David Deslandes entamera une nouvelle vie en juillet après un an de réadaptation. Il fait partie des 19 personnes blessées par la chute d'un arbre au parc Miner.

Une nouvelle vie pour David Deslandes

Quand David Deslandes reviendra s'installer à Granby, cela fera presque un an jour pour jour qu'il aura perdu l'usage de ses jambes et de ses mains après la chute d'un arbre sur le chapiteau sous lequel il dansait la salsa au parc Miner. Le Granbyen devra s'habituer à sa nouvelle vie.
Après plusieurs mois à chercher un appartement adapté à Granby, M. Deslandes a récemment reçu de ses assurances un chèque qui lui permettra d'avoir la mise de fonds pour une maison. Dimanche, son père lui a appris qu'il lui avait déniché une résidence déjà adaptée. Si la transaction se finalise, ce sera un baume pour le Granbyen dont la vie a basculé le 15 juillet 2016. 
« (L'accident) a changé beaucoup de choses, tu ne t'attends pas à ça en allant danser. Sur le coup, j'étais juste sonné, se rappelle le père de deux enfants âgés de 9 et 12 ans. J'ai peut-être perdu connaissance, mais ça a été assez rapide pour que je revienne à moi. J'ai eu conscience de tout ce qui se passait autour. J'entendais les gens qui gémissaient, j'entendais le monde qui criait. Sauf que je n'arrivais pas à me lever. Je ne me suis jamais relevé. »
Ce soir-là, il s'est fracturé la cinquième cervicale, qui s'est déplacée entre la sixième et la septième et où elle a écrasé la moelle épinière. Depuis, M. Deslandes est paralysé de la moitié du torse jusqu'au bout des orteils. Ses doigts et quelques muscles de ses bras souffrent aussi de paralysie, mais il réussit de plus en plus à pallier ce handicap grâce à sa persévérance, à son attitude positive et au travail des spécialistes.
Redevenir autonome
Deux mois après l'accident, le Granbyen a migré de l'hôpital Sacré-Coeur à l'Institut de réadaptation Gingras-Lindsay-de-Montréal, avant de terminer son séjour montréalais au Centre de réadaptation­ Lucie-Bruneau.
« Quand on m'a demandé c'était quoi la réadaptation pour moi, j'ai répondu que c'était d'être autonome et de retrouver la garde de mes enfants une semaine sur deux. Au départ, je n'étais pas certain d'être capable de le faire. Je vois que j'avance et j'espère être capable de réussir. Tout est une montagne, il faut être patient et apprendre tranquillement et il ne faut pas se décourager. Je ris tout le temps, je suis comme un enfant, indique M. Deslandes, le sourire aux lèvres. J'apprends à nager, à mettre mes souliers et quand je mange je suis toujours tout sale parce que j'ai pas le même contrôle. »
Il a aussi appris à mettre un manteau, à l'attacher, à sortir du lit et à s'installer dans son fauteuil roulant. Il a toutefois besoin d'aide pour enlever son manteau et enfiler ses pantalons. Il réapprend également à cuisiner, lui qui était chef cuisinier­ à l'hôtel le Castel. 
Lorsqu'il partira chez lui, il aura des outils pour l'aider au quotidien, tels une pince qui lui permettra de soulever des objets de 10 livres et moins et un couteau de cuisine qui s'attachera à son avant-bras. 
Prendre son mal en patience
M. Deslandes expérimente la difficulté que vivent les handicapés en fauteuil roulant lorsqu'ils recherchent un appartement. Voyant la date de la fin de sa réadaptation à temps plein arriver à vitesse grand V, il commençait à désespérer de trouver un futur chez-lui. « On est allé chercher un liste d'appartements adaptés à la Dynamique des handicapés, mais elle n'était pas à jour, déplore le tétraplégique. On n'a pas de numéro de téléphone pour rejoindre les gens et c'est vraiment difficile d'aller chercher les bonnes informations. »
Après le défi de trouver un logement vient celui d'obtenir des services à travers le système de santé.
« Je suis découragé au sujet des services qu'on va me donner à Granby. Ça a l'air difficile au début. Par exemple, pour avoir les cathéters pour uriner, il y a deux mois d'attente. Je vais être rendu chez nous et il va me falloir une sonde en attendant. »
Cela l'inquiète d'autant plus qu'il n'a toujours pas de médecin de famille, malgré son état. M. Deslandes­ craint de devoir se rendre à l'urgence en ambulance chaque fois qu'il aura un problème.
Par ailleurs, David Deslandes aura besoin de soins à domicile sept jours sur sept. Non seulement il devra recevoir la visite d'une infirmière du CLSC, mais il devra engager une infirmière auxiliaire dont le salaire sera subventionné. En étant actuellement à Montréal, il est impossible de rencontrer des candidats potentiels­ en entrevue. 
Un autre obstacle est le délai pour avoir son propre fauteuil roulant manuel - « ça va être mon sport » - et un chien Mira, dont la liste d'attente est de deux ans. 
« On apprend à être patient parce que tout prend beaucoup de temps », philosophe-t-il.
Bien entouré
Heureusement, M. Deslandes se dit entouré d'anges gardiens qui sont là pour lui, jour après jour, et qui l'aident à garder un bon moral. « Je suis chanceux. On ne se rend pas compte des bons amis qu'on a, on les prend pour acquis. Quand quelque chose comme ça arrive, c'est là qu'on voit qu'ils sont là. J'en ai plus que j'aurais pensé. »
Une amitié particulière s'est aussi forgée avec la femme avec qui il dansait lorsque l'arbre est tombé au parc Miner. Elle aussi avait été gravement blessée. 
David Deslandes a hâte de retourner à Granby, surtout pour voir ses enfants, de qui il devrait retrouver la garde partagée graduellement. Depuis dix mois, il ne les voit qu'une fois par semaine pendant quelques heures. « On s'ennuie », dit-il.