Une visite guidée du collège attendait les nouveaux étudiants du cégep cette semaine.
Une visite guidée du collège attendait les nouveaux étudiants du cégep cette semaine.

Une rentrée qui détonne au Cégep de Granby

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
Des activités d’accueil sur rendez-vous. Des masques à profusion. Des animateurs déguisés en personnages de la série télévisée Casa del Papel. Pas de doute, la rentrée au Cégep de Granby est tout sauf ordinaire, cette semaine.

Pour la première fois en cinq mois, les étudiants de l’établissement de la rue Saint-Jacques ont pu y entrer à nouveau dans le cadre de «journées d’accueil» prolongées en raison de la pandémie.

Dans le souci d’acclimater les nouveaux venus, leurs premiers pas collégiaux se sont faits dans une ambiance festive et rappelant la populaire série télévisée espagnole. Suivant des horaires prédéfinis, les étudiants verts sont d’abord «pris en otage» par de faux braqueurs de banque vêtus de rouge.

Puis, après avoir écouté une chanson de Marc-André Marois rappelant les mesures d’hygiène à respecter, ils sont emmenés pour une visite guidée du cégep à travers laquelle ils sont informés des services et activités offerts. Les nouveaux collégiens ont ensuite l’occasion de rencontrer certains de leurs professeurs.

Un accueil particulier qui est apprécié des étudiants, indique la conseillère pédagogique Katherine Breton, qui participe à l’animation. «La majorité des nouveaux inscrits sont là, dit-elle. Maintenant, il faut les maintenir!»

Les nouveaux venus ont également été accueillis au son d’une chanson de Marc-André Marois et dans une ambiance rappelant la série télévisée Casa del Papel.

Organisation

Voilà le noeud du problème de ce cégep 2.0 où la plupart des cours, comme ailleurs au Québec, continuent d’être donnés à distance. Dans ces conditions, la motivation et la compréhension peuvent en prendre pour leur rhume. Autant pour les élèves que pour les maîtres.

«Ça demande beaucoup en termes d’organisation», souligne le président du Syndicat des enseignants du Cégep de Granby, Camille Dubuc.

Les étudiants sont appuyés cette année par un soutien informatique accru et des locaux mis à leur disposition pour travailler au cégep. Et les professeurs ont aussi du pain sur la planche: en raison du modèle d’enseignement hybride (à distance et en présence d’élèves, mais en nombre limité chaque fois), leur charge de travail est doublée.

«Notre préparation a changé et il faut prévoir toutes les activités virtuelles», dit M. Dubuc. Sans compter les futures évaluations qui pourront se faire en personne. Ce qui pose un problème de disponibilité des locaux. «Ça sera une gymnastique pour les enseignants», indique-t-il.

Le syndicat aimerait des mesures pour alléger la tâche des enseignants, dit le président, comme l’embauche de professeurs adjoints qui pourraient superviser certaines activités.

Optimisme

Malgré tout, les cégépiens rencontrés cette semaine voient la session qui s’amorce avec optimisme.

«On n’est pas inquiets, on voit ça comme quelque chose de nouveau, dit Samuel John Hétu, étudiant de deuxième année en sciences de la nature. L’an passé, j’ai trouvé ça dur de suivre un horaire entièrement à distance.»

«On avait tellement de distraction!», ajoute sa camarade Catherine Dugrenier, inscrite au même programme. «Elles seront toujours là, les distractions, mais on est mieux préparés», dit Samuel John.

«Je n’ai pas l’impression que les étudiants sont très affectés par la pandémie», note Jessika Hade, agente aux communications pour Coopsco, une boutique située au cégep et qui offre entre autres du matériel scolaire. «Ils sont très compréhensifs.»

Étudiante en première année en sciences de la santé, Florence estime que l’accueil offert par le Cégep de Granby était «très bien organisé». «Les profs sont disponibles et on n’est pas laissés à nous-mêmes, dit-elle. Mais c’est sûr que les études vont demander plus d’organisation. Cela dit, il faut voir le positif. On est chanceux d’être en vie!»