Les plantes qui composent l’ensemble ont coûté à elles seules environ 60 000$, soit près du quart du projet dont la facture s’est élevée à plus de 250 000$, lui valant une place dans la catégorie «aménagement de prestige».
Les plantes qui composent l’ensemble ont coûté à elles seules environ 60 000$, soit près du quart du projet dont la facture s’est élevée à plus de 250 000$, lui valant une place dans la catégorie «aménagement de prestige».

Une entreprise bromoise en aménagement paysager primée

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
« Go big or go home », veut l’adage. C’est l’exploit qu’a réalisé Philippe Laflamme, propriétaire de l’entreprise bromoise Les Paysages Knowlton, en remportant, à sa toute première participation, le prix du meilleur aménagement de prestige, mais aussi le grand prix Milan Havlin.

Le prix Milan Havlin est l’équivalent de la « Coupe Stanley des paysagistes », précise Judith Leblond, directrice générale de l’Association des paysagistes professionnels du Québec, l’organisme qui organise depuis maintenant 41 ans le gala récompensant les meilleurs aménagements paysagers dans la province.

« Je ne m’attendais pas vraiment à gagner ! » lance candidement M. Laflamme en entrevue.

En affaires depuis bientôt neuf ans, l’entrepreneur paysagiste, qui emploie neuf personnes durant la saison estivale, a attendu le bon moment pour poser sa candidature afin de mettre toutes les chances de son côté.

« Le projet a été fait en 2015, mais ça a pris quelques années avant que je décide de le présenter, raconte-t-il. Surtout dans notre domaine, il faut y aller au rythme des végétaux. »

Contraintes et défis

Plus de quatre ans donc, à attendre que les plants atteignent la maturité suffisante pour donner l’allure souhaitée au projet, l’aménagement du terrain d’une propriété entièrement rénovée en bordure du lac Brome, une conception de l’architecte paysager André Turcot.

Philippe Laflamme s’est vu décerner le premier prix devant quelque 260 membres de l’industrie du paysagement et de l’horticulture ornementale.

« C’était assez complexe, justement parce que c’était sur le bord du lac. Il y avait donc beaucoup de gestion d’eau à faire, un aspect critique, et de réglementation à respecter », explique le paysagiste.

Celui-ci croit d’ailleurs que les nombreux défis réglementaires et environnementaux auxquels il a fait face au cours de la réalisation du projet, qui a nécessité trois mois complets de travail pour cinq employés, font partie des facteurs lui ayant été favorables.

« La réglementation imposait une bande riveraine de 15 mètres qui ne nous laissait pas beaucoup de place à l’arrière pour aménager, indique M. Laflamme. On a fait un petit sentier en dalles. On a aussi eu le défi de revitaliser la berge, mais on a dû créer un bassin de sédimentation, dans lequel on a mis des végétaux aquatiques, pour recueillir l’eau des pompes et du drain de la maison. On a été capables de bien l’intégrer à l’aménagement. »

Les végétaux à l’avant-plan

Le fait que les végétaux occupent une place aussi prédominante dans le décor et qu’on ait choisi des essences plus rustiques qu’ornementales a également séduit le jury.

« Un travail de maître réalisé avec brio. Tout est à sa place. La végétation luxuriante, les travaux de pierres, le respect de la bande riveraine : tout est parfait. Un bel exemple d’intégration de l’inerte et du végétal », ont d’ailleurs fait savoir les juges, ajoutant que « le raffinement de la réalisation et le professionnalisme ressenti dans tout le projet » les ont séduits.

Les plantes qui composent l’ensemble ont coûté à elles seules environ 60 000 $, soit près du quart du projet dont la facture s’est élevée à plus de 250 000 $, lui valant une place dans la catégorie « Aménagement de prestige ».

La somptueuse cour est par ailleurs dotée d’une piscine en fibre de verre, hors terre. Un élément particulier et rarement vu aux dires de M. Laflamme, qui a créé son aménagement autour, non pas sans avoir pris le temps de solidifier les structures.

« C’est un architecte de Bromont, ami du client, qui m’a recommandé pour réaliser le projet, se souvient M. Laflamme. Il croyait que j’étais le meilleur pour concrétiser sa vision. »

Le projet des Paysages Knowlton s’est démarqué parmi 85 candidatures reçues. Les hommages ont pour leur part été rendus le 13 février dernier lors du gala tenu à l’hôtel Château Bromont. Accompagné de sa conjointe, M. Laflamme s’est vu décerner le premier prix devant quelque 260 membres de l’industrie du paysagement et de l’horticulture ornementale.

Cette première victoire sera loin d’être la dernière, s’il n’en tient qu’à l’entrepreneur. « J’ai plusieurs autres projets encore en attente », laisse-t-il savoir.