Le directeur général de l’aéroport Roland-Désourdy, Robert Blais

Une opportunité pour l’aéroport

Le trafic aérien ne cesse de croître à l’aéroport Montréal-Trudeau, laissant planer une saturation prochaine de sa capacité d’accueil des vols internationaux et de correspondance. L’aéroport Roland-Désourdy veut se positionner comme une solution à d’éventuels débordements.

« Toutes les statistiques montrent que le transport aérien est en constante croissance. C’est le cas à Montréal et à Toronto. Que l’on parle de cargos ou de passagers, le momentum est là pour se positionner sur l’échiquier. On sait que l’on a plusieurs atouts pour accueillir une partie du surplus de clientèle des gros aéroports », a indiqué le directeur général de l’aéroport Roland-Désourdy, Robert Blais.

À ce chapitre, notons qu’en décembre 2016, l’aéroport Montréal-Trudeau rapportait avoir accueilli son 16 millionième passager au cours d’une même année, un sommet en 75 ans.

« Avec plus de 137 destinations desservies directement, Montréal-Trudeau est le deuxième aéroport canadien en termes de destinations internationales et le trafic de correspondance continue de croître », a mentionné l’organisation par voie de communiqué. Le portrait de la situation dans cette vaste industrie à l’échelle provinciale devrait par ailleurs se préciser dans le cadre du Sommet sur le transport aérien régional au Québec, qui se tient vendredi à Lévis.

Actuellement, quelques compagnies spécialisées dans l’entretien d’aéronefs sont installées à l’aéroport Roland-Désourdy. Robert Blais souhaite bonifier cette offre de services. Pour ce faire, l’organisation dispose d’une parcelle d’environ 1,2 million de pieds carrés adjacente à la piste d’atterrissage, côté est, acquise récemment de la multinationale IBM.

« On veut que les transporteurs aient une offre complète en arrivant chez nous. C’est primordial pour devenir une référence. On veut donc exploiter les terrains pour accueillir des entreprises complémentaires en aéronautique. L’objectif d’attirer un transporteur régulier est toujours là, mais on dépend du gouvernement fédéral, notamment avec les règles de l’ACSTA [Administration canadienne de la sûreté du transport aérien] », a fait valoir M. Blais, précisant que la hausse du nombre de vols nolisés au cours de la prochaine année est aussi dans les cartons.

De nombreux projets d’expansion sont en branle à l’aéroport.

Retombées directes
Un sondage a été réalisé en 2016 auprès des entreprises établies à l’aéroport Roland-Désourdy. Celles-ci ont alors acheminé au comptable agréé granbyen Alain Tétreault des données financières ainsi que les villes où sont situés leurs fournisseurs.

Selon le document regroupant les statistiques compilées, les huit compagnies qui sont installées sur le vaste site aéroportuaire ont un chiffre d’affaires global de 3,97 M$. Les achats chez l’ensemble de leurs fournisseurs s’élèvent à 1,07 M$ par an. Cette somme est répartie comme suit dans la région : 43,2 % à Bromont, 12,5 % à Granby, 6,5 % à Cowansville et 37,8 % pour les autres localités.

Ces entreprises emploient 45 personnes en haute saison, tandis que 34 individus y travaillent en dehors de la période de pointe. Quatorze de ces employés habitent à Bromont, 12 à Granby, deux à Cowansville et six dans d’autres municipalités. La masse salariale (annuelle) est de 1,35 M$.

Notons que le budget de l’aéroport avoisine 900 000 $. Chacune des trois villes propriétaires de l’aéroport, soit Bromont, Granby et Cowansville, verse annuellement une quote-part de 96 000 $. Un investissement minime pour les municipalités comparativement aux retombées, estime M. Blais. « D’un point de vue direct, a-t-il dit, c’est un deal. »

« Attrait indéniable »
Les répercussions indirectes de l’aéroport dans la région sont toutefois difficiles à mesurer, a soutenu son DG. « L’aéroport, ce n’est pas un kiosque à crème glacée. Je le vois plutôt comme une piste cyclable ou un aréna. On ne peut pas précisément évaluer [la plus-value] de telles infrastructures. Combien de citoyens viennent s’établir dans une ville pour ça ? Ce serait utopique de penser que l’on peut avoir un portrait précis. »

Toutefois, un aéroport régional demeure un « attrait indéniable » pour attirer de nouvelles entreprises, a fait valoir M. Blais, faisant le parallèle avec le méga projet dévoilé en octobre par La Voix de l’Est. En fait, Bromont a conclu un important partenariat avec une entreprise en voie de s’établir à quelques pas de l’aéroport Roland-Désourdy.

On parle de la vente d’un site de 830 650 pieds carrés (près de huit hectares). La transaction avoisine 2,5 M$. Unither Bioélectronique, filiale d’une multinationale tentaculaire pilotée par Martine Rothblatt, souhaite y construire des aéronefs à motorisation électrique pour livrer des organes destinés à la transplantation dans des hôpitaux à travers l’Amérique. Selon nos informations, le projet pourrait être lancé dès cette année, permettant de créer plusieurs emplois.

Question de mettre l’aéroport Roland-Désourdy sous les projecteurs, Robert Blais et son équipe planchent sur une soirée d’information. L’événement « grand public » aurait lieu à Granby « d’ici un mois ou deux ». « On veut dresser le portrait de l’environnement de l’aéroport, des retombées économiques, de l’état de la situation dans le monde de l’aviation et des opportunités à venir. »