Le directeur du Service de police de Granby, Bruno Grondin, est satisfait de sa première année à la tête du corps policier.

Une nouvelle vision au Service de police de Granby

La première année en poste du directeur du Service de police de Granby, Bruno Grondin, est synonyme de changement. En plus des actions posées pour se rapprocher de la population, d’instaurer une nouvelle culture au sein de l’organisation et d’optimiser la présence des policiers sur le terrain, les relations de travail sont plus cordiales que jamais. Des dossiers jugés préoccupants, dont la hausse des crimes violents, ont aussi marqué les 12 premiers mois de son arrivée à la tête du corps policier.

L’un des premiers objectifs annoncés par le directeur était celui de se rapprocher de la population, ce qu’il estime avoir réussi. « J’ai beaucoup de commentaires positifs. Les gens apprécient la vision, dit-il. On veut sortir du poste de police, aller à la rencontre des gens, être près d’eux et qu’ils n’aient pas peur de nous appeler. »

Plusieurs points de presse ont d’ailleurs été organisés dans des lieux publics. Les policiers se sont aussi impliqués dans différentes causes, dont le repas-bénéfice organisé au restaurant St-Hubert, le tournoi de soccer amical et SOS Dépannage Moisson Granby.

« Les policiers portent l’uniforme, mais derrière, c’est un père, une mère, un parent. Les activités qu’on fait avec le personnel permettent aux citoyens de nous voir différemment et d’enlever les tabous associés à l’uniforme. On est un service de police municipal et on est près de notre population et on veut l’être encore plus », indique M. Grondin.

Le service a également organisé une première soirée reconnaissance pour souligner entre autres l’apport des citoyens, un événement qui sera reconduit chaque année. « On veut reconnaître les gestes posés par ceux qui aident le service de police. On parlait d’un taux de solution de 68 % l’année dernière. Ça provient du travail de notre personnel, mais aussi de la population qui s’implique », affirme M. Grondin.

En plus de se rapprocher de la population, les relations de travail, qui n’ont pas toujours été au beau fixe, sont bonnes, assure le nouveau directeur. « On vient de passer des relations de travail bien difficiles. L’objectif premier était de ramener la communication, d’écouter les gens, dit M. Grondin, qui a récemment accordé une entrevue à La Voix de l’Est. Ma fierté depuis un an est de voir des gens au travail qui sourient, des gens qui ont du plaisir au travail. »

Dans l’optique de maintenir un bon climat de travail, la direction du service de police et le syndicat s’assoiront à la table des négociations d’ici la fin de 2019, soit un an avant la fin du contrat de travail des agents.

« C’est historique dans le poste. Ce n’est jamais arrivé, souligne M. Grondin. On veut démontrer la transparence, la communication qu’on a. On veut prendre le temps d’écouter les attentes, de négocier, de prendre le temps de bien faire les choses. C’est très positif pour l’organisation. On apprend du passé. »

Crimes violents et stupéfiants

Sa première année à la tête du service de police a aussi été marquée par une diminution de 9 % de la criminalité jusqu’ici en 2019. Les crimes violents, c’est-à-dire les crimes contre la personne, ont toutefois explosé de 34 %. « Comme directeur, oui, c’est préoccupant », avoue M. Grondin.

La plupart des crimes, explique-t-il, sont « reliés de près ou de loin » à la vente de stupéfiants. Il précise également que les victimes n’ont pas été choisies au hasard. « On n’a pas de crime gratuit. Dans la plupart des cas, les arrestations ont été faites live sur le terrain », ajoute-t-il. Malgré la hausse de ce type de crime, il assure que la ville est « sécuritaire. »

La lutte aux stupéfiants était d’ailleurs une des priorités du service, mais également celle de la population qui l’a manifestée lors d’un sondage dont les résultats ont été dévoilés en juin dernier. Deux nouveaux enquêteurs travaillent presque à temps plein sur des dossiers reliés aux stupéfiants.

Granby est d’ailleurs l’une des 10 organisations policières québécoises à posséder son escouade ACCES Cannabis. Le service collabore également à l’Escouade régionale mixte de l’Estrie qui a pour mandat de lutter entre autres contre la vente de stupéfiants. Un poste a également été revu pour libérer un agent anciennement responsable de la salle des pièces à conviction afin que son travail soit consacré exclusivement à la collecte de renseignements.

Médias sociaux: prudence!

Au final, le nouveau directeur dresse un bilan positif de sa première année. Une des situations qu’il juge toutefois « difficile », ce sont les commentaires négatifs voire même des informations mensongères qui circulent sur les réseaux sociaux.

« Ça vient teinter tous les changements qu’on apporte, dit celui qui est policier depuis 26 ans. C’est difficile à accepter quand on met beaucoup d’efforts. »

Il cite en exemple les commentaires qui ont été émis lorsque les résultats du sondage ont été rendus publics. Certains sont allés jusqu’à écrire que les informations étaient fausses et que le sondage avait été trafiqué. Le directeur ajoute que certains accusent même les policiers de profilage auprès des propriétaires de moto, ce qui est faux, assure-t-il.

« Aujourd’hui, on parle de moins de 50 constats par année pour des silencieux de moto alors qu’à une époque, il s’en donnait 650 par année. On donne 15 000 constats par année alors qu’en 2011, on en donnait 23 000, explique-t-il. Une minorité de personnes va dire que les policiers sont zélés à Granby et je trouve ça difficile parce qu’on informe les citoyens de notre programme de prévention mensuel et on les avise de ce qu’on surveillera pendant le mois. »

Certains internautes émettent également des commentaires qui pourraient constituer une infraction en vertu du Code criminel, de la réglementation municipale ou le Code civil. « Il faut faire attention. La ligne est mince parfois, indique le chef de police. Les lois s’appliquent aussi sur internet. Les gens sont parfois dans l’émotion et l’oublient. Soyez prudents: vous faites des écrits qui peuvent entraîner des impacts qui sont les mêmes que lorsque c’est verbal et qu’on arrête des gens et que des accusations criminelles sont déposées. »

Projets

Plusieurs projets ont été réalisés au cours des derniers mois, mais plusieurs sont dans les cartons du service, notamment pour bonifier les services à la population. Les policiers veulent notamment être davantage outillés pour intervenir auprès de personnes dont l’état mental est perturbé. Ils ont réalisé près de 500 interventions de cette nature en 2019, soit une hausse de 6 % par rapport à l’année dernière.

« On a des besoins au niveau de l’intervention sur le terrain. Est-ce qu’on pourrait avoir une ressource civile spécialisée en psycho-social et qui pourrait aider les policiers sur le terrain? Avec le nombre d’interventions que nous avons, je pense que oui. On est rendu à une autre étape au niveau de la spécialisation sur le terrain », affirme le directeur, en précisant que les agents possèdent une formation pour intervenir auprès de ces personnes.

Le corps policier pourrait d’ailleurs bonifier le partenariat qu’il a déjà avec le CIUSSS de l’Estrie.

La prévention chez les jeunes adultes sera également accentuée. Des programmes sont déjà bien implantés dans les écoles primaires et secondaires avec la présence de préventionnistes, mais les agents veulent joindre davantage les cégépiens et les étudiants inscrits à la formation aux adultes.

« Ça va fermer une boucle au niveau de la prévention, indique-t-il. On sera plus présent, notamment dans les locaux du cégep. On veut également trouver de nouvelles façons de communiquer avec les étudiants. »

Le site web du service de police est présentement mis à jour. Une page Facebook sera créée en 2020, une plate-forme sur laquelle il sera principalement question de prévention.