La Réserve naturelle Walbridge accueille l’hirondelle rustique et la tortue des bois, deux espèces vulnérables au Québec.

Une nouvelle réserve naturelle voit le jour dans Brome-Missisquoi

Les municipalités de Notre-Dame-de-Stanbridge et Saint-Ignace-de-Stanbridge comptent maintenant une aire protégée. La Réserve naturelle Walbridge a officiellement obtenu l’assentiment du gouvernement du Québec en étant reconnue comme patrimoine naturel.

Cette réserve de 19,6 hectares, où coule le ruisseau du même nom, est l’un des derniers îlots forestiers de ce secteur à forte densité agricole, souligne Joanne Bérubé, directrice générale de l’Organisme de bassin versant (OVM) de la baie Missisquoi.

La valeur écologique de la réserve, qui se trouve à proximité de la rivière aux Brochets, est indéniable, assure-t-elle, et ce en raison « de sa grande diversité floristique, de ses milieux humides et de ses peuplements forestiers distincts. »

Les lieux abritent des habitats pour plus de 80 espèces d’oiseaux, dont quelques-unes à statut précaire comme le martinet ramoneur, l’hirondelle rustique, la paruline du Canada et l’engoulevent d’Amérique.

On y trouve aussi plus de 90 espèces floristiques, dont 10 espèces en situation précaire. Notons également que la réserve accueille 13 espèces d’amphibiens et reptiles recensés, notamment la tortue des bois, une espèce désignée vulnérable au Québec.

La topographie de la réserve est unique, souligne Mme Bérubé. « Elle se caractérise par un relief de collines de blocs calcaires, une rareté au Québec. On peut voir le travail de sapement de l’eau à la base de plusieurs collines. Ça témoigne du retrait de la mer de Champlain », dit-elle. 

Ces particularités créent des microclimats propices à la présence d’une grande variété de plantes, ajoute-t-elle. Ce projet a été mené par l’OBV, qui a réalisé des inventaires de la faune et de la florale sur les terrains. Des cahiers de conservation ont été remis aux propriétaires concernés. 

L’idée d’une réserve est celle de la Fondation de territoire de conservation Walbridge, une famille de la région. Cette organisation œuvre depuis 1974 à la préservation du patrimoine historique et à la protection de la biodiversité. 

Le défunt Conseil régional des élus de la Montérégie a injecté 20 000 $ dans le projet en 2013. L’argent a servi aux inventaires. La Fondation de la Faune du Québec a aussi participé en couvrant les frais de notaire.