits des enseignants sont respectés, ce sont les élèves qui en bénéficient. Mais je ne suis pas le clone d’Éric Bédard. Il y aura peut-être une différence dans la manière de dire les choses. Éric était très intense. Je peux être intense aussi, mais d’une manière différente. »

La résidente de Cowansville dit espérer « qu’on s’entende plus souvent avec la commission scolaire ». « Beaucoup d’énergie est consacrée à négocier des ententes et des conventions collectives, alors pourquoi ne pas les respecter ? »

Avec Éric Bédard, elle dit avoir « rêvé au jour où ça irait tellement bien que la défense des droits de nos membres prenne moins de place » dans les activités du SEHY.

Conditions

Les relations entre le SEHY et Val-des-Cerfs sont présentement correctes, dit Sophie Veilleux, mais les conditions de travail des enseignants « empirent de jour en jour ».

« Il y en a de plus en plus qui sont à bout de souffle et tombent au combat », illustre-t-elle, blâmant le manque de ressources, la lourdeur des tâches administratives et, bien entendu, la pénurie d’enseignants.

La situation est telle que des professeurs malades travaillent quand même « parce qu’ils savent qu’ils auront de la difficulté à être remplacés ».

« Ça ajoute un stress supplémentaire », indique-t-elle.

Son attention, ces jours-ci, est d’ailleurs concentrée à la « négociation locale », soit les ententes avec Val-des-Cerfs concernant, entre autres, les listes de priorité d’emploi, les allègements de tâche et l’octroi de congés.

Son poste sera soumis à une élection en mai, un scrutin auquel Mme Veilleux sera candidate. Le premier vice-président du SEHY, Martin Laboissonnière, assume, pour sa part, le poste de trésorier laissé vacant.

« J’ai l’intention de bien faire le travail », assure Sophie Veilleux.