Deborah-Ann Rutledge Croteau (photographiée ici en 2011) a de nouveau été condamnée pour avoir fraudé son employeur.

Une fraudeuse récidiviste de retour en prison

C’est en pleurant que Deborah-Ann Rutledge Croteau a de nouveau pris le chemin des cellules, mercredi, au palais de justice de Granby.

La femme de 53 ans a pourtant de l’expérience en la matière. Elle avait été condamnée à 15 mois de prison, en 2011, pour avoir volé 123 000 $ à son employeur de l’époque, AirMax, alors qu’elle travaillait au service de l’administration.

Malgré cet antécédent de fraude, elle a réussi à se faire engager dans un emploi similaire chez Location Déragon de Cowansville en 2015. Et encore une fois, l’appât du gain s’est fait sentir.

Au lieu de falsifier des chèques, Mme Rutledge Croteau s’est cette fois-ci contentée d’« emprunter » les numéros de cartes de crédit liées aux véhicules que son employeur louait à des entreprises ou des particuliers.

Elle a soutiré 27 000 $ grâce à ce stratagème ; une saisie de biens a toutefois permis de récupérer 12 000 $. L’accusée, qui est aujourd’hui massothérapeute, utilisait les cartes de crédit pour acheter de l’équipement pour une boutique qu’elle possédait.

« Toxicomanie »

La mère de quatre enfants dit aujourd’hui que son attrait pour les cartes de crédit s’apparente à une « toxicomanie » et qu’elle a cheminé à ce niveau, a indiqué le juge de la Cour du Québec Érick Vanchestein en rendant sa sentence.

« Elle se dit consciente qu’elle a un problème et a honte d’avoir commis ces crimes chez son employeur. Elle dit avoir davantage compris ce qui se passait en elle. »

Le magistrat a aussi reconnu que Mme Rutledge Croteau avait fourni une excellente collaboration avec les policiers lors de son arrestation et fait des aveux complets. Il s’agit cependant d’une récidive, a-t-il mentionné, et les faits reprochés se sont déroulés sur plusieurs mois.

La Couronne demandait de 18 à 24 mois de prison pour l’accusé et la défense, de son côté, suggérait 90 jours de prison à purger de façon discontinue ainsi que 240 heures de travaux communautaires. Le juge Vanchestein a opté pour une peine de six mois de prison assortie d’une probation de trois ans et de 150 heures de travaux communautaires.

Il n’a pas exigé de remboursement compte tenu que « cela alourdirait la situation financière de l’accusée ». Le tribunal a toutefois émis une ordonnance qui restreint l’accès que Deborah-Ann Rutledge Croteau aura, à sa sortie de prison, à des documents bancaires.