Le fondateur et directeur général de SOS Dépannage, Norman Dunn.
Le fondateur et directeur général de SOS Dépannage, Norman Dunn.

Une guignolée virtuelle pour SOS Dépannage

Marie-France Létourneau
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est
La pandémie a forcé SOS Dépannage à réinventer sa 30e grande Guignolée. La traditionnelle collecte de denrées est remplacée cette année, de façon exceptionnelle, par une collecte de dons monétaires.

«On avait établi quatre plans différents au cours des derniers mois. Et on en avait un cinquième, où la Guignolée était virtuelle. On ne voulait pas se rendre là. Mais on n’a pas le choix cette année», affirme le fondateur et directeur général de l’organisme, Norman Dunn.

La collecte de fonds se déroulera du 16 novembre au 23 décembre. La population pourra exprimer son soutien en effectuant un don sur le site de l’événement, sur le site web de l’organisme ou encore par la poste ou bien en personne. Un feuillet explicatif sera inséré dans les Publi-Sacs du 25 novembre prochain. Les denrées ne sont pas amassées. 

S’il n’en tient qu’à Norman Dunn, la Guignolée reviendra d’ailleurs dans sa forme traditionnelle l’année prochaine. Mais, dans les circonstances actuelles, SOS Dépannage ne veut prendre aucun risque. Un nombre trop important de bénévoles — plus de 1000 — participent habituellement à la Guignolée. Et les organisateurs ne voudraient surtout pas que l’événement soit à l’origine d’une éclosion de COVID.

«S’il y avait une éclosion entre les murs de SOS Dépannage et qu’on devait fermer la banque alimentaire, ça serait catastrophique. Fermer une banque alimentaire, pour les gens démunis, c’est la même chose que fermer une épicerie pour les gens qui sont en moyen», fait valoir le porte-parole de l’organisme, Éric Vachon.

SOS Dépannage et ses partenaires ont annoncé les détails de la Guignolée jeudi. Sur la photo: Simon Chevalier de Bow Groupe de Plomberie, Norman L Dunn, directeur général et fondateur de SOS Dépannage, Maryse Laliberté, de Bow groupe de plomberie, Miguel St-Pierre, propriétaire IGA St-Pierre, Andréanne Larouche, députée de Shefford, Martine Pelletier de Promutuel Assurance, Louise Brodeur-Comeau de Promutuel Assurance et Sylvain Larivière, président du conseil d’administration de SOS Dépannage.

Complexe 

Avec le resserrement des mesures sanitaires engendrées, notamment par le passage de la région en zone rouge, l’organisation de la 30e guignolée annuelle était devenue très complexe. Le triage des denrées posait particulièrement problème. Il avait été envisagé de louer des locaux pour entreposer les denrées amassées, le temps de permettre à une équipe réduite de trier les dons. Mais cette opération aurait pu s’étirer sur quelques mois et entraînait des coûts trop élevés, note M. Vachon.   

Ce dernier insiste toutefois sur le fait que la santé de tous a primé dans la décision prise afin de modifier la formule de l’événement. «On a mis des mesures en place à l’interne pour limiter le plus possible un risque d’éclosion. Si on faisait la guignolée, ça nous rendait tous vulnérables», estime Éric Vachon. 

Norman Dunn affirme pour sa part que la décision a été l’une des plus difficiles à prendre depuis qu’il a fondé l’organisme. «Est-ce que la population va nous suivre? Je l’espère», laisse-t-il tomber tout en se désolant que les citoyens perdent ainsi l’occasion de se rassembler — physiquement — autour d’une cause.

La tenue de la Guignolée est toujours festive et permet de sensibiliser à la problématique de la pauvreté, souligne M. Dunn.

Appel à la solidarité

Un appel à la solidarité est ainsi lancé, car, dans les circonstances actuelles, les besoins continuent d’être criants.

La guignolée traditionnelle permet habituellement de ramasser quelque 90 tonnes de denrées, qui ont une valeur de plus de 700 000 $, à Granby, mais aussi à Roxton Pond, Sainte-Cécile-de-Milton, Saint-Paul-d’Abbotsford et Saint-Alphonse de Granby. 

Les organisateurs de l’événement, présenté sous le nouveau slogan «Généreux à la tonne», sont conscients que la collecte de dons monétaires ne permettra pas d’amasser 700 000 $. Ils ne se sont d’ailleurs pas fixé d’objectif précis. Chaque don sera apprécié, dit Éric Vachon. 

Les fonds collectés serviront à financer les opérations liées au programme de récupération en supermarché et à l’achat de denrées spécifiques, en quantité suffisante et à prix de volume. Avec 1$ récolté, SOS Dépannage, qui approvisionne 52 organismes de Granby et la grande région, crée au moins 10$ de service alimentaire, est-il précisé.

Norman Dunn et Éric Vachon se réjouissent par ailleurs de l’appui, depuis le début de la pandémie, de Banques alimentaires Canada et Banques alimentaires Québec, de même que du support de la population et des entreprises de la région.

Pour effectuer un don à la Guignolée virtuelle: on visite le guignoleesos.org ou le sos-depannage.org sinon par la poste ou en personne au 327, rue Matton, Granby (Qc), J2G 7R1.