Le 28 janvier dernier, la propriétaire de la garderie Les Amours de Mamie, Marie-Claude Gaboriault, a déposé une demande de permis au ministère de la Famille afin de pouvoir agrandir ses installations, et ainsi ajoute une nouvelle pouponnière de cinq places et deux groupes pour les bambins de 18 mois et plus.
Le 28 janvier dernier, la propriétaire de la garderie Les Amours de Mamie, Marie-Claude Gaboriault, a déposé une demande de permis au ministère de la Famille afin de pouvoir agrandir ses installations, et ainsi ajoute une nouvelle pouponnière de cinq places et deux groupes pour les bambins de 18 mois et plus.

Une pétition pour démontrer le besoin de places en garderie

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Marie-Claude Gaboriault est en colère. Régulièrement sollicitée par des parents à la recherche d’une garderie pour leur tout-petit, la propriétaire de Les Amours de Mamie vient d’essuyer un refus pour augmenter le nombre de places non subventionnées disponibles dans son établissement sous prétexte que la demande ne le justifie pas.

Le 28 janvier dernier, Mme Gaboriault a déposé une demande de permis au ministère de la Famille afin de pouvoir agrandir ses installations, et ainsi ajouter une nouvelle pouponnière de cinq places et deux groupes pour les bambins de 18 mois et plus. Un projet qui devrait coûter environ 150 000$ à l’entreprise, un milieu de garde privé non subventionné.

Marie-Claude Gaboriault souhaite d’ailleurs qu’il en reste ainsi. «Je vis très bien comme milieu privé, dit-elle. Je ne demande pas un sou au gouvernement, je suis prête à investir de mon propre chef dans mon entreprise, avec mon propre argent. Tout ce dont j’ai besoin, c’est qu’on me dise que je peux aller de l’avant avec un projet pour lequel je n’aurais pas demandé d’autorisation si je croyais qu’il était voué à l’échec.»

Pandémie oblige, le traitement de sa demande a pris plus de temps que prévu. Du délai de réponse initial lui donnant l’heure juste à la fin avril, la femme d’affaires a dû patienter jusqu’à ce lundi pour finalement apprendre que son projet n’avait pas obtenu le feu vert de Québec.

«La réponse ne me satisfait pas, a-t-elle lâché lors d’un entretien téléphonique avec La Voix de l’Est. Un refus, je suis capable de le prendre. Mais il y a une manière de le faire et le propos qu’on tient.»

La pertinence du projet remise en question

Selon Mme Gaboriault, la lettre de refus du ministère était accompagnée d’une capture d’écran de la grille d’analyse du comité responsable d’étudier sa demande.

Elle a donc pu prendre connaissance des motifs à l’origine de la décision, à savoir que la faisabilité du projet, son montage financier et les délais prévus étaient «irréalistes».

«L’argent est à la banque! rétorque-t-elle. On peut me faire un prêt pour ce dont j’ai besoin, j’ai seulement besoin du feu vert du ministère.»

L’entrepreneure déplore aussi que personne en charge d’analyser son dossier n’ait daigné communiquer avec elle depuis le dépôt de sa demande pour demander des précisions. «Est-ce qu’ils ont refusé parce que mon dossier était mal monté?, se questionne-t-elle. Si c’était ça, qu’on me dise ce qui cloche et je vais faire mes devoirs.»

Le comité évaluateur a également mis en doute la pertinence de son projet en raison d’une demande «modérée» à Granby, ce qui enrage Mme Gaboriault. «Sur quoi se basent-ils? On a de la demande sur le territoire, je reçois des appels chaque semaine de parents qui cherchent une place!», avance la propriétaire qui, en comparant la démographie de Granby et de la Haute-Yamaska entre 2014 et 2020, arrive à une augmentation d’un peu plus de 4000 résidents.

«Ce sont 4000 familles ça, réitère-t-elle. Là, il doit bien y avoir des bébés et des enfants qui ont besoin d’une place en garderie. Et on me dit que mon projet n’est pas pertinent?»

Déficit faible

Selon des statistiques obtenues sur le site du ministère de la Famille, le taux de couverture de la demande, en ce qui a trait aux places en service de garde, représentait un «déficit faible» en Haute-Yamaska, dans Rouville et dans Brome-Missisquoi en 2019, c’est-à-dire qu’il y avait 1,1 demande pour chaque place disponible.

Pour 2022, les prédictions du ministère quant au taux de couverture restent les mêmes pour Rouville et la Haute-Yamaska, alors qu’on s’attend à ce que l’équilibre soit atteint dans Brome-Missisquoi.

Rappelons qu’en février dernier, Québec a annoncé la création de 78 places en milieu public à Granby et d’une vingtaine de places dans Brome-Missisquoi.

À cela s’ajoutent 65 places qui seront créées au CPE Le Papillon Bleu en mai 2021 et 80 autres places au CPE Le Château des Frimousses en juin de la même année. Le CPE Le Zèbre Carotté pourra pour sa part accueillir sept chérubins de plus à compter de mai 2021. En Haute-Yamaska, le CPE Rayon de Soleil devrait avoir 39 nouvelles places à combler d’ici le 11 juin 2021.

Selon Mme Gaboriault, le ministre de la Famille a un préjugé favorable envers les milieux publics, et ce, au détriment des installations privées. «Il annonce des places dans les CPE, mais jamais rien pour le privé, comme si on ne faisait pas partie de l’équation», déplore-t-elle.

Pétition

Pour prouver au gouvernement qu’elle a tort, la Granbyenne a lancé lundi une pétition dans laquelle elle demande aux parents de mentionner de combien de places en garderie ils auraient besoin pour leurs enfants.

Elle souhaite ainsi démontrer qu’un besoin de places se fait sentir à Granby et dans la région, quoi qu’en disent les statistiques du ministère de la Famille.

«Je souhaite démontrer l’ampleur du problème que vivent les familles de Granby», indique Mme Gaboriault.