En temps normal, Yves Bonneau peut peindre l’équivalent de 12 à 15 boîtes de figurines chaque mois. Sachant que chaque boîte contient de 12 à 50 pièces, et qu’il met en moyenne entre 10 et 12 heures pour toutes les peindre, on comprend que ce passe-temps occupe une grande place dans sa vie.
En temps normal, Yves Bonneau peut peindre l’équivalent de 12 à 15 boîtes de figurines chaque mois. Sachant que chaque boîte contient de 12 à 50 pièces, et qu’il met en moyenne entre 10 et 12 heures pour toutes les peindre, on comprend que ce passe-temps occupe une grande place dans sa vie.

Une petite armée des plus grandioses

Vingt-cinq millimètres: telle est la hauteur moyenne des soldats miniatures qu’Yves Bonneau peint et collectionne. Gros plan sur une passion qui l’anime depuis plus de quarante ans.

Dans sa résidence de Granby, les boîtes contenant son trésor s’accumulent par dizaines au grenier. En tout, le quinquagénaire possède quelque 29 000 figurines à l’effigie de guerriers de toutes sortes: soldats, militaires, personnages fantastiques, et parmi ses plus récentes acquisitions, la sympathique bande de Robin des Bois. Mis bout à bout, ces petits hommes se succéderaient sur une distance approximative de 725 mètres, soit le double de la longueur (362 m) du plus grand paquebot du monde, le Harmony of the Seas !

Il collectionne aussi les chars d’assaut miniatures.

« J’ai commencé à peindre des miniatures vers l’âge de dix ans. Au début, je n’étais pas très bon, mais je me suis amélioré ! » affirme celui qui répare lui-même certaines de ses poupées et de ses figurines à l’aide de retailles de tissu ou de cuir et de copeaux de plastique qu’il accumule, en plus d’avoir développé des techniques de peinture qui ajoutent au réalisme de ses petits chefs-d’œuvre.

Après quarante ans à perfectionner son art, on peut dire qu’Yves Bonneau est passé maître dans l’art du détail. Que ce soit les chevrons, les boutons ou même la frange qui ornent les parures des soldats miniatures, tout est à sa place. Même le regard de certaines figurines, un simple point de peinture apposé au bon endroit, confère à celles-ci une âme.

Après quarante ans à perfectionner son art, on peut dire qu’Yves Bonneau est passé maître dans l’art du détail.

M. Bonneau se saisit d’un cheval miniature immortalisé en position couchée qu’il nous montre de près. « Il vient de se faire tirer dessus, il agonise », raconte notre hôte qui, d’un seul coup de pinceau, a réussi à inscrire la peur dans le regard de l’animal.

« C’est toujours un petit défi que je me donne. Je regarde le personnage et je me dis: “lui, je vais réussir à lui faire ça”. Et plus la pièce est petite, plus beau est le défi ! » Ainsi, les soldats ne sont pas tous imberbes; la couleur de leurs cheveux et leur pilosité faciale varie au fil des époques et des fantaisies du Granbyen. Ils n’ont pas non plus tous le même âge; certains ont quelques rides.

Sa connaissance historique est si fine qu’il lui est arrivé de remarquer des erreurs anachroniques sur certaines figurines qu’il s’apprêtait à peindre. En outre, Yves Bonneau n’a qu’à saisir un personnage, au hasard, pour ensuite en indiquer précisément la nationalité, le grade et l’année de son service, selon les couleurs de l’uniforme en vigueur à l’époque.

Ailleurs, il est possible de lire sans problème certaines phrases ayant été imprimées sur des drapeaux, que M. Bonneau a retranscrites sur leur version miniature.

Vingt-cinq millimètres: telle est la hauteur moyenne des soldats miniatures qu’Yves Bonneau peint et collectionne.

D’abord, l’Histoire

Avant toute chose, Yves Bonneau procède à une « lecture » de la pièce qu’il s’apprête à peindre pour savoir comment il la peindra. Plusieurs indices, comme la longueur de l’habit, le type de couvre-chef ou le type d’arme que tient le soldat, révèlent d’ailleurs l’époque à laquelle il a combattu et son rang. Par exemple, explique le collectionneur, la redingote des soldats français a été raccourcie entre 1807 et 1812 en raison du prix élevé du tissu indigo dans lequel elles étaient taillées.

Pour s’assurer que ses figurines, une fois peintes, soient le plus représentatives possible de leur modèle historique, M. Bonneau n’hésite pas à fouiner dans de nombreux ouvrages et sur Internet. À ce jour, il a investi des milliers de dollars dans à peine quelques livres d’histoire où sont représentés uniformes et véhicules militaires lors de grands conflits armés.

Sa connaissance historique est si fine qu’il lui est arrivé de remarquer des erreurs anachroniques sur certaines figurines qu’il s’apprêtait à peindre. En outre, Yves Bonneau n’a qu’à saisir un personnage, au hasard, pour ensuite en indiquer précisément la nationalité, le grade et l’année de son service, selon les couleurs de l’uniforme en vigueur à l’époque.

Il en va de même avec son impressionnante reconstitution partielle de la bataille de Waterloo, qui lui a pris trois heures à préparer. La disposition des bataillons est à ce point fidèle à la réalité que le Granbyen peut identifier quel moment figé dans le temps est incarné par une partie précise de son tableau.

« En fait, c’est l’Histoire qui m’attire. Oui, je peins des figurines, mais en le faisant, j’apprends plein de choses sur l’Histoire », lâche-t-il candidement quand on s’épate de ces connaissances.

Cet intérêt a fini par le mener à la Société napoléonienne internationale, une organisation réunissant d’autres passionnés d’Histoire de par le monde dont il détient le titre de membre d’honneur. « C’est surtout parce que c’est à l’époque napoléonienne que les uniformes ont été les plus beaux et les plus prestigieux. Ces habits étaient riches en couleurs et en signification », dit-il.

Cette association lui a permis de prendre part à plusieurs reconstitutions d’envergure, en Europe, uniformes et tout. « L’une des plus grosses a été celle du bicentenaire de la bataille de Waterloo, en 2015 », relate M. Bonneau, qui en conserve des souvenirs mémorables.

Selon Yves Bonneau, l’époque napoléonienne est riche en détails et en information, ce qui rend les figurines de cette ère agréables à peindre.

Le temps qui passe

Sa passion pour le miniature, M. Bonneau la vit pour lui-même. Même si l’idée lui a déjà traversé l’esprit, il n’a jamais exposé ses figurines. « Je ne l’ai jamais fait pour trois raisons: des pièces peuvent être facilement dérobées, le transport pourrait les endommager, et monter une scène, c’est long, très long... »

En temps normal, M. Bonneau peut peindre l’équivalent de 12 à 15 boîtes de figurines chaque mois. Sachant que chaque boîte contient de 12 à 50 pièces, et qu’il met en moyenne entre 10 et 12 heures pour toutes les peindre, on comprend que ce passe-temps occupe une grande place dans sa vie.

« Certaines semaines, il m’est arrivé de peindre plus longtemps que le nombre de mes heures de travail », lance-t-il avec humour.

D’autant plus que chaque boîte est achetée et son contenu, peint trois fois: car en plus de sa propre collection, M. Bonneau s’assure de garnir celle qu’il lèguera un jour à chacun de ses fils.

Mais le temps ne rebute pas cet infirmier fraîchement retraité, qui a désormais le champ libre pour s’adonner à sa passion aussi longtemps qu’il le désire. « C’est zen, dit-il de son loisir de prédilection. Si tu as des petits soucis, tu t’installes et là, tu te concentres. Tu oublies tout... »