Pierre Largy quittera la Ville de Sutton avec une indemnité de départ de 40 000$.
Pierre Largy quittera la Ville de Sutton avec une indemnité de départ de 40 000$.

Une indemnité de départ de 40 000$ pour le DG de Sutton

Cynthia Laflamme
Cynthia Laflamme
Initiative de journalisme local - La Voix de l'Est
L’entente de départ du directeur général de Sutton, Pierre Largy, a été entérinée lundi soir en séance de conseil. M. Largy, qui compte prendre sa retraite pour l’instant, recevra une indemnité de départ d’un peu plus de 40 000 $, en plus des sommes qui lui sont dues.

Le communiqué publié vendredi par la ville laissait sous-entendre qu’il y avait un conflit entre le directeur général et les élus, comme quoi son départ permettrait de relever des défis.

Questionné à ce sujet, le maire Michel Lafrance a tenu à faire une mise au point.

« Ça pouvait être perçu que M. Largy était une barrière ou un handicap à ces projets, dit-il en entrevue. Ce n’était pas le but. Quand on a préparé le communiqué, personne n’a catché sur ça. C’est juste qu’on a identifié les préoccupations du conseil. M. Largy a toujours contribué à l’avancement de ces dossiers-là. »

M. Lafrance assure que le départ de son directeur général s'est fait en « harmonie » et qu’il s’agit d’une décision consensuelle. « On n’est pas à couteaux tirés. On continue à travailler ensemble. »

La conseillère Dominique Parent, de retour sur le conseil depuis l’élection partielle de décembre, a préféré de pas adhérer à la décision du conseil. Au bout du fil, elle explique sa position par sa récente élection, ce qui fait qu’elle n’avait pas le même bagage que ses collègues élus.

Deux projets marquants

Invité à se confier sur ses réalisations les plus importantes, Pierre Largy place l’achat de l’ancienne usine Filtex pour ensuite la démolir ainsi que la nouvelle cartographie identifiant les zones inondables parmi ses plus grandes fiertés des quatre dernières années.

Quand il est entré en poste, « la ville était en processus d’expropriation pour la Filtex et je voyais que ça s’enlignait pour des coûts importants et un litige qui pouvait durer longtemps. »

Après avoir rencontré le propriétaire de l’époque, il a entretenu une bonne relation avec celui-ci pour ensuite en venir à une entente. « De fil en aiguille, on a pu acquérir le terrain à un prix qui nous semblait fort raisonnable. On a éliminé beaucoup de risques et de coûts potentiels. »

Le maire et le directeur général estiment que la démolition s’est ensuite déroulée dans les règles de l’art. La Ville avait dû procéder rapidement en raison des risques pour la sécurité publique en plein centre-ville. Un mur extérieur s’était notamment affaissé.

« Il y a un autre dossier pour lequel je suis très fier. Sous l’ancienne administration, mon premier regard sur le territoire m’indiquait qu’on avait du potentiel de développement le long de la rivière. »

Voyant que certains terrains pouvaient se trouver en plaine inondable, il a réussi à convaincre l’ancien conseil d’investir dans une démarche qui permettrait d’identifier ces zones à potentiel d’inondation.

« Ce n’est pas courant qu’un conseil soit prêt à payer, à investir pour limiter son potentiel de développement. À l’arrivée du nouveau conseil, je leur ai présenté le dossier en espérant qu’ils acceptent de continuer le projet. Avec le concours de la MRC, il y a eu une très belle étude, un peu innovante pour le Québec. »

La cartographie, révélée plus tôt cette année, démontre non seulement les zones inondables, mais aussi les zones de mobilité, une nouvelle approche au Québec.

La cartographie sera éventuellement ajoutée au règlement d’urbanisme. En attendant, son application se fait via le règlement de contrôle intérimaire de la MRC Brome-Missisquoi.

M. Largy aurait aimé tenir une présentation publique de cette étude, mais la COVID-19 a contrecarré ses plans. Une telle présentation pourrait se tenir après la pandémie.

30 ans de carrière

Pierre Largy quittera ses fonctions le 13 novembre, lui qui était entré en poste le 3 janvier 2017.

Auparavant, M. Largy a occupé le poste de directeur général et secrétaire-trésorier de la MRC de Roussillon, sur la Rive-Sud de Montréal, pendant plus de 25 ans. Son départ avait été moins harmonieux, puisqu’il avait été remercié.

Le principal intéressé avait contesté son congédiement à la Commission des normes du travail en alléguant que les arguments de son employeur étaient injustifiés, non fondés et illégaux, avait révélé l’hebdomadaire Le Reflet. Les deux parties en sont finalement venues à une entente confidentielle.