«On est toujours en attente de services», déplore Jacinthe Brodeur. Elle estime que son fils Joakim aurait accès à davantage de professionnels dans une école spécialisée, ce que conteste Val-des-Cerfs.

Une mère réclame une école spécialisée pour les élèves autistes

Les élèves autistes reçoivent-ils tout le soutien dont ils ont besoin à la commission scolaire du Val-des-Cerfs ?

Une mère de Granby en doute et réclame davantage de ressources pour les enfants qui, comme son fils de six ans, vivent avec un trouble du spectre de l’autisme (TSA).

Selon Jacinthe Brodeur, qui s’est exprimée à cet effet à la dernière assemblée des commissaires, les professionnels (orthophonistes, ergothérapeutes) sont en nombre insuffisant dans les écoles de Brome-Missisquoi et de la Haute-Yamaska pour appuyer les enseignants et aider les élèves TSA à progresser.

« On est toujours en attente de services, déplore-t-elle. Mon fils Joakim a des besoins spécifiques et ce n’est pas disponible dans les écoles. On nous dit d’aller au privé, mais je ne suis pas capable financièrement. »

Une école entièrement réservée aux élèves « à besoins particuliers », comme il en existe une à Saint-Hyacinthe, permettrait à son avis de réunir les ressources au même endroit et de favoriser les apprentissages.

Mme Brodeur reproche aussi à Val-des-Cerfs de vouloir faire des élèves TSA, de plus en plus nombreux, des « enfants typiques » en refusant de reconnaître leur spécificité.

Philosophie

Val-des-Cerfs réplique que, contrairement à la commission scolaire voisine, sa philosophie est justement de disséminer les élèves à besoins particuliers dans les classes appelées Indigo de ses différentes écoles primaires et secondaires et non de les rassembler.

Cela leur permet de s’acclimater aux élèves réguliers et même, à l’occasion, de partager leurs activités « comme dans la société », explique Lynda Bonneau, directrice des services éducatifs.

« C’est notre philosophie et on y croit fermement. L’ensemble de nos élèves ont accès aux activités de l’école. Les élèves TSA apportent aussi quelque chose aux élèves réguliers. »

Mme Bonneau ne croit pas non plus qu’une école spécialisée permettrait aux enfants d’avoir accès à davantage de professionnels. « Chaque commission scolaire a un nombre d’effectifs limité et si une majorité est placée dans une école spécialisée, il y en a moins dans les autres établissements. »

Accompagnement

Pour ce qui est du manque global de ressources, Lynda Bonneau met là aussi un bémol. « On a toujours l’impression qu’il manque de ressources », dit-elle, et ce, même si Val-des-Cerfs a augmenté de 3 M$ ses « mesures de soutien » depuis les cinq dernières années.

Au lieu d’en rajouter, la commission scolaire préfère ajuster les pratiques des enseignants à l’aide des professionnels, et non que ces derniers travaillent à des soins de réadaptation comme on voit dans les soins de santé. « On travaille beaucoup l’accompagnement et il y a toutes sortes d’approches qui apportent énormément. »

Quant au reproche de vouloir « faire des élèves ayant un TSA des enfants typiques », Mme Bonneau reconnaît que Val-des-Cerfs souhaite « former des citoyens qui se sentent utiles dans la vie, pas les maintenir comme s’ils n’étaient que des handicapés ».

« On veut donner un sens aux actions qu’on fait, pour eux et pour leur vie future. »

Elle précise qu’il n’y a pas d’ergothérapeute à l’emploi de la commission scolaire, mais que Val-des-Cerfs peut défrayer les coûts d’un tel service au privé, sous réserve et si un parent en fait la demande, comme c’est le cas pour Mme Brodeur.