L’une des enfants de Frances Bergeron Boivin, Lynne Boivin s’est dite «très touchée» par ce nouvel «éloge» à sa mère, décédée il y a cinq ans à l’âge de 95 ans.

Une placette pour honorer la mémoire de Frances Bergeron Boivin

Chose promise, chose due. La Ville de Granby a inauguré vendredi une nouvelle plaque commémorative à la mémoire de Frances Bergeron Boivin pour pallier la démolition de la structure qui avait été érigée rue des Érables en 1964 en l’honneur de l’ex-maire Horace Boivin et de son épouse, Frances.

C’est non loin de la rue des Érables, au coeur du parc Avery et accompagnée d’Arbor, une oeuvre de l’artiste granbyen Jean Côté, que la plaque a été apposée.

Et, à la suggestion de l’Association féminine d’éducation et d’action sociale (AFEAS) de Granby, la nouvelle placette a été inaugurée le 18 octobre. Cette date se voulait symbolique, car le 18 octobre 1929, le plus haut tribunal du Canada a rendu une décision à l’effet que les femmes seraient incluses dans la définition du mot «personne» au sens de la loi.

Le monument démoli de la rue des Érables était le seul où figurait le nom de l’épouse d’Horace Boivin, a souligné la trésorière de l’AFEAS, Louise Brodeur Comeau.

Petite-fille du premier maire de Granby, Patrick Hackett, mère de 11 enfants et alliée indéfectible de son époux durant les 25 années où il a occupé la mairie, France Bergeron Boivin s’est révélée une «femme d’influence», a-t-il été souligné. Elle a été présidente honoraire de collectes de fonds à plusieurs reprises, en plus d’avoir été nommée maman de l’année en 1958, personnalité de l’année en 1963 et personnalité féminine de l’année en 1988.

Représentant les familles Bergeron et Boivin, dont quelques-uns des membres étaient présents vendredi, l’une des enfants de l’ex-«première dame» de la Ville, Lynne Boivin, s’est dite «très touchée» par ce nouvel «éloge» à sa mère, décédée il y a cinq ans à l’âge de 95 ans.

L’artiste granbyen Jean Côté et son œuvre Arbor

Montrer le chemin

Lynne Boivin a souligné les «profondes racines granbyennes» de sa mère, qui a grandi rue Denison, non loin de la passerelle Miner. «Femme sensible», «ouverte sur le monde», «mère aimante» et «très forte dans l’adversité», Frances Bergeron Boivin s’est engagée auprès d’organismes locaux, en plus de se révéler très accueillante, alors qu’elle et son mari recevaient régulièrement des industriels, des membres du conseil municipal ou des gens du milieu culturel, autant à leur maison de la rue Elgin qu’à leur chalet de Magog.

Sa propre mère ayant été amie avec Frances Bergeron Boivin, France Arbour s’est réjouie qu’elle «ait enfin sa place». «Très peu de femmes ont leur nom sur des édifices à Granby», a souligné Mme Arbour, dont le nom a néanmoins été associé au centre culturel de Granby.

Le maire de Granby, Pascal Bonin, a pour sa part fait valoir que les conjoints jouent un rôle très important dans l’engagement politique des élus. «Je suis persuadé que si M. Boivin était ici aujourd’hui, il dirait qu’il n’aurait jamais eu la carrière qu’il a eue s’il n’avait pas eu une épouse aussi aimante et attachée à son métier et à sa ville», a-t-il déclaré.

Selon lui, l’occasion était belle pour souligner l’apport des conjoints des politiciens. «Mme Boivin a montré le chemin», estime-t-il. «M. et Mme Boivin restent très présents dans la municipalité, malgré les années qui passent», ajoute-t-il.

L’artiste Jean Côté a relevé que sa sculpture, qui évoque notamment un arbre, cadre bien avec l’environnement du parc. «Je crois que cette oeuvre va veiller sur Frances Bergeron Boivin», a-t-il glissé avant de se réjouir d’avoir une première oeuvre à Granby.

En fait, ce ne sera pas la dernière, car la Ville a aussi résolu en juin dernier d’acquérir une deuxième oeuvre de M. Côté qui aura sa place au centre communautaire Saint-Benoit.

ATTACHÉE À LA VOIX DE L'EST

«Toujours à l’affût d’informations pertinentes», Frances Bergeron Boivin était une lectrice assidue de La Voix de l’Est, «dès la fondation du journal et ce, jusqu’à deux jours avant sa mort», a témoigné l’une de ses filles, Lynne Boivin, vendredi, lors de l’inauguration d’une plaque commémorative au parc Avery. «En fait, si elle n’avait pas son journal à deux pieds de sa porte, elle menait son enquête jusqu’à résolution de l’enquête», a lancé avec humour Lynne Boivin. Selon elle, si sa mère avait appris la situation difficile des médias d’information, dont celle de Groupe Capitales Médias, propriétaire de six journaux régionaux, dont La Voix de l’Est, qui s’est placé à l’abri de ses créanciers en août, en vertu de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité, «elle soutiendrait avec enthousiasme les efforts de la communauté pour préserver l’avenir de son quotidien préféré, La Voix de L’Est.»