Bernard Adam en a ras le bol de sa ligne téléphonique avec Bell qui, déplore-t-il, fonctionne au gré de la météo.

Une ligne au gré de la météo

On entend souvent parler de gens ayant des problèmes de réception avec leur télé par satellite ou leur cellulaire. Or, des résidants du chemin Racine à Bromont en ont ras le bol de leur ligne téléphonique avec Bell qui, déplorent-ils, fonctionne au gré de la météo depuis des mois, voire des années.

Interférence, distorsion, conversations à sens unique et tonalité inexistante. Bernard Adam dit en voir de toutes les couleurs lorsqu’il utilise son combiné. « Ça fait dix ans que j’ai des problèmes récurrents avec la ligne téléphonique à la maison. Dès que tu décroches, c’est comme une boîte à surprise. Tu n’es jamais certain si ça va fonctionner. Ça n’a pas de bon sens, clame-t-il. On est loin de l’ère moderne. »

M. Adam affirme que des voisins sont aux prises avec le même type de problème. Daniel Paquette est du nombre. « J’aime la qualité de la ligne terrestre. Mais quand tu dois regarder par la fenêtre pour savoir s’il pleut ou s’il neige pour être certain de pouvoir te servir de ton téléphone, c’est vraiment agaçant, soutient-il. Les techniciens ont beau venir réparer certains bouts de la ligne, les problèmes reviennent un jour ou l’autre. On appelle ça une compagnie de broche à foin. »

Concurrence
Selon M. Adam, l’absence de concurrence dans le secteur pèse lourd dans le fait que l’on ne remédie pas aux problèmes de ligne téléphonique dans le secteur. « Un technicien de Bell qui est venu chez moi m’a déjà dit que, comme la compagnie a le monopole pour les lignes terrestres ici, elle n’est pas pressée de mettre [le circuit] à niveau pour ne pas ouvrir la porte à des compétiteurs. [L’employé de Bell] m’a expliqué que la ligne est en mauvais état. Quand c’est sec, le signal passe mieux, mais quand c’est humide, ça flanche. Alors, on paie le gros prix pour un service qui fonctionne une fois sur trois. »

Même son de cloche du côté de M. Paquette. « Bell me pousse tellement à bout que je pense débrancher ma ligne pour garder seulement mon cellulaire », mentionne-t-il.

« Dommages collatéraux »
Outre le fait de payer pour un service téléphonique qu’il juge de piètre qualité, Bernard Adam, conférencier international dans le domaine de l’agriculture, subit de nombreux autres « dommages collatéraux ». « Je reçois des appels de partout dans le monde. Je n’ai pas les moyens d’en manquer un à cause d’un système archaïque. Malheureusement, c’est arrivé plus d’une fois. Alors, je dois payer plus cher pour avoir un gros forfait de cellulaire. »

M. Adam affirme avoir déposé plusieurs plaintes auprès du géant des télécommunications au cours des dernières années, en vain. « Je suis patient, mais un moment donné, ça devient intolérable. Alors, je fais une plainte. On me dit que tout est réparé, mais chaque fois, les problèmes réapparaissent. C’est frustrant. On est pris en otage avec Bell. On se renvoie toujours la balle d’un département à l’autre chez eux. Je ne suis plus capable de les sentir. Pour le service à la clientèle, c’est la pire entreprise avec laquelle j’ai fait affaire dans ma vie. »

« Inacceptable »
Mis au fait par Bernard Adam des problèmes récurrents avec Bell, le maire de Bromont, Louis Villeneuve, a pris le dossier en main. « Comme maire, je dois aller à la défense de mes citoyens dans une affaire comme ça. On parle d’une ligne terrestre. Tout le monde a le téléphone en 2018. Si le problème perdure vraiment depuis dix ans dans le chemin Racine, c’est inacceptable », clame-t-il.

Louis Villeneuve estime par ailleurs que le dossier pose un problème de sécurité. « Qu’arrive-t-il si un citoyen doit appeler les services d’urgence pendant que son téléphone fait des siennes ? », souligne-t-il. « J’ai confiance que Bell va régler le problème rapidement et pour de bon, ajoute-t-il. Je suivrai le dossier de près. »

Fibre optique

Selon le maire de Bromont, Charles Gosselin, responsable des partenariats et des affaires municipales chez Bell, lui aurait confirmé en fin de journée mercredi que le réseau de cuivre dans le secteur du chemin Racine n’est pas en parfaite condition et qu’il serait remplacé par de la fibre optique d’ici la fin mai. 

« Nos infrastructures souterraines dans la région de Bromont ont été endommagées à plusieurs reprises par des entrepreneurs tiers en construction ces dernières années. Bien que le réseau ait été réparé à chaque fois, nous planifions de mettre à jour les infrastructures dans ce secteur avec de la fibre optique cet été », a pour sa part indiqué par courriel Marie-Ève Francoeur, responsable des relations avec les médias au sein de la compagnie.