Étienne Chassé est directeur du service de sécurité incendie de Saint-Césaire.

Une question de sécurité

«L’état d’encombrement représente une menace sérieuse pour la sécurité et une aggravation des risques et des dommages en cas de sinistre d’incendie», écrivait le juge administratif Marc Landry dans sa décision concernant Robert (nom fictif). Certes, l’insalubrité et l’accumulation excessive de biens ou de déchets dans un logement peuvent causer bien des maux de tête aux propriétaires d’habitation, mais elles peuvent aussi mettre en péril la sécurité du locataire.

C’est pour cette raison que l’intervention des pompiers est requise. « Si c’est dangereux de demeurer sur place ou qu’on pourrait avoir du mal à avoir accès à la personne en cas de danger, c’est problématique », indique Étienne Chassé, directeur du service de sécurité incendie de Saint-Césaire.

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« On peut penser que ce n’est pas dangereux qu’une personne accumule des papiers ou des cartons jusqu’au plafond illustre Michel Ouellette, capitaine à la prévention au Service de sécurité incendie de Cowansville. Mais les planchers ne sont pas conçus pour soutenir un tel poids. »

Les pompiers qui visitent des logements après avoir reçu un signalement doivent réaliser un état des lieux et un suivi pour éviter que la situation empire.

Les cas qu’on peut voir à la télévision sont, en règle générale, bien moins pires que ceux auxquels sont confrontées les autorités dans le cadre de leurs fonctions. « Déjà, à la télé, on n’a pas l’odeur. Imaginons une résidence avec 24 chats, non seulement il y a plein de produits qui sont accumulés, mais il y a aussi leurs excréments, des odeurs, des gaz », illustre Étienne Chassé.

Mais surtout, « les gens doivent être capables de sortir de chez eux en cas d’urgence », indique Michel Ouellette, du SSI de Cowansville.

« On ne demande pas à ce que tout brille comme un diamant ! Nous avons des barèmes pour évaluer si un lieu est trop encombré ou pas. On doit être capables d’entrer et de circuler. On a besoin d’un corridor d’environ trois pieds de large pour apporter une civière au besoin », poursuit le capitaine.

Celui-ci rappelle le cas d’un incendie survenu sur la rue Caroline en juin 2017. Les flammes avaient pris naissance dans un logement trop encombré. « Les pompiers ont été incapables de se rendre dans le logement. Alors le feu s’est propagé et on a perdu un bâtiment », déplore-t-il.