En après-midi, près de deux heures seront consacrées à la mode avec le designer Jean Airoldi comme conférencier.

Une formation controversée à Bromont

« Paraître dix livres en moins », « être audacieux dans ses choix vestimentaires », « secréter la biochimie du bonheur » et « refuser d'être la proie de circonstances affaiblissantes » ; voilà ce qu'apprendra le personnel administratif de plusieurs commissions scolaires québécoises lors d'une journée de formation continue prévue le 7 avril prochain au Château Bromont, mais auquel aucun employé des commissions scolaires du Val-des-Cerfs et des Hautes-Rivièves n'assistera.
Le contenu de la formation est détaillé sur le site de l'Agence de formation scolaire québécoise inc. (AFSQ), qui organise l'événement. Celui-ci se déroulera un vendredi, jour de classe, faut-il préciser.
Ainsi, deux heures en avant-midi seront consacrées à une formation sur l'intelligence émotionnelle et la psychologie de la performance en milieu scolaire, tenue par Isabelle Fontaine. La conférencière, qui promet un « éventail d'outils concrets permettant des accès plus directs au courage, à la performance et au leadership », entretiendra les participants sur des thèmes variés, dont les suivants : « utiliser notre corps comme pharmacie pour sécréter la biochimie du bonheur », « s'immuniser contre les draineurs d'énergie et les inspirer en retour » et « recharger notre batterie intérieure ».
En après-midi, près de deux heures seront consacrées à la mode, puisque le conférencier invité n'est nul autre que le designer Jean Airoldi. « L'importance de la contribution des vêtements dans l'estime de soi », « comment avantager sa silhouette », « comment passer du bureau au 5 à 7 », « comment paraître 10 livres en moins » et comment « suivre la mode sans se ruiner » feront partie de cette seconde formation offerte aux participants.
Les inscriptions à la journée de formation sont ouvertes jusqu'au 31 mars sur le site de l'AFSQ. Le coût pour assister aux conférences, dîner et pauses-café inclus, est de 235 $. S'il faut ajouter l'hébergement au forfait, la facture peut croître de 385 $ à 1085 $ selon le nombre d'occupants par chambre.
Cibler la formation
Personne à la commission scolaire du Val-des-Cerfs ne s'est inscrit à cette formation, a indiqué son président Paul Sarrazin. S'il ne va pas jusqu'à dire qu'il s'agit d'un boycott de l'événement, l'élu affirme toutefois qu'un mot d'ordre a été donné à la commission scolaire pour mieux cibler les activités de formation.
« On n'est pas contre former nos employés, bien au contraire, c'est utile et nécessaire, mais on cible la formation qu'on offre à notre personnel. Elle doit être en lien direct avec ce qu'on offre comme services et doit s'inscrire dans le cadre éducatif qu'on a à jouer », explique M. Sarrazin.
Dans un climat de compressions budgétaires, de telles dépenses seraient mal perçues par la population, renchérit-il. « Comme élus, on a sabré dans nos dépenses, et on a demandé la même chose de nos directions. Il y a eu un temps où il y a eu des excès, mais dans un contexte où chaque sou est compté et chaque dépense analysée, de libérer du personnel pour ça, ça serait difficile à justifier. »
À la commission scolaire des Hautes-Rivières, le directeur des communications Mario Champagne­ confirme également que personne n'a manifesté d'intérêt pour la journée d'activité.
Remise en question
Sept membres du personnel de soutien de la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe se sont pour leur part inscrits à cette journée de formation. La responsable des communications, Sagette Gagnon, a également confirmé que les frais d'inscription de 235 $ par personne devaient être assumés par l'institution en puisant la somme dans son budget alloué au perfectionnement.
La demande d'information formulée par La Voix de l'Est a cependant poussé la commission scolaire à se renseigner davantage sur le contenu de la formation. « Il faut savoir que ces personnes se sont inscrites via l'Agence de formation scolaire québécoise, qui est reconnue, indique Mme Gagnon. Maintenant que l'on a vu quelle était la formation en question, on reconnaît qu'on peut s'interroger sur sa pertinence. »
En toute fin de journée, jeudi, Mme Gagnon a laissé savoir qu'à la lumière de ces nouveaux renseignements, la commission scolaire avait choisi d'annuler la participation de ses employés à l'activité.
« Sujets pertinents »
Dans la présentation de la journée d'activités sur son site Internet, la directrice de l'AFQS, Diane Forest, indique que l'agence a pour but d'organiser des ateliers de perfectionnement et autres activités de formation continue en « valoris (ant) le rôle du personnel administratif en milieu scolaire », en « apport (ant) un support adapté aux besoins du milieu » et en « favoris (ant) l'apprentissage et l'échange sur des sujets pertinents ». 
Mme Forest n'a pas retourné l'appel logé jeudi matin par La Voix de l'Est pour obtenir davantage de précisions.