Andrée Brault aurait fui le Canada après avoir été déclarée coupable de fraude aux dépens de deux entreprises de Granby.

Une Granbyenne en cavale en Floride

Une ex-employée de comptabilité reconnue coupable, en juillet dernier, d'avoir soutiré 88 500 $ à deux entreprises de Granby échappe toujours à la justice.
Andrée Brault ne s'est pas présentée à l'audience devant permettre à son avocate et à celle de la Couronne­ de plaider pour sa sentence, le 23 octobre 2016. Elle ne s'est pas non plus présentée à sa date de cour suivante, quatre jours plus tard. Elle s'exposait à une peine de prison.
Devant cette absence, le juge Serge Champoux, de la Cour du Québec, a émis un mandat d'arrestation contre la Granbyenne de 61 ans. Ce mandat est toujours actif, mais l'accusée demeure introuvable. 
L'ex-employée de comptabilité aurait vidé son appartement de la rue Édouard-Rousseau le 22 octobre 2016 et aurait quitté pour la Floride, indique Me Geneviève­ Crépeau, procureure au dossier et qui oeuvre maintenant au palais de justice de Sherbrooke. 
« Quand elle va remettre les pieds au pays, les autorités vont la voir, c'est sûr », dit Me Crépeau, précisant que le mandat d'arrestation sera toujours actif puisque Mme Brault a été reconnue coupable par le tribunal. Son avocate, Me Pascale Gauthier, n'a pas donné­ suite à nos questions.
Voyage
Tout porte à croire que la sexagénaire n'a pas eu de difficulté à entrer aux États-Unis malgré sa condamnation. À ce sujet, nos questions au département de la U.S. Customs­ and Border Protection­ sont demeurées­ sans réponse. 
Le caporal François Gagnon, porte-parole à la Gendarmerie royale du Canada à Montréal, fournit quelques explications. « L'inscription au dossier criminel peut prendre un certain temps, ou il y avait une période d'appel, etc. », dit-il. 
Mais selon le caporal Gagnon, Mme Brault pourra difficilement vivre longtemps aux États-Unis puisque, selon toute vraisemblance, elle ne possède pas de permis de travail ni de visa de séjour à long terme. « Elle ne peut rester là indéfiniment. »
Une opinion partagée par le porte-parole de la police de Granby­, François Tanguay. « Je pense qu'il faut être patient, dit-il. Il n'y a pas de doute qu'elle va revenir (au pays) à un moment donné. Le mandat est toujours actif et on a de bons contacts avec les services frontaliers. »
Pour une fraude, qui n'est pas parmi les plus graves infractions du Code criminel, les limiers granbyens ne demanderont pas l'émission d'un mandat d'extradition. « Ça dépend des dossiers et non, pas dans ce cas-ci », dit M. Tanguay.
Paiement
En fuyant vers les États-Unis, Mme Brault évite - temporairement du moins - autant la prison que de rembourser l'argent volé à l'entreprise National Pneumatic, de Granby. Le distributeur de produits industriels avait pris des ententes de paiement avec son ex-employée à la suite d'un recours gagné en Cour civile.
Il n'a pas été possible de savoir si une partie de la somme volée de 81 000 $ a été restituée. L'entreprise a été vendue depuis et son nouveau propriétaire, Martin Caron, dit ne pas être impliqué dans l'entente de remboursement avec la sexagénaire.
Profitant aussi de son poste d'employée de comptabilité, Mme Brault avait frustré l'entreprise Gestion Christiane Laporte, qui fait du design d'intérieur, de 7500 $. Dans ce cas-ci, la propriétaire n'a pas poursuivi au civil et n'a jamais été remboursée.
Mme Brault avait agi en se transférant, petit à petit, des montants qui transitaient par son département. Les délits ont été commis en 2011 et 2012 chez Gestion Christiane Lapointe et de 2010 à 2014 chez National Pneumatic. L'accusée, qui n'avait pas d'antécédent judiciaire avant sa condamnation, avait été arrêtée en août 2014.