Des murs de sacs de sable ont été installés en bordure de l'océan Atlantique, tout près du condo de Mme L'Espérance.

Une ex-Granbyenne défie l'ouragan Irma

Michelle L'Espérance sera une spectatrice des plus attentives lors du passage du dangereux ouragan Irma, qui est attendu jeudi matin dans le nord de la République dominicaine. Loin de s'inquiéter outre mesure, la Granbyenne d'origine a choisi de demeurer dans son condo de Cabarete, lequel donne directement sur l'océan Atlantique.
«On avait un autre emplacement où on pouvait rester, plus loin de la côte. Mais on a décidé de venir aux premières loges de notre plein gré, pour voir la nature en pleine action. Après, on se sentira encore plus vivants ! On ne dramatise pas du tout pour l'instant», a indiqué la femme de 42 ans, en entrevue avec La Voix de l'Est mercredi après-midi.
«Les derniers modèles (météorologiques) semblent dire que l'oeil de l'ouragan ne nous touchera pas. Il semble qu'il passera au nord. Si c'est le cas, on aura quand même des grands vents, beaucoup de pluie et des (fortes) vagues. Les risques d'inondation sont grands. Les premiers étages sont aussi à risque. Mais si l'oeil ne nous touche pas, ça nous donne une belle grosse chance», a ajouté celle qui défiera Irma en compagnie de son conjoint Jean-Sébastien, de leurs deux chiens et de deux amis. 
Pourtant, un complexe de type «tout inclus» et un hôtel situés tout près de son condo ont été évacués au cours des derniers jours. Des murs de sacs de sable ont également été installés en bordure de l'océan.
«On ne peut quand même pas évacuer tout le monde. Je ne sais pas combien de centaines de milliers nous sommes sur la côte nord... (...) On est dans un des endroits les plus sécuritaires de toutes les Caraïbes pour les ouragans, alors on n'est quand même pas trop inquiets.»
Installée au troisième étage de son immeuble, Mme L'Espérance anticipe que les ravages d'Irma seront beaucoup moins importants dans son secteur que du côté des îles Saint-Martin et Saint-Barthélémy, où l'ouragan a entraîné au moins six décès. 
«On parle quand même de vagues de 7 à 12 mètres (dans le nord de la République dominicaine). Les prévisions disent 7, les gens nerveux disent 12. Mais je n'ai pas vu ça nulle part», a-t-elle plaidé. 
Nombreuses précautions
Mercredi en fin d'après-midi, on rapportait un mercure de 33°C et des vents de 15 km/h à Cabarete. 
Le quatuor a tout de même pris de nombreuses précautions. Ils ont notamment installé des panneaux de contreplaqué dans les fenêtres donnant sur la mer, en plus de préparer une trousse de premiers soins ainsi que des réserves d'eau, de nourriture...et de chasse-moustique ! Ils s'assureront également de couper l'alimentation en électricité durant la nuit pour éviter des courts-circuits. 
Et si la situation devait se détériorer, la Granbyenne d'origine estime que les résidents demeurés sur la côte se serreront les coudes. «On est prêts à s'entraider s'il le faut», a-t-elle assuré. 
Michelle L'Espérance a quitté le Québec en 2003, passant ensuite par diverses destinations. Elle a d'ailleurs vécu le passage de l'ouragan Emily à Playa del Carmen, une station balnéaire située dans la péninsule du Yucatan, au Mexique.
La quadragénaire s'est établie en République dominicaine il y a six ans. Elle dit se plaire à Cabarete, un village particulièrement prisé des amateurs de kitesurf. Et si Mme L'Espérance a récemment entrepris de vendre son condo, ce n'est certainement pas en raison du climat parfois instable des Caraïbes.
«Je me prends un ouragan par dix ans contre dix ans de tempêtes de neige n'importe quand !», a-t-elle blagué.