Charles-Édouard et Pierre-Gilles Morel participent en famille au Parlement étudiant du Québec.

Une histoire de famille au Parlement étudiant du Québec

Ils sont plus de 125, sont installés dans le Parlement du Québec, mais n’ont jamais été élus. Les membres du Parlement étudiant du Québec (PEQ) ont pris la place des députés de l’Assemblée nationale jusqu’au 6 janvier prochain. Et parmi ces mordus de politique provinciale figurent deux frères de Granby.

Pierre-Gilles Morel a inspiré son jeune frère durant six ans avant que celui-ci, Charles-Édouard, participe à son tour à cette simulation des travaux de l’Assemblée nationale.

« Ça faisait six ans que je voyais mon frère évoluer là-dedans et que je l’entendais en parler, explique le jeune homme de
22 ans. Je me disais que ça allait être une belle expérience à partager avec lui et, cette année, les étoiles se sont finalement alignées. »

Le hasard a bien fait les choses puisque les deux Morel font partie du même comité sur le budget et tous deux ont défendu le document présenté par le ministre des Finances du parti des Bleus dans un discours enflammé.

« C’est une vraie décharge d’adrénaline, confie le cadet qui étudie en pharmacie. Le budget n’était pas difficile à défendre. On est une équipe qui a fait un travail extraordinaire. Notre ministre des Finances m’a interpelé pour jouer avec mes forces et, en m’énonçant un peu ce qu’il espérait de moi, j’ai été capable de livrer la marchandise. »

Pour sa septième simulation des travaux de l’Assemblée nationale du Québec, l’ingénieur civil a eu à livrer un discours juste avant son jeune frère. « Ça a été très émotif, j’ai eu le privilège de le voir faire son premier discours, ça m’a fait chaud au cœur », a noté Pierre-Gilles.

Des mois de préparation

Tous deux ont eu du temps pour se préparer, ajoute le frère aîné, âgé de 26 ans. Celui qui a été nommé ministre des Finances par le chef des Bleus en février 2017 a travaillé toute l’année à se familiariser avec le processus budgétaire.

Il a eu des rencontres avec le caucus de son parti, puis avec un comité plus restreint, pour définir les orientations et préciser les chiffres. Le ministre a poursuivi ensuite le travail seul avant de revoir les siens. Il a finalement demandé à certaines personnes de préparer un discours pour défendre son budget. C’était le cas des frères Morel, qui ont préparé leur matériel durant le temps des Fêtes et qui l’ont fignolé mardi.

Ils aiment le réalisme du PEQ avec les caucus, les comités et les affrontements entre deux partis, les Bleus et les Rouges. Au terme de deux jours de débats, le parti majoritaire retourne dans l’opposition, ce qui permet à tous les participants de goûter au pouvoir.

Chacun des groupes parlementaires doit, les mois précédant la simulation, élaborer trois projets de loi, un projet de livre et un budget. Le contenu des projets de loi est gardé secret jusqu’à quelques semaines avant la tenue du Parlement étudiant.

Également, comme dans un vrai gouvernement, il y a un critique officiel dans l’opposition pour les dossiers présentés. Outre les députés, le quatrième pouvoir est aussi représenté par des étudiants, souvent en journalisme. Le plus jeune membre de l’équipe des journalistes de l’histoire du PEQ est d’ailleurs actuellement en poste.