Me Élise Côté-Lebrun représente le Directeur des poursuites criminelles et pénales dans la cause de Marie-Josée Poirier, accusée de fraude et de production de faux documents.

Une fraudeuse de Cowansville risque la prison

Une fraude contre son employeur pourrait l’envoyer en prison. La Cowansvilloise Marie-Josée Poirier­, qui a reconnu avoir fraudé son employeur, Vision Expert de Bromont, a répondu aux questions des avocats, lundi, lors des observations sur la peine.

Les faits reprochés ont été commis entre le 17 juillet 2014 et le 2 mars 2016. Mme Poirier a été accusée en 2017 d’avoir commis une fraude de plus de 5000 $ et d’avoir produit de faux documents.

La femme de 49 ans a raconté avoir dérobé un total de 11 557 $ puisque sa famille éprouvait des difficultés financières. Son conjoint avait perdu son emploi en raison de la fermeture de l’entreprise. Avec un loyer trop cher à payer, ils n’arrivaient plus à payer les factures. 

À 53 reprises, elle a gardé de l’argent de certaines transactions et modifié factures et rapports de fin de journée pour qu’il n’en paraisse rien. 

Si l’avocate de la fraudeuse, Mireille Leblanc, assure que ses actes étaient plus ou moins organisés, malgré un certain stratagème, la procureure de la Couronne, Élise Côté-Lebrun n’est pas du même avis. « C’est une fraude planifiée, camouflée. C’est un système de modifications de factures informatique et papier, dans le système client, qui était complexe, a souligné Me Côté-Lebrun dans son plaidoyer. Madame devait retourner dans le système informatique pour effacer les traces de la fraude. »

Toujours dans la lunette

Mme Poirier a fait des aveux aux policiers et a plaidé coupable en 2018. Depuis son arrestation, elle a changé d’emploi, mais travaille à nouveau chez un opticien, soit à l’Entrepôt de la lunette, à Granby, toujours comme conseillère aux ventes.

Elle ne s’est pas confiée d’emblée à la responsable de la succursale à propos de ses gestes passés.

Sa gestionnaire l’a rencontrée après avoir reçu un courriel dénonçant les actes dont était accusée Marie-Josée Poirier.

C’est alors que cette dernière lui a parlé des procédures judiciaires en cours.

Elle s’est d’ailleurs assurée de ne pas avoir à manipuler de l’argent, mis à part quelques transactions en argent comptant, a-t-elle raconté à la juge Danielle Côté pour apporter des nuances au rapport présentenciel réalisé en février.

Ce rapport fait savoir que des risques de récidive existent.

Antécédents

La poursuite lui a posé des questions sur ses antécédents judiciaires de fraude et de supposition de personne envers son ancienne colocataire et de vol envers un ancien employeur. 

L’accusée est demeurée évasive sur l’histoire de vol, ne se souvenant pas avoir été déclarée coupable. Elle se rappelle seulement que le plaignant ne s’était pas présenté. 

« Quand je lui ai parlé par rapport à son antécédent de fraude envers sa colocataire, le problème n’était pas d’avoir usurpé l’identité de cette colocataire-là [...], le problème était d’avoir eu une coloc. [...] De par son témoignage, on peut en conclure que c’est une dame qui a tendance à se déresponsabiliser », a considéré Me Côté-Lebrun. 

Parmi les facteurs atténuants apportés par Me Leblanc, il y a les cancers dont a souffert Mme Poirier après les faits. 

Mme Poirier attribue la maladie au stress vécu par les gestes frauduleux qu’elle portait. 

Six mois en discontinu ou non

Me Leblanc propose une peine d’emprisonnement de six mois qu’elle purgerait durant ses week-ends, ce qui « va lui permettre de garder son emploi, de poursuivre ses traitements pour ses différentes problématiques de santé, de continuer dans la voie de la réhabilitation et de pouvoir débuter rapidement le remboursement ».

Mme Poirier a affirmé vouloir rembourser Vision Expert, ce qui serait fait sur une période de six ans, si la juge retient cette option.

Quant à Me Côté-Lebrun, elle demande une peine de six mois d’emprisonnement ferme assortie d’une probation de deux ans et d’un suivi probatoire.

La juge de la Cour criminelle et pénale de Granby fera connaître sa décision le 9 septembre.