Une pétition a été déposée à la séance du conseil de Sutton, récemment, afin de demander l’élaboration et l’adoption d’une politique de Ville nourricière.
Une pétition a été déposée à la séance du conseil de Sutton, récemment, afin de demander l’élaboration et l’adoption d’une politique de Ville nourricière.

Une politique de Ville nourricière réclamée à Sutton

Cynthia Laflamme
Cynthia Laflamme
Initiative de journalisme local - La Voix de l'Est
Quelque 35 personnes ont signé une pétition déposée à la Ville de Sutton récemment, afin de demander l’élaboration d’une politique de Ville nourricière.

Les signataires interpellent le maire, les conseillers et le comité consultatif d’urbanisme et de développement durable pour qu’ils prennent exemple sur les villes qui ont adopté une telle politique, comme St-Bruno et Victoriaville.

«L’agriculture est un des éléments au cœur du concept des villes en transition afin de faire face aux changements climatiques, lit-on dans la pétition dont La Voix de l’Est a obtenu copie. En ce sens, nous avons la chance d’avoir dans notre région des producteurs de toutes sortes capables de contribuer à l’atteinte de notre autonomie alimentaire. Conjointement avec le volet touristique, l’agrotourisme devient de plus un atout incontournable pour Sutton.»

Le groupe demande qu’un comité soit créé pour développer la politique et pour voir à son application.

Suggestions

La pétition donne quelques exemples de mesures qui pourraient développer une conscience et une fierté de la population à l’égard de l’alimentation locale, comme de remplacer les plantes ornementales par des plantes comestibles dans l’aménagement de Sutton ou encore ouvrir des parcelles publiques dans les parcs et sur les terrains municipaux pour l’agriculture urbaine.

Les signataires suggèrent aussi d’adopter une règlementation pour permettre l’élevage de poules et de lapins à la maison et d’inviter les citoyens à participer à des travaux ponctuels chez des maraîchers locaux.

Il est aussi important, selon eux, de soutenir les producteurs locaux et le développement agroalimentaire. « Il s’agit là de choix écologiques et économiques durables. Ce virage n’est pas qu’humanitaire. On parle ici d’un plan d’affaire touristique de premier ordre et d’une grande plus-value pour attirer de la main-d’œuvre en région. Une ville jardin et nourricière, c’est le nec plus ultra du développement urbain », concluent les signataires.

Cinq axes

« Une ville nourricière est une ville qui agit sur les cinq axes du système alimentaire : la production, la transformation, la distribution, la consommation et la gestion des matières résiduelles afin d’assurer la durabilité de ce système essentiel à toute collectivité », peut-on lire dans la politique adoptée à Saint-Bruno en 2017.

Heureux hasard, une recommandation en ce sens devait être présentée par le comité consultatif d’urbanisme dernièrement, mais la proposition sera plutôt présentée le mois prochain puisque des conseillers voulaient prendre le temps de l’étudier, n’ayant eu le document que peu de temps avant la rencontre.

Selon la conseillère Patricia Lefèvre, qui représente la Ville au CCU, la recommandation n’engageait pas la Ville. « C’était vraiment très proche de la pétition. C’est une citoyenne qui a amené ça au CCU. Elle a aussi signé la pétition. On en a débattu et la recommandation qu’on a faite était très proche de ce que demande la pétition, indique-t-elle, sans pouvoir se commettre en en dévoilant trop. Le choix des moyens n’était peut-être pas pareil, mais les buts étaient les mêmes. »