Les membres de la Société de modélisme historique de Québec ont remis au pilote Jean Cauchy (au centre) un modèle réduit du bombardier Halifax B qu’il a piloté.
Les membres de la Société de modélisme historique de Québec ont remis au pilote Jean Cauchy (au centre) un modèle réduit du bombardier Halifax B qu’il a piloté.

Une porte d’entrée vers l’Histoire

Voitures anciennes, trains, aéronefs, vaisseaux spatiaux, bateaux, personnages de films ou imaginaires: l’univers du modélisme est aussi varié que fragmenté. Mais s’il est une chose qui rassemble ces amoureux du miniature, c’est bien le fait que leurs modèles réduits incarnent à leurs yeux le reflet de toutes sortes d’époques.

« Le modélisme est une façon comme une autre de s’intéresser à l’Histoire, au même titre que les livres, les films, les documentaires, les biographies et même le jeu vidéo, indique Jean-Vincent Roy, porte-parole et membre de la Société de modélisme historique de Québec. Ce qui est intéressant, c’est d’entrer dans le détail, d’avoir une curiosité pour l’objet qu’on modélise. Pourquoi tel objet est fait comme ça ou est peint ainsi, pourquoi le design de l’objet a évolué dans le temps. La composante documentaire et la recherche historique sont presque aussi importantes que le modélisme lui-même. »

« Dans le cadre de notre association, la composante historique est fondamentale, ajoute M. Roy. On fait beaucoup de modélisme militaire de toutes les périodes historiques, que ce soient des guerres ou les programmes spatiaux, par exemple. En modélisme, on a des gens qui s’intéressent aux stratégies militaires du XXe siècle tout comme des figurinistes chevronnés qui se spécialisent dans le Moyen Âge ou même à un seul siècle. Pour ma part, quand je veux peindre un modèle réduit, je lis des études sur le régiment. Puis, en me renseignant sur le sujet, je découvre d’autres thématiques qui deviennent super intéressantes et là on va plus large, on découvre d’autres sujets... C’est une roue qui tourne ! »

À leur manière, les modélistes et figurinistes sont également des collectionneurs. Plusieurs font d’ailleurs partie de quelques associations où ces passions s’entremêlent.

« Il y a des collectionneurs qui accumulent des objets parce qu’ils aiment un type d’objet bien précis, mais il y en a d’autres qui sont portés par l’histoire de cet objet et par son évolution dans le temps », souligne François Laperrière, président du groupe Les Grands collectionneurs du Québec.

« On a des gens qui ont des collections importantes et d’autres qui possèdent beaucoup moins de pièces, mais celles-ci sont d’une précision infernale », renchérit Jean-Vincent Roy.

Au-delà de l’intérêt personnel pour ces pièces de collection existe le désir d’être porteur du passé pour ceux qui n’auront pas vécu ces événements historiques.

Devoir de mémoire

Au-delà de l’intérêt personnel pour ces pièces de collection existe le désir d’être porteur du passé pour ceux qui n’auront pas vécu ces événements historiques.

« L’intérêt pour les collections militaires, ça vient par vagues, estime Jean Dessureault, vice-président des Grands collectionneurs du Québec et lui-même collectionneur de pièces militaires japonaises. Souvent, les commémorations et les anniversaires font monter l’intérêt et la valeur des pièces. »

« Avec la mort naturelle des vétérans de la Seconde Guerre mondiale, et les années qui passent, les gens essaient de réhabiliter la mémoire de ces événements-là. Il faut s’en souvenir, poursuit-il. Entre collectionneurs, on discute de ces sujets qui nous passionnent et on essaie de faire vivre ce souvenir. »

Dans certains cas, le passe-temps de modéliste ou de collectionneur peut finir par mener à une profession ou, du moins, à donner une vocation éducative aux modèles réduits.

« Le modélisme est en quelque sorte une manière de préserver la mémoire historique des objets, de garder une trace de quoi les choses avaient l’air à une certaine époque, convient M. Roy. On trouve beaucoup de modèles réduits dans les musées pour cette raison. Si on a la chance de voir un navire ancien utilisé par un célèbre capitaine, c’est un peu grâce aux modélistes qui se sont penchés là-dessus. »