«Si on me dit que la SQ ne va pas venir ici pour me donner une amende, je le ferais», dit la propriétaire de JaimieFit, Jaimie Newman.
«Si on me dit que la SQ ne va pas venir ici pour me donner une amende, je le ferais», dit la propriétaire de JaimieFit, Jaimie Newman.

Une propriétaire de gym qui ne compte pas défier Québec

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
Propriétaire et unique employée de son gym situé à Saint-Césaire, en Montérégie, Jaimie Newman aimerait bien envoyer elle aussi un message clair au gouvernement.

Une coalition de 200 propriétaires de centres d’entraînement situés en zone rouge, comme elle, a annoncé lundi qu’elle défiera Québec en ouvrant ses commerces ce jeudi.

Depuis le 8 octobre, bars, gyms et salles à manger de restaurants sont fermés dans plusieurs régions, incluant l’ouest et le centre de la Montérégie, à cause de la pandémie de COVID-19.

«Si on me dit que la SQ ne va pas venir ici pour me donner une amende, je le ferais», indique Mme Newman. Mais elle ne peut tout simplement pas se permettre une autre perte financière.

«Présentement, je fais ce que je peux pour manger, dit la propriétaire de JaimieFit. Je donne des cours privés et sur Zoom et je fais des plans alimentaires et d’entraînement. Mais les gens n’aiment pas ça, Zoom. Je perds beaucoup de clients.»

Après le confinement, seulement 10 % de sa clientèle est revenu dans ses installations de la rue Leclaire. Et depuis les nouvelles mesures applicables en zone rouge, son gagne-pain n’est plus que l’ombre de ce qu’il était.

Jaimie Newman n’a pas droit à une aide gouvernementale, car son entreprise est trop petite, dit-elle, «mais les factures, elles, continuent d’entrer!». Les amateurs de bonne forme sont aussi nombreux à s’être rabattus sur de l’équipement à domicile.

Stress et insomnie

Bref, elle survit... et louange son propriétaire qui accepte d’ajuster son loyer. «Sans lui, on serait déjà fermés», souligne l’adepte de culture physique qui dit souffrir d’insomnie, ce qui n’était pas le cas avant, et de sautes d’humeur «comme jamais dans ma vie».

Plusieurs clients lui avouent également souffrir d’anxiété, de stress et d’idées suicidaires depuis la fermeture des gyms en zone rouge. «C’est terrible», dit-elle. Mme Newman reproche au gouvernement de les avoir fermés «sans donner de preuve que les gyms étaient problématiques».

Il n’a pas été possible de joindre les propriétaires des gyms d’Acton Vale, Marieville et Rougemont, lundi.

Charest ne commente pas

Ministre déléguée aux Sports et aux Loisirs, Isabelle Charest a refusé de commenter l’initiative des gyms en zone rouge, a indiqué une attachée de presse, Alice Bergeron.

Quant à savoir si ces commerces encourent effectivement des amendes, Mme Bergeron a souligné que «les lois sont ce qu’elles sont» et que «c’est la Sécurité publique qui se prononcera là-dessus».