Depuis son accident de travail où sa main droite a été broyée en 2016, David Doonan (à droite sur la photo) a fait modifier ses deux motos par Pierre Beullac afin de pouvoir continuer à s’adonner à sa passion.
Depuis son accident de travail où sa main droite a été broyée en 2016, David Doonan (à droite sur la photo) a fait modifier ses deux motos par Pierre Beullac afin de pouvoir continuer à s’adonner à sa passion.

Une moto adaptée pour l'aider à poursuivre sa passion

Florence Tanguay
Florence Tanguay
La Voix de l'Est
Après que sa main droite ait été broyée par une machine lors d’un accident de travail, David Doonan a adopté une toute nouvelle philosophie de vie. Il accorde moins de temps et d’énergie à son travail, et davantage aux choses qui lui importent véritablement, comme sa passion pour la moto. Cela a été possible grâce à un mécanicien de la région qui a été sensible à sa cause.

Son ancien emploi de formateur chez Emballage Performant à Cowansville était exigeant et stressant. M. Doonan, employé à cet endroit depuis 25 ans, ne comptait pas les heures.

Lorsque sa main droite a été broyée dans une machine servant à écraser du plastique, le 11 mai 2016, sa vie a changé. Quatre ans plus tard, il considère que c’est pour le mieux. Une série d’opérations a permis à sa main de retrouver certaines de ses capacités, bien qu’elles ne soient pas comparables à ce qu’elles étaient auparavant.

À la suite de cet événement, David Doonan a réalisé qu’il n’était plus concevable pour lui de travailler à la même cadence que dans le passé. Durant les années où il était en convalescence, il considère avoir vécu une période de «désintoxication du travail» qui lui a été très bénéfique. «Avant mon accident, ma job c’était ma vie», admet-il.

Cette épreuve l’a forcé à ralentir le rythme et à reconsidérer ses priorités. «Ça donne quoi de travailler comme un fou si tu n’as pas le temps de vivre?», relativise M. Doonan.

«Quand je suis retourné à l’usine, ils voulaient que je sois exactement comme avant, le même Wayne Gretzky», mais ce n’était plus possible, commente-t-il. «J’ai de la douleur chronique, 24 heures sur 24. Ma main est toujours glaciale à cause de la mauvaise circulation.»

Le Cowansvillois d’origine a choisi de changer d’emploi en octobre 2019, de réduire ses heures et, par le fait même, de se concentrer sur sa famille, ses amis et ses passions, dont les voyages, la motoneige et bien entendu, la moto.

Faire ce qu’il aime et plus encore

Cette nouvelle vision de la vie ne s’est toutefois pas développée du jour au lendemain. «Après mon accident, j’étais un peu découragé. Je croyais que la moto, c’était fini», reconnaît M. Doonan.

Propriétaire de l’Atelier Motosport qui porte son nom, Pierre Beullac, l’a beaucoup aidé en adaptant sa moto à sa nouvelle condition. David Doonan n’ayant plus les doigts de la main droite assez longs pour atteindre le levier de frein, le mécanicien a modifié le système pour qu’il puisse ralentir en utilisant ses pieds seulement, en suivant le même principe qu’une automobile.

«J’ai fait en sorte que les freins avant fonctionnent avec le levier au pied droit, qui normalement sert aux freins arrière», explique le mécanicien.

La modification, qui prend environ deux heures à effectuer, «est très simple, avoue M. Beullac, mais le résultat est très humain.» Il a d’ailleurs effectué l’opération inverse en modifiant la moto d’un jeune homme de la région ayant perdu l’usage de son pied droit.

Cette semaine, M. Beullac apporte des changements à une deuxième moto pour M. Doonan. Celle-ci est un modèle sport muni de valises qui permettra à son propriétaire de voyager à travers le Québec et même le Canada, un projet qu’il souhaite réaliser.

Le rythme de vie de David Doonan est moins effréné depuis quelques années. Autrefois rongé par la culpabilité de s’adonner à ses loisirs, il en profite désormais sans remords.

«Il ne faut pas attendre qu’il y ait un décès, un divorce ou un accident pour prendre le temps de vivre tous les jours», croit fermement M. Doonan.