Les travailleurs du secteur préhospitalier, pour la plupart des ambulanciers, ont voté à 98 pour cent pour ce débrayage, dont la date de déclenchement reste à déterminer.

Une grève plus tard pour les ambulanciers de la CSN

Les 3600 ambulanciers syndiqués à la CSN, qui avaient prévu faire la grève à compter de la mi-décembre, s'apprêtent à durcir le ton en débrayant plutôt au début de l'an prochain, tout en assurant moins de services essentiels qu'ils comptaient­ le faire.
Ce changement de stratégie fait suite à l'audience sur les services essentiels qui avait été annulée, le 12 décembre dernier, quelques jours avant le début effectif de la grève. Les syndicats avaient alors avisé le tribunal qu'ils ne recourraient plus à la grève comme prévu­ dès les 16 et 17 décembre.
À la place, ils ont décidé de solliciter de nouveaux mandats de grève auprès de leurs membres, lors d'assemblées générales, en leur proposant de faire la grève plus tard, mais en assurant moins de services essentiels.
«On a changé de stratégie parce que les employeurs nous poussent à bout», a lancé Yan Bonhomme, président du Syndicat des para­médics de Laurentides-Lanaudière­, au cours d'une entrevue avec
La Presse canadienne, lundi.
La seconde consultation des membres, dans l'ensemble du Québec, commencera dès la semaine prochaine et continuera jusqu'à la mi-janvier, avec une mention explicite quant à des services­ essentiels désormais réduits.
«Il fallait reconsulter nos membres pour la diminution de services pour le début de 2017», a justifié M. Bonhomme. Il n'a encore «aucune idée» des services que les syndicats proposeront de maintenir; le tout devra faire l'objet de discussions à l'interne, à la CSN.
Une éventuelle grève générale illimitée pourrait donc survenir dès les premières semaines de 2017, avec des services réduits si les syndicats ont gain de cause devant le tribunal. Ce dernier devra entendre toutes les parties en cause avant de trancher.
L'espoir demeure, toutefois, puisque les négociations ne sont pas rompues entre les parties.
Plusieurs points sont en litige: les salaires, la retraite progressive, les horaires de faction (sept jours de travail en continu sur une période de 14 jours), la charge de travail et les questions de santé et sécurité.
Cette négociation des conventions collectives avec les entreprises ambulancières est compliquée du fait que le ministère de la Santé et des Services sociaux a décidé de se retirer de la négociation et de déléguer son pouvoir aux entreprises, en leur donnant les budgets en conséquence.
Or, celles-ci affirment qu'elles ne sont fixées quant à l'enveloppe budgétaire dont elles disposeront que pour les deux premières années. Il leur est donc difficile de négocier des conventions collectives sur cinq ans si elles ne connaissent pas les budgets dont elles disposeront pendant cinq ans.
Barrette interpellé 
La Corporation des services d'ambulance a déjà elle-même demandé au ministre Gaétan Barrette­ de clarifier la situation à ce chapitre, afin que les entreprises ambulancières sachent à quoi s'en tenir et puissent poursuivre la négociation de façon éclairée.
Interrogé à ce sujet, le ministre a déjà répondu qu'il appartenait désormais aux entreprises ambulancières de négocier les conventions collectives avec les syndicats d'ambulanciers.
La Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN représente 3600 ambulanciers paramédicaux, répartiteurs et employés de soutien, qui travaillent au sein d'Urgences-santé - qui dessert Montréal et Laval - et au sein d'entreprises ambulancières dans différentes régions du Québec.
La FSSS-CSN ne représente toutefois pas la totalité des ambulanciers. Près de 1000 sont syndiqués à la FTQ et il existe également des syndicats indépendants.