L’urbaniste Yani Authier, l’inspecteur-chef Benoit Desautels, le directeur Bruno Grondin et l’inspecteur-chef Denis Gagnon ont fait le point sur plusieurs aspects entourant la légalisation du cannabis.

Une escouade cannabis à Granby

Granby est l’une des 10 villes au Québec à avoir été choisie par le ministère de la Sécurité publique pour avoir son escouade ACCES Cannabis, dont le mandat est la lutte à la production et la vente de cannabis, surtout auprès des jeunes d’âge mineur.

Ce n’est pas parce que la consommation de marijuana est permise depuis le 17 octobre que tout est légal, ont rappelé les membres de la direction du Service de police de Granby. Ceux-ci ont rencontré les médias lundi pour faire le point sur la réglementation qui entoure la légalisation du cannabis.

Granby compte depuis la semaine dernière une nouvelle escouade au sein du service : ACCES Cannabis. Une équipe composée de deux enquêteurs à l’emploi de la police de Granby a le mandat de contrer la possession chez les jeunes d’âge mineur, la vente illégale et la culture du cannabis à domicile.

« La priorité de cette escouade-là sera d’intervenir auprès de nos jeunes », précise Denis Gagnon, l’inspecteur-chef aux enquêtes criminelles au Service de police de Granby. Les membres de l’équipe travailleront en collaboration avec le policier jeunesse et les préventionnistes qui œuvrent déjà dans les écoles. « La jeunesse, on y croit beaucoup », renchérit Bruno Grondin, directeur du Service de police de Granby.

La nouvelle escouade sera en place jusqu’au 31 mars 2019. Une évaluation sera réalisée pour juger de la pertinence de l’implanter de façon permanente ou pas.

Granby a modifié sa réglementation municipale pour interdire la consommation de cannabis dans tous les lieux publics, ce qui inclut les parcs, les trottoirs, la voie publique et les stationnements, entre autres. Une amende de 75 $ sera remise lors d’une première infraction. Elle grimpera à 150 $ à la seconde infraction, explique Yani Authier, urbaniste à la Ville de Granby.

Même si le mandat premier de l’escouade n’est pas de s’assurer que la réglementation municipale est respectée, ils ne « fermeront pas les yeux. Ils vont intervenir », prévient Benoit Desautels, inspecteur-chef à la surveillance du territoire et des relations communautaires. « Si on reçoit un appel pour une personne intoxiquée ou qui trouble la tranquillité publique, les policiers vont la rencontrer et vont appliquer le règlement en émettant un constat, comme on le fait pour l’alcool. C’est la même vision qu’on a au niveau du cannabis », explique M. Grondin.

Les policiers ont arrêté un individu d’âge mineur en possession d’une quinzaine de grammes de cannabis, ce week-end. Au Québec, la possession de cannabis est prohibée chez les personnes âgées de moins de 18 ans, tandis que la réglementation fédérale autorise la possession maximale de cinq grammes. Des accusations en vertu la législation fédérale pourraient donc être déposées contre l’adolescent.

Tolérance zéro au volant

Les policiers seront non seulement intransigeants pour la consommation de cannabis chez les jeunes, mais ils le seront tout autant pour la conduite avec les capacités affaiblies par le cannabis. « C’était interdit avant et c’est toujours interdit aujourd’hui », rappelle l’inspecteur-chef Desautels.

Tous les policiers de Granby sont d’ailleurs formés depuis 2014 pour faire subir les épreuves de coordination de mouvement à tout conducteur soupçonné d’avoir les capacités affaiblies. Le résultat peut mener à l’arrestation du conducteur, qui devra subir d’autres tests, cette fois-ci menés par un agent évaluateur. Deux sont déjà formés à Granby.

Sept conducteurs ont été arrêtés pour avoir pris le volant avec les capacités affaiblies par la drogue en 2016, deux en 2017 et deux à ce jour en 2018, selon les statistiques présentées par le corps policier granbyen.

Le personnel policier, les enquêteurs et les membres de la direction recevront également, d’ici le 31 mars prochain, une formation offerte en ligne par l’École nationale de police pour connaître les lois et règlements entourant la légalisation du cannabis.

Information

Le service de police invite les consommateurs à bien se renseigner sur les lois et règlements en vigueur. « Ce n’est pas parce que c’est légal qu’on peut tout faire et que tout est légal. C’est la responsabilité des gens de s’informer. Si tu fais le choix de consommer, tu dois t’informer sur ce que tu as le droit de faire. Où j’ai le droit d’en acheter, où en consommer, à quel endroit », mentionne l’inspecteur-chef Destautels.

La collaboration des citoyens est également sollicitée pour dénoncer toute culture et vente illégales dont ils sont témoins. « On peut penser à des serres ou des gens qui vont se servir de logement pour faire la culture illégale. Il y a des enjeux de sécurité publique », précise le directeur Grondin.

Quant à la consommation de cannabis chez les policiers, le service avait déjà un code de discipline qui applique la tolérance zéro pour la consommation d’alcool et de drogues au travail. Il est aussi interdit de se présenter au travail intoxiqué par ces substances. « Comme direction, on recommande à nos gens de ne pas consommer de cannabis, même si la loi le permet, fait savoir le directeur Grondin. On connaît le côté néfaste d’en consommer. »

Les personnes qui veulent en savoir davantage sur le cadre légal peuvent consulter le www.encadrementcannabis.gouv.qc.ca.

CE QUE DIT LA LOI

Au provincial :

- Possession interdite chez les mineurs

- Chez les adultes, possession de 30 grammes permise dans les lieux publics, et de 150 grammes à son domicile

- Il est interdit de posséder des plants de cannabis et d’en faire la culture

- Tolérance zéro pour le cannabis au volant

À Granby :

- Il est interdit de consommer du cannabis dans tous les lieux publics Karine Blanchard