Le directeur de l’urbanisme Gabriel Auger explique que la municipalité a décidé de passer par un Projet particulier de construction de modification ou d’occupation d’un immeuble pour encadrer le complexe SÔ Lodges.

Une première consultation concernant le projet SÔ Lodges

La municipalité de Shefford a commencé à consulter ses citoyens concernant le projet hôtelier de luxe SÔ Lodges, qui pourrait voir le jour à l’intersection du chemin Jolley et de la route 241. Une quarantaine de personnes étaient présentes à la première consultation publique, mardi soir, afin d’obtenir des éclaircissements sur le projet des promoteurs Neil Poulin et Martine Phénix et exprimer quelques doutes au passage.

Puisque les détails du projet d’hébergement locatif évalué à 3 millions de dollars ne cadrent pas avec le plan d’urbanisme actuel, la municipalité a décidé de passer par un Projet particulier de construction de modification ou d’occupation d’un immeuble (PPCMOI) afin de l’encadrer.

« C’est un outil dont on peut se servir lorsque le projet ne répond pas à plusieurs règles d’urbanisme. Ça permet d’aller davantage dans les détails, c’est plus flexible et la municipalité peut tout de même mettre ses conditions », a précisé Gabriel Auger, directeur de l’urbanisme à Shefford, qui animait la consultation publique.

« Le comité d’urbanisme travaille sur le projet depuis mars. À l’interne, les étapes sont terminées et maintenant nous débutons les consultations publiques, a ajouté M. Auger. Ceux qui sont directement touchés par le projet sont venus s’exprimer et c’était le but de l’exercice. »

La municipalité du Canton de Shefford a lié deux conditions au PPCMOI. Les promoteurs devaient s’engager à intégrer au moins cinquante arbres matures à l’aménagement du site et à utiliser des poêles émettant moins de 2,5 grammes de particules fines à l’heure.

Inquiétudes

Près d’une dizaine de citoyens, dont plusieurs voisins immédiats, sont venus exprimer leurs inquiétudes au micro. Comme Joanne Dorion, plusieurs s’inquiètent que le projet devienne une source de dérangement dans le secteur immédiat.

« C’est un problème que nous avons déjà avec les gens qui louent leur maison sur Airbnb. On perd aussi notre sentiment d’être dans une communauté proche. Moi, quand je marche, je reconnais mes voisins et on se salue. Lorsqu’il y a plusieurs visiteurs de l’extérieur, ça change la donne », a-t-elle témoigné.

D’autres s’inquiètent au sujet du bruit qui pourrait provenir du site ou de leur proximité avec les chalets, qui pourrait affecter leur quiétude dans ce secteur rural.

« On est à l’écoute des gens, il y a beaucoup d’éléments de notre plan qui peuvent être modifiés. Nous voulons que notre site soit paisible et zen », a néanmoins affirmé le promoteur Neil Poulin.

« Pour les cinquante arbres demandés par la municipalité, c’est vraiment un minimum. Nous voulons avoir une lisière d’arbres assez importante afin que les gens ne voient pas la route 241 à partir des chalets ni du stationnement », a ajouté sa conjointe, Martine Phénix.

Le projet SÔ Lodges prévoit la construction de quinze chalets haut de gamme pouvant accueillir un total de 46 personnes. Les promoteurs visent une clientèle sportive à la recherche d’un court séjour haut de gamme à proximité de la piste cyclable l’Estriade et du mont Brome.

Questionnements

Le projet avait déjà soulevé certains questionnements auprès des occupants du secteur.

Annick Desjardins, qui possède une résidence secondaire un peu plus haut dans le mont Shefford, a été surprise d’apprendre que le site choisi par les promoteurs permettait déjà la location à court terme, alors que la municipalité avait modifié ses règlementations en 2017 pour l’interdire sur le reste du territoire.

Seul le secteur situé à l’intersection du chemin Jolley et de la route 241, ainsi que les résidents ayant débuté la location occasionnelle de leur propriété avant l’adoption, ont été exemptés du changement de règlementation.

« C’est une décision que je trouve abusive et qui n’est pas en arrimage avec le reste de la règlementation provinciale, a plaidé Mme Desjardins, jointe mardi après-midi. Ils sont privilégiés et c’est tant mieux pour eux, mais ce n’est pas équitable et ça soulève des questions. »

Le directeur de l’urbanisme Gabriel Auger explique toutefois que la municipalité a modifié sa règlementation avant même que les terrains du secteur M-4 soient achetés par M. Poulin et Mme Phenix.

« La location sur Airbnb était déjà un problème et l’ancien conseil a décidé d’aller de l’avant en changeant la règlementation. Les promoteurs ont aussi approché l’ancien conseil, mais les élus n’ont pas voulu statuer sur le projet parce que les élections municipales étaient trop proches. »

« Nous nous sommes intéressés aux terrains justement parce que la location à court terme était permise », a mentionné Neil Poulin.

Les promoteurs de SÔ Lodges possèdent maintenant l’ensemble des terrains inclus dans la zone M-4.

« Nous n’avons pas de seconde phase de développement prévue pour l’instant. C’est pour éviter qu’une autre entreprise se démarque en face et démarre un projet comme le nôtre que nous avons tout acheté », a expliqué Martine Phénix.

Les citoyens s’opposant au projet pourront déposer une demande de référendum entre le 9 et le 16 mai. Selon l’échéancier prévu, le projet devrait être soumis à la MRC le 5 juin et analysé dans les 120 jours suivants le dépôt.

Les promoteurs espèrent commencer la location des chalets à l’hiver 2020.