Comme la Ville de Granby a décrété qu’aucun rassemblement public ne serait autorisé sur son territoire jusqu’au 31 octobre, le Groupe Actions Solutions Pauvreté (GASP) de la Haute-Yamaska a dû revoir ses plans, non sans un pincement au coeur.
Comme la Ville de Granby a décrété qu’aucun rassemblement public ne serait autorisé sur son territoire jusqu’au 31 octobre, le Groupe Actions Solutions Pauvreté (GASP) de la Haute-Yamaska a dû revoir ses plans, non sans un pincement au coeur.

Une Nuit des sans-abri virtuelle

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
«L’itinérance parfois invisible, mais bien réelle» : tel est le thème national retenu cette année pour la Nuit des sans-abri, qui devait se dérouler simultanément dans plusieurs lieux de la province le dimanche 18 octobre. Pandémie oblige, l’événement aura bel et bien lieu, mais sera lui aussi invisible, à Granby.

Comme la Ville de Granby a décrété qu’aucun rassemblement public ne serait autorisé sur son territoire jusqu’au 10 janvier 2021, le Groupe Actions Solutions Pauvreté (GASP) de la Haute-Yamaska a dû revoir ses plans, non sans un pincement au coeur.

«Ça nous attriste, l’événement est pour nous une manière de rejoindre les gens qui vivent dans la rue», déplore Kim Verreault, coordonnatrice de l’organisme.

Si ailleurs d’autres activités, comme des visites dans les écoles, ont été maintenues, il était compliqué pour le comité organisateur de Granby d’élaborer un plan. «On avait pensé faire une distribution de soupe chaude pour maintenir un contact, mais comme on ne sait pas si on va basculer en zone rouge d’ici là, on a choisi d’emprunter la route virtuelle, poursuit l’intervenante. On n'a pas eu le choix de se réinventer!»

Ainsi, à compter de lundi prochain, jour de l’Action de grâce, et toute la semaine qui suivra, le GASP publiera au moins une fois par jour une capsule d’information, une vidéo, une lettre ou un témoignage, et ce, aussi bien sur sa page Facebook que ses comptes Twitter et Instagram, le tout pour sensibiliser la population de la Haute-Yamaska à la réalité de l’itinérance.

La sensibilisation est d’autant plus importante cette année alors que de nombreuses personnes ont subi les contrecoups économiques de la COVID-19. «Certaines personnes ont perdu leur emploi, d’autres ont peine à se loger en raison de la hausse du prix des loyers et du coût du panier d’épicerie; bref les temps sont durs», rappelle-t-on.

Un contexte qui peut mener à l’itinérance, qu’elle soit visible ou cachée. Dans ce deuxième cas d’espèce, plus difficile à observer, les personnes sans domicile fixe bourlinguent d’un lit de fortune à l’autre, chez un ami, un membre de la famille ou une ressource d’hébergement.

«L’idée, c’est de parler de l’itinérance, quelle qu’elle soit, et d’entamer un dialogue, indique Mme Verreault. Il y a encore aujourd’hui des gens qui croient qu’il n’y a pas d’itinérance à Granby...»