En voulant montrer le piètre état de sa rue, le pied de Claude Forgues s’est enfoncé dans un trou qui n’existait pas quelques secondes plus tôt.

Une rue impraticable à Shefford

La pluie n’a pas fait de dommages qu’à Bolton-Ouest dans la région. Plusieurs chemins de terre sont dans un piteux état. C’est le cas de la 1re avenue, à Shefford, traversant un parc de maisons mobiles.

« Marcher dans cette rue donne l’impression de poser les pieds sur de la gélatine. Les galettes de terre bougent sous nos pas et les pas d’une personne marchant à nos côtés nous font bouger en même temps qu’elle. Ça, c’est quand les pieds ne s’enfoncent tout simplement pas. Imaginez lorsqu’un véhicule circule dans la rue », pointe Claude Forgues, un pied enfoncé dans un trou d’au moins 30 cm qui s’est formé alors qu’il y posait le pied.

La situation est pire que jamais sur cette rue. En face de chez son voisin, il ne reste qu’une petite bande de chemin qui n’est pas creusée et vallonnée. La voiture de sa fille ne peut pas passer là où les sillons sont trop hauts. Elle s’est enlisée une fois ou deux déjà, ce qui a nécessité l’intervention d’un remorqueur.

« Le propriétaire du terrain vient une fois par année pour racler les rues et, par la suite, la municipalité vient déposer de quoi pour la poussière. Mais cette année, il faudrait qu’il vienne plus tôt. Ça n’a pas de bon sens, argue M. Forgues. Je suis allé voir le propriétaire et il m’a dit qu’il viendrait avec son camion pour piler sur les bosses. Il n’est pas encore venu. »

Il a aussi communiqué avec le directeur des travaux publics, vendredi, mais il n’a pas obtenu la réponse qu’il espérait. « On paie un loyer pour le terrain et des taxes, mais on n’a aucun service », déplore-t-il.

Des cônes en attendant

L’état de la rue a commencé à se dégrader il y a environ deux semaines, avec le dégel. Le problème semble provenir du fait que la rue n’est pas drainée, croit le résident, propriétaire d’une maison mobile.

« C’est sûr que les fossés ne sont pas creux. Le développement a une quarantaine d’années. La structure du chemin n’est pas capable de s’égoutter adéquatement », concède Pascal Plante, journalier aux travaux publics de Shefford.

La façon dont les rues du parc sont construites répond-elle aux normes, comme le prétend le citoyen ? M. Plante n’était pas en mesure de se prononcer.

Invité par La Voix de l’Est à visiter le secteur, le directeur du service de sécurité incendie de Shefford André Cadorette, accompagné de M. Plante, a constaté l’état de la situation.

« C’est sûr que le chemin n’est pas beau, avoue M. Cadorette. On a rencontré M. Forgues, qui est venu à notre rencontre. La problématique, à la base, c’est que c’est un chemin privé. Ça n’appartient pas à la Ville. C’est au propriétaire de faire l’entretien du chemin. Pour les services d’urgence, on y a accès, mais il y a un tronçon de 100 pieds qu’on n’a pas accès. »

Il a été décidé de mettre des cônes aux endroits où il est le plus dangereux de s’enliser.

« Lundi, quand les bureaux vont ouvrir, la directrice générale et le directeur des travaux publics vont discuter avec le propriétaire du parc pour savoir quelles sont les mesures qui seront prises », ajoute le directeur du SSI.

« Dans l’immédiat, on est en période de dégel, reprend Pascal Plante. De passer avec de la grosse machinerie empirerait la situation. Ce qu’on peut faire, c’est de la prévention » avec des cônes.

Selon M. Cadorette, la sécurité des citoyens n’est pas en danger, mais il peut y avoir effectivement des bris sur des véhicules.

Il ne nous a pas été possible de parler avec le propriétaire du terrain, Fernand Leclerc, au moment de mettre sous presse.