Le 527, chemin Bélair, à Sainte-Cécile-de-Milton, est au cœur d’un recours judiciaire pour vices cachés.

Une Miltonnaise poursuivie pour 131 500$

Puits à sec, moisissures, absence d’isolation... L’acheteur d’une maison de campagne qui s’est avérée bonne pour la démolition, à Sainte-Cécile-de-Milton, poursuit la vendeuse pour 131 500 $.

Gaétan Bérard réclame l’annulation de la transaction de 115 000 $, le remboursement de dépenses encourues de 6500 $ ainsi que 10 000 $ en dommages et intérêts.

Dans sa poursuite déposée en Cour supérieure, l’homme de Granby soutient qu’on lui avait indiqué que le 527, chemin Bélair était habitable et que de récentes rénovations avaient été faites « selon les normes et règles de l’art ». Propriétaire de plusieurs logements, M. Bérard espérait tirer un revenu de location supplémentaire de la résidence d’apparence « très soignée ».

Ses premiers locataires, un couple et leur bébé, n’y ont habité qu’un mois à l’été 2015. L’eau du puits a vite manqué et de la moisissure a fait son apparition dans certaines pièces. 

Des inspections subséquentes ont révélé que l’endroit avait déjà été sinistré par un incendie, ce que l’acheteur ignorait. La contamination est telle « que la sécurité des occupants est mise en question », selon une expertise en qualité de l’air et contamination fongique.

De plus, le bâtiment « n’a plus aucune valeur et doit être démoli puisque trop affecté pour pouvoir être corrigé », soutient un expert en bâtiment cité dans la poursuite, soulignant que les travaux effectués étaient « inadéquats et insuffisants ».

Un rapport d’évaluation visuelle n’avait pas relevé d’anomalie. « C’était impossible à voir sans dégarnir », dit l’avocat de la poursuite, Me Éric Cloutier. M. Bérard, qui se déplace en fauteuil roulant, avait visité la maison au meilleur de sa connaissance et dit avoir été trompé par le « maquillage ».

Défense

Visée par la poursuite, Claire Laroche nie sa responsabilité.

La défenderesse Claire Laroche ne voit pas les choses du même œil. Dans sa défense, elle reconnaît avoir fait les rénovations elle-même en compagnie de son fils et souligne que le demandeur, qu’elle connaissait depuis plusieurs années, savait « pertinemment qu’elle n’est pas une experte en rénovation ». 

Elle nie avoir retenu des informations et être responsable des vices cachés allégués. Cette dernière est défendue par Me Yanic Messier.

Son fils Samuel Noël dit de son côté que « les vices allégués étaient apparents au moment de l’unique visite préachat effectuée par le demandeur » et qu’il était de la responsabilité de ce dernier de « procéder à une visite complète et attentive de l’immeuble ». Il ajoute que l’acheteur n’a pas visité toute la maison du fait de sa mobilité réduite.

La vente a été faite par M. Noël, mais selon la poursuite, il a agi comme prête-nom pour sa mère « pour des considérations fiscales » et c’est Mme Laroche qui avait acheté la maison et payé pour les travaux.

La Voix de l’Est n’a pu joindre Mme Laroche au sujet de ce litige ni laisser de message. Gaétan Bérard a préféré ne pas commenter. Le procès a été fixé en septembre 2018 devant la juge Line Samoisette, au palais de justice de Granby.

Claire Laroche fait aussi l’objet d’une poursuite de 50 000 $ de la municipalité de Sainte-Cécile-de-Milton pour « atteinte à la réputation et harcèlement », notamment pour des allégations de menaces de mort à l’endroit du maire Paul Sarrazin. Elle doit aussi répondre d’une accusation de vol à l’étalage, une infraction qui aurait été commise dans un commerce de Granby.