Le Granbyen d’adoption Rob Lidell constate que le climat social dans son pays d’origine est très tendu.
Le Granbyen d’adoption Rob Lidell constate que le climat social dans son pays d’origine est très tendu.

Une nation divisée

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Le fait d’avoir obtenu sa citoyenneté canadienne plus tôt cette année n’a pas soustrait le Granbyen Rob Lidell à son devoir de citoyen américain. Le jeune homme originaire du Michigan et qui demeure au Canada depuis neuf ans a en effet voté à distance dans le cadre de l’élection présidentielle, comme il l’avait fait quatre ans plus tôt.

Ne comptez toutefois pas sur lui pour vous révéler le candidat qui a obtenu ses faveurs. « Quoique c’est évident, cette fois-ci... lâche-t-il avec humour, dans un bon français. Mais dans ma famille, et généralement dans le Midwest américain, on n’a pas coutume de dire pour qui on vote. »

Les choses ont-elles vraiment changé depuis 2016, ou bien la fracture sociale qu’on observe actuellement ne s’est-elle qu’accentuée? « Le président en poste n’a pas aidé à unifier le pays; j’espérais que peu importe le candidat qui l’emportait, qu’il permettrait de nous réconcilier. C’est plutôt le contraire qui est arrivé », déplore Rob Lidell, qui constate que le climat social dans son pays d’origine est très tendu. « La population est plus que jamais divisée, ajoute-t-il. Avant, il n’y a pas si longtemps que ça, on pouvait échanger même si on avait des points de vue différents et être capables de s’entendre sur l’essentiel. Maintenant, les gens sont tellement convaincus de leurs idées qu’ils n’arrivent plus à se placer dans la perspective de quelqu’un d’autre. »

La présidence Trump a contribué à alimenter ces écarts, estime M. Lidell. « Il méprise volontairement la vérité et les lois, dit-il. En ne comprenant pas la valeur et l’importance du rôle du président, il a contribué à discréditer sa fonction. »

« Les États-Unis sont considérés comme étant la première puissance mondiale; ils le sont d’un point de vue économique et militaire, mais à mes yeux, ils ont perdu énormément d’influence au cours des dernières années, allègue l’électeur. Une influence qui a mis des siècles et deux guerres mondiales à être établie, et qu’on a finalement perdue en 4 ans. Ce sera très difficile et long à reconstruire, même si c’est M. Biden qui remporte l’élection. »

La campagne électorale qui prend fin ressemble beaucoup à la précédente, estime l’Américain. « Les sondages prédisaient une victoire éclatante de Clinton, et finalement, ce n’est pas ce qui est arrivé, rappelle-t-il. Je suis prudent quant aux résultats du 3 novembre. On ne sait jamais! »