Comme s’ils étaient complices depuis toujours, Colombe Ménard et Alexandre Robichaud mijotent déjà d’ambitieux projets ensemble.

Une pharmacie Familiprix dans les locaux du Bistro Colombine à Ange-Gardien

Après une très longue attente et des espoirs déchus, le projet de pharmacie à Ange-Gardien se concrétise à nouveau. L’établissement s’installera dans les locaux du Bistro Colombine, qui fermera ses portes en décembre prochain.

Au début de 2018, La Voix de l’Est rapportait en primeur qu’une pharmacie de la bannière Familiprix verrait le jour sur un terrain vacant de la route 235. Dans les mois qui ont suivi, la présence d’une pelle mécanique se faisait toujours attendre. Puis, l’apparition d’une pancarte « À vendre » avait fait craindre la mort du projet.

Malgré tout, Alexandre Robichaud, qui exploite déjà une pharmacie sous la bannière Familiprix à Farnham, maintenait son intention d’implanter une pharmacie en terres gardangeoises. L’affiche annonçant l’arrivée du commerce depuis des lunes a récemment migré de quelques mètres, passant du terrain vacant à la devanture du restaurant. Las d’attendre, des citoyens s’étaient toutefois montrés septiques face à cette seconde annonce.

Des ballons colorés à l’effigie de la bannière Familiprix, accrochés à l’extérieur du restaurant, ont toutefois officialisé la nouvelle lors d’une soirée organisée jeudi pour marquer le coup, à la table de Colombe Ménard.

Très sereine avec sa décision, celle-ci servira ses derniers mets le 13 décembre prochain, après quoi elle éteindra ses fourneaux pour se dévouer uniquement à sa passion du chocolat. « Je ne ferme pas parce que ça ne fonctionne pas ou parce que je n’aime plus ça. Mais comme on m’a déjà dit, la sagesse, c’est savoir se retirer quand on marque encore des points ! », lance la réputée chocolatière, qui avait aménagé ses pénates dans l’édifice de la route 235 il y a neuf ans.

Pour sa part, M. Robichaud avait déjà lorgné les locaux du bistro alors qu’il envisageait de venir s’établir à Ange-Gardien, mais n’avait rien tenté pour obtenir l’objet de sa convoitise. « Le restaurant semblait bien aller, alors je n’avais pas osé », confie-t-il.

C’est finalement la gastronome qui a approché le pharmacien au printemps dernier. « C’est bien situé, à la fois près du village et de l’autoroute, la luminosité et la grandeur correspondent à ce qu’on cherchait... J’ai vraiment eu un coup de cœur ! », poursuit M. Robichaud.

Un bail a finalement été signé entre les deux entrepreneurs. « C’est comme notre contrat de mariage !, blague Mme Ménard. On dit souvent qu’on fait un couple assorti: je suis la plus grande, il est le plus petit [d’entre les deux]. Il est l’instruit, je suis l’artiste. On est comme le ying et le yang. »

Mais ces différences sont transcendées par des points communs encore plus forts. « Lui, il est l’apothicaire de la santé; moi, je suis l’apothicaire du bonheur ! Il guérit les malades, je guéris les âmes ! », illustre la Gardangeoise.

Meilleure offre de services

Une fois ouverte, la succursale gardangeoise de Familiprix deviendra la première pharmacie directement accessible en bordure de l’autoroute 10, entre Montréal et Sherbrooke.

On y retrouvera tous les services propres à une pharmacie : laboratoire de médicaments, produits d’hygiène, ménager et de santé, cosmétiques, livraison des ordonnances ainsi qu’une infirmière sur place qui offrira aussi des soins des pieds.

« Et au besoin, notre autre pharmacie se trouve à Farnham, à huit kilomètres d’ici. On pourra obtenir des produits qui nous manquent de là-bas ou envoyer les clients sur place pour aller les chercher », explique M. Robichaud.

L’arrivée du nouveau commerce permettra d’ailleurs de créer, pour l’instant, six emplois, qui pourraient éventuellement passer à plus d’une douzaine. Les employés du Familiprix de Farnham seront appelés en renfort, alors qu’il sera possible de partager son temps entre les deux pharmacies.

Le pharmacien se dit très enthousiaste à l’idée d’aller de l’avant avec cette opportunité d’affaires. « On vient vraiment combler un manque à Ange-Gardien, constate-t-il. En espérant que notre présence attire d’autres commerces pour compléter l’offre de services au village ! »

Le maire d’Ange-Gardien, Yvan Pinsonneault, s’est réjoui de voir un rêve qu’il caresse depuis nombre d’années devenir enfin réalité.

« La patience des citoyens d’Ange-Gardien a fini par être récompensée. Je suis bien content et je me félicite que ce soit enfin officiel, après qu’une annonce ait été faite il y a deux ans », mentionne l’élu qui rappelle avoir entrepris les pourparlers avec M. Robichaud dans l’optique d’obtenir une pharmacie dans sa municipalité il y a cinq ans et demi.

La pharmacie devrait ouvrir ses portes au début mars, estime M. Robichaud, qui prendra possession des lieux le 1er février prochain. D’ici l’été, un accès universel sera aménagé dans la devanture du commerce pour accommoder la clientèle à mobilité réduite.

Comme s’ils étaient complices depuis toujours, les deux apothicaires mijotent déjà d’ambitieux — et d’appétissants— projets ensemble. Il faudra toutefois à nouveau faire preuve de patience, car les principaux intéressés ont refusé de vendre la mèche !